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Retraite
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Plusieurs milliers de retraités ont manifesté jeudi 6 mars à Paris et en province à l'appel de l'ensemble des syndicats pour réclamer une hausse "immédiate et "significative" de leurs pensions, jugeant totalement insuffisante la hausse de 1,1% intervenue en janvier.
La manifestation parisienne a rassemblé 3.000 personnes, selon la police, et 10.000 personnes selon les syndicats, "du jamais vu chez les retraités", s'est félicitée la CGT. Les manifestants, derrière une banderole réclamant une "augmentation immédiate des retraites", ont marché vers Matignon, où une délégation intersyndicale a été reçue par un conseiller du Premier ministre. "On n'a rien obtenu", a indiqué une membre de la délégation.
De nombreuses banderoles demandaient la suppression des franchises médicales et la prise en charge de la dépendance par la Sécurité sociale. Parmi les principales mobilisations en province, entre 800 personnes selon la police et 1.500 personnes selon les syndicats ont défilé à Lyon, entre 700 et 1.000 à Toulouse, entre 600 et 5.000 à Marseille, entre 650 et 1.500 à Bordeaux. A Marseille, Mireille, 78 ans, ex-mère au foyer, affirmait, qu'avec une pension de réversion de 2.200 euros par trimestre, elle serait "obligée de mendier", si elle n'avait "pas mis des sous de côté".
En tout, entre 10.000 et 19.000 retraités ont manifesté en France. Cette journée d'action réunissait les unions confédérales de retraités CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC et Unsa et la fédération des retraités de la fonction publique (FGR-FP), rejoints notamment par la FSU. Le relèvement de 1,1% des retraites au 1er janvier, pour une inflation annuelle de 2,6% en décembre (+1,5% en oyenne sur l'ensemble de 2007), a constitué, selon l'expression d'un manifestant toulousain "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase". D'autant plus que Nicolas Sarkozy avait insisté durant la campagne présidentielle sur le pouvoir d'achat des retraités, qui ont majoritairement voté pour lui.
Le gouvernement a déjà indiqué qu'une nouvelle revalorisation des retraites doit intervenir en 2008 et que le minimum vieillesse serait relevé de 25% durant le quinquennat. En attendant, 200 euros doivent être versés fin mars à ses bénéficiaires. Globalement, en incluant le patrimoine, "la situation moyenne" des 14 millions de retraités est proche de celle des actifs, constatait en novembre le Conseil d'Orientation des Retraites (COR). Mais avec de grandes disparités, particulièrement au détriment de ceux, souvent des femmes, ayant connu des parcours professionnels en dents de scie.Plus de 50% des retraités gagnent "moins que le smic", a tonné jeudi François Chérèque (CFDT), en demandant une revalorisation générale des pensions "au minimum" conforme "à l'évolution du pouvoir d'achat". "Le minimum, c'est 1,6% de plus", a quantifié Jean-Claude Mailly (FO), ajoutant que "le 2e semestre" pour une nouvelle revalorisation "c'est trop loin". La présidente de la Cnav (caisse d'assurance-vieillesse),
Danièle Karniewicz (CFE-CGC), a estimé de son côté qu'il fallait 0,3 ou 0,4 point de hausse. Selon Bernard Thibault (CGT), qui a fait une apparition au début du cortège parisien, cette journée a constitué "un signe en vue du rendez-vous 2008 des retraites", c'est-à-dire les discussions avec le gouvernement sur une nouvelle réforme des retraites.
Voir les vidéos des manifestations sur Notre Temps (Interviews des syndicats et des manifestants)
CS
mis à jour le 10/03/2008
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