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Edito : évaluation multidimensionnelle toujours confidentielle

Face aux limites d'Aggir


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Annie de VivieFace aux limites de grilles d'évaluation des situations de fragilité comme Aggir, la loi de 2002 avait déjà demandé la création d'un outil d'évaluation multidimensionnel.

Depuis, les rapports se succèdent, tout comme les évaluations aux domiciles des personnes fragilisées pour tenter d'objectiver le besoin d'aides et de soins.

La CNSA a travaillé sur une déclinaison de GEVA issue du secteur handicap. En 2011, les personnes âgées en Gir 2 de Dordogne avaient été évaluées avec l'outil multidimensionnel québécois le SMAF : l'étude avait montré des écarts de besoins de 1 à 7 pour cet échantillon. On peut avoir des sueurs froides sur les écarts d'objectivation des besoins pour les personnes évaluées en Gir 3 et 4 !

Quant au référentiel RAI, utilisé dans de nombreux pays dans le monde, il reste boudé chez nous, trop lourd semble-t-il.

Cette semaine, on voit que l'association Cordia et Pro Bono se sont mobilisés pour créer un nouvel outil muldimensionnel.
Il est pourtant nécessaire d'avoir un outil d'analyse des composantes des besoins, de les pondérer selon les désirs et les envies de la personne directement concernée, de ses proches. Il sert aussi de support d'échanges et de coordination. Et ce avant toute élaboration d'un plan d'aides et de soins, qui sera réajusté régulièrement.

Mais quand on tient les cordons de la bourse des plans d'aides, il peut être logique de s'assurer d'une adéquation avec les besoins ! Si celui qui évalue le besoin est aussi celui qui finance l'aide : avoir une grille souple, agile, adaptable peut s'entendre.

Et face à la pénurie des deniers publics, notamment départementaux, pour l'aide aux personnes âgées, on peut comprendre qu'un nouvel outil d'évaluation multidimensionnelle qui objectiverait les besoins d'aides et de soins, puisse déranger.

Mais ce n'est qu'une supposition.

Aux Assises des EHPAD ce 29 mars à Paris, la ministre Pascale Boistard a vivement fustigé ces départements qui visent le gouvernement face aux tensions budgétaires jusqu'à vouloir facturer l'intervention des pompiers. Elle a aussi salué les professionnels et le label Humanitude.


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