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Edito : Sortir de la vallée des larmes

Sentiment d'impuissance individuel et collectif


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Annie de VivieAlors que la gérontologie surfe sur la dynamique démographique de la longévité, que les attentes et besoins explosent et entendent booster la Silver Economie, que le "marché" s'étend des générations de seniors autonomes aux plus fragilisés, malades, sans oublier les proches aidants... la dynamique se heurte à des finances publiques exsangues et des financements privés limités... aux moyens des retraités et de leurs familles !

J'entends beaucoup de pleurs et de larmes partout sur les territoires.

Indicateurs SQVT dans le rouge, manques d'effectifs (promotions d'écoles d'aides-soignants non pourvues), tensions budgétaires, tarifications en dessous des coûts de revient (domicile), résistances aux changements, immobilisme ou suivisme des élus (GHT : groupements hospitaliers de territoires), injonctions contradictoires impliquant des écarts éthiquement insupportables entre les valeurs affichées et les valeurs produites, au quotidien, auprès des personnes de plus en plus fragilisées, malades (ce 11 avril : Journée mondiale Parkinson), auprès des familles, des proches aidants... Sans oublier cette campagne présidentielle où bien peu de candidats s'impliquent sur les enjeux du vieillissement.

N'en jetez plus.

Comment sortir de cette vallée de larmes, de ce pessimisme teinté de fatalisme ?

Peut-être en se rendant compte que l'on y baigne, voire que l'on s'y complaît. Individuellement, collectivement.

Oser individuellement et collectivement affirmer que la situation n'est pas tolérable, si elle l'est : s'indigner, ne pas accepter, signaler, dénoncer et... proposer, quitte à se révolter et mobiliser les contre-pouvoirs (syndicats, presse, élus, associations d'usagers, résidents, familles, proches, citoyens...). Voir la tribune du révolté Philippe Pitaud à Marseille ou les propos résolument tournés vers le bonheur de Colette Roumanoff qui a accompagné son mari malade Alzheimer.

Oser individuellement et collectivement mettre en oeuvre un plan effectif d'amélioration continue de la qualité, des financements, de l'organisation.

S'appuyer sur des expériences réussies, concrètes, tangibles, individuelles et collectives, définir et suivre des indicateurs en continus. Car la dynamique se poursuit chaque jour, vigilante, après une évaluation réussie, une certification, une labellisation. Les personnes accueillies, accompagnées, changent. Les équipes ont besoin d'une vision, d'un cadre, d'outils, de soutiens quotidiens (l'art de la diversion par exemple avec les personnes aux troubles du comportement ou l'appel à des artistes à domicile ou en institution).

Oser individuellement et collectivement contacter des partenaires, des alliés locaux, nationaux.

Diagnostiquer, négocier, et contractualiser (grâce aux CPOM... y compris pour les services à domicile).

Individuellement et collectivement : s'évaluer, écouter les contre-pouvoirs (apprendre à écouter... comme les médecins... avec le théatre)

Rester informé et informer (voir la gérontothèque d'un Clic, l'appel à financement pour le PAI 2017 des Résidences Autonomie), former et se former.

Ne pas rester seul, se faire aider, voire coacher. Savoir prendre soin de soi pour prendre soin des autres.

Individuellement et collectivement, accepter qu'aucune organisation n'est parfaite, mais qu'elle a le devoir de tendre vers la situation individuelle et collective la plus "juste", notamment face aux personnes les plus vulnérables. Cap sur des organisations respectueuses des uns et des autres, souples et agiles.

Rien d'évident donc, mais rien d'impossible.

