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Les Etats Unis sont un pays jeune qui affronte un départ à la retraite massif de la génération du baby bomm
Kathleen Casey-Kirschling, officiellement considérée comme le premier enfant du "baby-boom" aux Etats-Unis, fera valoir ses droits à la retraite en janvier, marquant le début d'un mouvement aux vastes répercussions économiques, mais aussi politiques et sociales. Née le 1er janvier 1946, cette jeune grand-mère du New Jersey (est) devrait être suivie par une lame de fond de 80 millions d'Américains nés entre 1946 et 1964, une génération qui a provoqué une révolution sociale dans les années 60 et changé de nombreuses facettes de la société.
Selon différentes estimations, le coût de ce mouvement démographique en matière de sécurité sociale et d'assurance-maladie devrait atteindre une somme comprise entre 40.000 et 76.000 milliards de dollars au cours des 75 prochaines années."L'Amérique est face à un rouleau compresseur démographique", estime Brent Green, consultant en marketing et auteur d'un blog baptisé "Boomers". "Un tiers de la population aura plus de 50 ans d'ici 2010", souligne-t-il.
Or, ces baby-boomers ont largement transformé la société américaine, souligne Leonard Steinhorn, professeur à l'American University, rappelant qu'ils ont mené ou soutenu la plupart des "grands mouvements citoyens qui ont fait avancer les valeurs américaines et la liberté": le mouvement pour les droits civils, le féminisme, les droits de l'Homme, l'environnement, la défense des consommateurs..."Ce n'est pas une génération qui va se retirer sur les terrains de golf et qui ne va plus rien faire", explique-t-il. Selon lui, les baby-boomers vont petit à petit orienter la politique vers une approche plus progressiste de la société, au fur et à mesure qu'ils remplaceront la génération précédente, plutôt conservatrice et dont le poids reste pour l'instant considérable.
En matière de consommation, les responsables marketing gardent à l'esprit "le mythe selon lequel les gens plus âgés restent collés à leurs marques habituelles et ne sont pas des consommateurs très intéressants. Mais ce sont les consommateurs d'âge mûr qui ont tout l'argent", souligne David Baxter, du cabinet de consultants Age Wave, basé en Californie (ouest) et spécialisé dans les plus de 50 ans.
Les Américains de cette tranche d'âge disposent collectivement de mille milliards de dollars de revenu disponible et contrôlent 67% de la richesse du pays, selon le site Eons, un réseau social spécialisé dans les seniors. Les baby-boomers sont friands de technologie et d'internet: selon une enquête de l'institut Pew (Pew Internet Life Project), les deux-tiers des 50-58 ans disposaient d'un accès à internet en 2004, une proportion similaire à celle des 28-39 ans.
En outre, environ la moitié des Américains ont des projets d'achats immobiliers pour leur retraite, et selon une enquête de Merrill Lynch, 71% des personnes interrogées souhaitent continuer à travailler sous une forme ou sous une autre."Si nous étions hippies dans les années 60 et 70, yuppies dans les années 80 et 90, que sommes-nous maintenant?", écrit Carol Orsborn, une responsable de relations publiques qui tient un blog de "boomers". Et de répondre: "à un âge où l'on s'attend à ce que nous nous effacions, nous n'opérons pas une retraite mais un retour afin de prendre de nouvelles responsabilités dans la vie".
C'est ce qui fait dire à David Baxter que les Etats-Unis sont mieux armés que l'Europe ou le Japon pour faire face aux conséquences économiques de la vague de départs à la retraite qui les attend, d'autant qu'à leur législation du travail plus souple, et notamment l'interdiction de la mise à la retraite d'office, s'ajoute "une politique d'immigration plus libérale".
RL
mis à jour le 02/01/2008
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