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Edito : la manutention, c'est l'art de l'éviter

Face aux TMS, RPS


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Annie de VivieDes personnes âgées de plus en plus handicapées, malades, poly-pathologiques, rétractées.
Des tensions budgétaires qui contraignent les équipes (temps d'interventions).
Des injonctions administratives, sécuritaires, hygiéniques des autorités de tutelle et surtout, "pas de vague" rappellent les élus.
Des familles culpabilisées qui exigent, notamment parce qu'elles payent... cher.

Le tableau est loin d'être positif dans les établissements et services médico-sociaux. Ces difficultés se mesurent dans la montée des risques psycho-sociaux (RPS), des troubles musculosquelettiques (TMS), des arrêts de travail, de l'absentéisme.
Les Ehpad, les SAAD ont dépassé le secteur du BTP (bâtiment et travaux publics) concernant ces sinistralités coûteuses pour la santé des salariés, mais aussi pour la société dans son ensemble.

La CNAMTS a décidé de poser la diminution des TMS dans ses priorités avec des aides financières ciblées.
La nécessité de se former aux techniques de manutention devient une évidence (programmes PRAP : prévention des risques liés à l’activité physique, programme "Prévention domicile").

Je suis ravie pour ma part de constater que la prise de conscience des directions avance. L'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT, déclinée en ARACT dans les régions) le dit clairement "Prévenir les RPS : le management du travail avant tout". Les CARSAT en région déploient la stratégie d'aides et de prévention de la CNAMTS.

Je peux aussi constater que des approches telles que l'Humanitude fonctionnent, en regardant les courbes des TMS baisser dans les établissements engagés (vers le label Humanitude notamment).

Ces approches demandent du temps, un questionnement éthique, pluridisciplinaire, avec la personne, avec ses proches, une démarche soutenue par la direction : Suis-je au bon niveau de prendre soin pour cette personne ? Ne pourrait-elle pas être verticalisée même quelques secondes ? Comment entrer en relation avec elle pour que le soin se passe bien ?

"La manutention c'est l'art de l'éviter", explique Yves Gineste, co-auteur de l'Humanitude. Analyser l'environnement, le sécuriser, savoir que l'on ne forcera pas plus qu'un enfant de 10 ans, quitte à aller chercher l'aide de collègues...

Il est évident que cela demande des moyens, humains, mais aussi philosophiques, organisationnels, des techniques adaptées, personnalisées.

Pour le prendre soin et donc pour la qualité de vie des personnes aidées, et la qualité de vie au travail des professionnels qui prennent soin d'elles.

Un enjeu de santé publique.


mis à jour le



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Vos réactions

RGJ

12/05/2016 10:05

TMS et méthodes


Bonjour,
Je ne pense pas que Annie de Vivie discrédite les autres méthodes que l'Humanitude, même à mots couverts.
Elle est plus courageuse que cela et le ferait clairement, si elle le pensait, ce qui n'est pas le cas, pour avoir parlé avec elle à plusieurs reprises. Mais le débat n'est pas là.
A partir du moment où une méthode est plébiscitée par le personnel, pourquoi chercher midi à quatorze heures?
Soyons concrets et pragmatiques et évitons les procès d'intention qui ne font pas avancer les choses...
Nous avons commencé les formations Humanitude en 2004, Carpe Diem en 2010 et depuis plus de 10 ans, nous ne faisons plus de formations manutention, elles font partie intégrante de l'Humanitude et de Carpe Diem qui sont des moyens pour obtenir le consentement de 80 % des résidents qui refusent les soins.
Nous avons très peu d'accidents du travail (1 ou 2 par an pour 100 soignants).
Ces méthodes ont carrément révolutionné les pratiques et maintenant, les écoles de soignants et les lycées nous invitent à présenter l'Humanitude, ce qui est très positif.
Bonne journée à tous
Christian



Annie de Vivie

10/05/2016 17:05

Réponse à jaures


Bonjour Monsieur et merci pour votre commentaire.
Vous avez raison d'être optimiste, et nous le sommes aussi, sur les innovations de terrain et l’implication des équipes en ehpad comme en Ssiad. Nous valorisons ces initiatives chaque semaine sur Agevillage.
Nous parlons beaucoup d’Humanitude en effet, parce que c’est la seule méthode que nous ayons trouvé à ce jour dont les effets positifs sont quasi systématiques. Mais nous parlons aussi je vous rassure d’autres méthodes comme snoezelen, montessori, l’art-thérapie, les jardins thérapeutiques… et si vous avez des suggestions à nous faire, surtout n’hésitez pas. Nos journalistes sont à votre disposition.
Bien cordialement
Annie de Vivie



jaures

10/05/2016 10:05

Vous dites humanitude ?


Il existe des établissements qui n'ont pas le label humanitude et qui mettent en place des pratiques comme vous les décrivez, avec des gains évidents pour le personnel et pour les patients. Notamment dans le SSIAD que je dirige. Ca devient quelquefois assez pénible de lire AGE VILLAGE et cette manière déguisée de discréditer ce qui existe en dehors de cette pseudo innovation.




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