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Edito : désinstitutionnalisation

Reprise en main de leur projet par les personnes fragilisées


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"Rien pAnnie de Vivieour nous sans nous"

Ce slogan de la conférence de Madrid de 2002 sur les situations de handicap quel que soit l'âge, est le leitmotiv qui invite à repenser les établissements et services médico-sociaux dans une logique concrète de plateforme de services, décrites, argumentées dans un ouvrage documenté cette semaine chez Dunod.

Elles ne sont pas "centrées sur" la personne fragilisée, aidée, accompagnée, malade, mais ces mêmes personnes y sont partie prenante, avec leurs proches, à côté, avec les professionnels, les services "experts".

Avec la montée du nombre de personnes fragilisées (vieillissement, maladies chroniques, maladies neurodégénératives), la tension sur les finances publiques (voir le cas du département de l'Essonne), sur la démographie des professions de santé, sur les proches aidants, malgré ou grâce à l'urbanisation, l'affirmation de l’individualisme et la défense des droits individuels, on sent une perte de confiance dans les institutions, une recherche de désinstitutionalisation. Sans oublier l'envolée des TMS, qui interroge sur les conditions de travail, mais aussi sur la mobilisation des capacités des personnes aidées.

"Ce que tu fais sans moi, tu le fais contre moi" disait Gandhi.

Toute institution risque une dérive totalitaire (l'ouvrage sur les plateformes de services salue le "sursaut moral" en son temps des acteurs de la psychiatrie ... et le sursaut dans le médico-social aujourd'hui ?).

Demain, on  préférera des réponses désinstutionnalisées, qui se concevront plus en "places" mais "en solutions" personnalisées, adaptées, ajustées, évolutives, financées, au regard des projets, du parcours de chaque personne.

On parlera alors de co-évaluation, co-construction de plan d’aides personnalisés, de compromis (au regard des contraintes physiques, financières, de santé, mais aussi au regard des capacités restantes des personnes fragilisées), sans oublier l'accueil des proches, des familles dans la discussion. De nouveaux métiers autour du coaching social vont s'imposer (comme les mal-nommés "gestionnaires de cas" dans les Maia).

On ne part pas de rien.
Sans refaire table rase des réalités performantes (voir la Plateforme PARA en Ile de France pour les aidants, les Bonnes pratiques inspirantes de l'ANCCLIC), sans créer et empiler une nouvelle structure sur le mille-feuilles existant, les services et institutions actuels vont devoir élargir leur gamme de services (horaires, souplesse) et développer un management plus participatif, interdisciplinaire (regards croisés) dans une vision partagé de la qualité du prendre soin, avec une même capacité d’indignation au regard de situations insupportables.

Marie-Aline Bloch parlait dans un autre ouvrage d'organisations « missionnaires » attachées à la défense des causes et des valeurs.

Des structures d’intérêt général, pariant sur les forces des personnes aidées, vivantes, fonctionnant en réseau, en filière, en plateformes de services !


mis à jour le



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Vos réactions

Axe lis

26/07/2016 10:07

Toujours de belles paroles et des beaux discours


Combien de mois , d'années, de décennies faudra-t'il encore attendre pour rendre l'accompagnement de nos aînés plus respectueux digne de ce nom. Combien de réunions, de colloques, d'analyses , d'études faudra-t'il pour se rendre compte de la situation actuelle ou du moins pour réagir et réformer tout le système . Un système qui en partant de la sélection des candidats et des formations qualifiantes ne prévoit en rien les approches humaines pour dégager l'essentiel des valeurs professionnelles des métiers de l'accompagnement humain ... Mais comme d'habitude, notre société qui se dit évoluée préfère prendre le temps ...le temps de faire des dégâts question d'alimenter les mêmes débats et les mêmes constats que l'on entend depuis trop longtemps .mais si je comprends c'est ce qui donne de la place à tout le monde ...




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