Si l'on veut vraiment, vraiment, individuellement et collectivement, gardons l'espoir d'une société pour tous les âges, trouvons du sens à notre travail et sortons de la vallée de larmes.


mis à jour le



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Vos réactions

Vieuxpoz

19/04/2017 09:04

La vallée des larmes


Cette vallée n'en finira pas de recevoir les larmes de professionnels comme moi qui ont lutté pendant une bonne partie de leur vie active. Certe il est plus important de parler du drame Syrien mais comme le dit l'adage:charité partagee commence par soi même. Malgré de multiples secousses, rien ne bouge! Et les soignants (au sens large) souffrent d'une souffrance "TOTALE" presque idem à la"Total pain" de Cecily Saunders!! Seul un vote citoyen pourrait contraindre les dirigeants à agir...... Lequel de nos candidats serait capable? Là est la question. :(



Paulalexis

18/04/2017 09:04

Merci !


Du bon sens et de la méthode ! Nous rencontrons au quotidien des personnes en détresse, ne sachant plus où aller ni quoi faire. Voilà exactement ce qu'il nous faut : du bon sens et de la méthode ! Et si le tout est teinté d'optimisme le message passera... Nous essayons, jour après jour, de le conserver chez CetteFamille, malgré le fatalisme ambiant. Bravo Annie et merci de cette dose d'optimisme dont nous avons tous besoin !



WIDO

14/04/2017 09:04

Larmes sur les pôles... gauche, ou droite ?


Félicitations pour cet excellent article, dont on aurait aimé entendre dans les propos des candidats à la Présidence de la France...! Ne rêvons pas... Mon épouse et moi (séniors en fauteuils), ayant vécu au Sahel, avons pu voir toute la différence entre des miséreux qui gardaient le sourire. D'aucuns disant "ici on dit d'abord bonjour...!" Se battre, oui. Comme ceux qui en 1940 partirent vers le sud, avec une arme pour quatre, mais sans munition...!?! On en est encore un peu là... reconnaissant à celles et ceux qui nous soignent un dévouement méritoire. Merci.



Richard Pierre Williamson

11/04/2017 05:04

ca fait du bien !


Bravo et MERCi Annie ! dès potrominet, découvrir cette rage, cette colère. ..et puis cette envie dévorante, cet enthousiasme communicatif , ces initiatives locales contagieuses, la justifaction de tous les justes combats que nous menons collectivement. ..confirme l'- engagement de l Ancclic et redonne la pêche pour la journée !



Ancien jeune

11/04/2017 05:04

Qu'elle est belle la vallee des larmes


Il y en a tout de même qui contemplent avec une petite larme de commisération ce flot de détresse du haut de leur promontoire. Je veux parler des groupes privés lucratifs côtés en bourse qui surfent sur la misère en profitant du système et dont on nous annonce via votre site leur affligeante "réussite " de croissance du chiffre d'affaire a 2 chiffres. De quelle reussite parle t on? Celle qui maintient des conditions de travail pour les soignants proche de l'esclavage moderne malgré des profits exorbitants ? Des directeurs méritants fiers de leur TO et dont les compétences en gerontologie se limitent à l'application des dizaines de procedures mises en place par leur directeur régional? Il serait tant que vous dénonciez aussi la poudre aux aux yeux que sont les mascarades d'évaluation externe de la qualité que vous évoquez dans l'article. Avant de promouvoir telle labellisation mise en place par un organisme privé ayant des intérêts commerciaux dans la formation ou autre, il faudrait d'abord s'interresser aux dispositifs officiels d'évaluation que sont les évaluations externes. Le jour où l'évaluation des ehpad sera payée par un organisme réellement indépendant , exempt de conflit d'intérêt , lors de visites non programmées sur la base des critères de l'ANESM, alors la vallee des larmes pourra cesser de couler du côté des personnels , des residents et de leur proches . Cette transparence est aujourd'hui indispensable pour que l'on sache avant de signer le contrat de séjour, la réalité d'un accompagnement qui se doit avant tout d être chaleureux et compréhensif comme dit Florence Pasquier et qui passe avant les artifices hôteliers qui font parfois impression auprès des familles en visite et bien souvent culpabilisées.




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