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La consommation d'antibiotiques a été réduite de près d'un quart en cinq ans

Une annonce de l'assurance maladie

 La consommation d'antibiotiques a baissé de 23,4%  ces cinq dernières années, mais la France reste quand même le 2e consommateur  européen, ce qui fait courir le risque d'une résistance accrue des bactéries à  ces traitements, selon une étude de l'assurance maladie (Cnam) publiée jeudi 10 janvier.

 La Cnam a présenté un bilan de son programme "antibiotiques" lancé en 2002  autour du slogan "les antibiotiques, c'est pas automatique". Cette campagne a  entraîné des "changements de comportement" des assurés et des médecins, qui ont  permis une baisse de 23,4% de la consommation d'antibiotiques.

Au total, la diminution équivaut à près de 27 millions de traitements, "soit  environ 850 millions d'euros de dépenses évitées depuis le début du programme",  relève l'assurance maladie dans son étude.  Les enfants entre 0 à 5 ans, traditionnellement gros consommateurs  d'antibiotiques, "sont les premiers à bénéficier de cette baisse: dans cette  tranche d'âge, le recul est supérieur à 34%, soit 6,4 millions de traitements  évités depuis cinq ans", poursuit-elle.  

La moyenne nationale des prescriptions pour l'hiver 2006-2007 s'est ainsi  élevée à 5,1 prescriptions pour 10 habitants, contre 6,7 pour 10 avant le  lancement du programme.  En dépit d'une baisse de 29,2% depuis 2002, le Nord-Pas-de-Calais reste la  région qui consomme le plus, avec plus de 6 prescriptions pour 10 habitants.  La situation reste toutefois "préoccupante" à l'échelle nationale, souligne  Hubert Allemand, médecin-conseil national de la Cnam, qui rappelle que la France  reste le deuxième consommateur européen par habitant derrière la Grèce.  

Il déplore que "les laboratoires pharmaceutiques se concentrent sur des  molécules plus rentables" plutôt que de trouver d'éventuels substituts aux  "antibios".  Or, "plus la consommation d'antibiotiques est élevée, plus la résistance  bactérienne y est conséquente", met en garde Vincent Jarlier, président de  l'Observatoire national de l'épidémiologie de la résistance bactérienne aux  antibiotiques (Onerba).

La France avait ainsi en 2006 "un des taux de résistance (36%) du  pneumocoque (angines, etc) à la pénicilline les plus élevés d'Europe",  note-t-il. "Les bactéries sont des espèces vivantes, qui s'adaptent sans cesse",  explique M. Jarlier.  Celui-déplore en outre que "les médecins prescrivent encore trop souvent ces  traitements pour des pathologies virales, ou des maladies courantes de l'hiver,  alors que les antibiotiques sont efficaces contre les seules bactéries".  

L'assurance maladie va donc poursuivre sa campagne d'information des  patients, des médecins et des professionnels de la petite enfance pour expliquer  "quand les antibiotiques sont utiles".  Outre les habituels spots télévisés qui martèleront le message : "Quand  c'est viral, pas d'antibiotiques", la Cnam va diffuser au cours du premier  trimestre 50.000 DVD sur "le bon usage des antibiotiques" auprès des centres de  protection maternelle et infantile (PMI), ainsi que des assistantes maternelles,  qui gardent environ un tiers des enfants de 0 à 3 ans.  

La Cnam va par ailleurs mener une "concertation sur les objectifs 2008-2010  avec l'ensemble des acteurs concernés", en particulier les médecins, qui doivent  "se mobiliser plus fortement encore", a annoncé le directeur de la Cnam Frédéric  van Roekeghem.  


MF
mis à jour le 14/01/2008

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