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Bien vieillir
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En ouverture du MEDEC 2008 (congrès des médecins généralistes), la gériatre nutritionniste Monique Ferry a martelé son message : " les personnes âgées doivent se laisser aller au plaisir de manger sans les soucis de régime amaigrissant ou autre, ".
Selon Monique Ferry, médecin gériatre et nutritionniste, intervenue mardi 19 mars, dans le cadre du Medec, salon annuel parisien de la médecine généraliste , il est absure que l'on puisse demander à une personne âgée de maigrir de "plusieurs dizaines de kilos". "Il y a chez les plus de 70 ans des modifications physiologiques qui les amènent à être plus sensibles à la dénutrition qu'à la surnutrition", a-t-elle souligné, en ouverture de "Nutria", partie du salon consacrée à la nutrition.
Les personnes âgées, de fait, ont tendance à perdre la mémoire des aliments, l'odorat et le goût fonctionant différemment. Elles parviennent à un sentiment de satiété rapide, du fait notamment de l'augmentation de leur production de la cholécystokinine, une hormone intestinale jouant le rôle de médiateur de la satiété. "Il y a chez elles un sentiment de satiété rapide, et des anorexies liées à l'âge", explique-t-elle.
Or, les sujets âgés maigrissent plus que les jeunes s'ils sont moins alimentés, notamment pour raisons médicales, et sont incapables de compenser ensuite pour retrouver leur poids d'origine. "Ils n'arrivent pas à augmenter leurs apports alimentaires au niveau de l'augmentation de leurs besoins", souligne-t-elle. En outre, le rendement énergétique des aliments est moindre, les protéines et le glucose n'étant pas aussi bien utilisés que chez les plus jeunes. Leur sous-alimentation entraîne une diminution progressive de la masse musculaire, confortée par l'absence d'exercice.
Aux facteurs strictement physiologiques, s'ajoutent des éléments d'ordre psychologique, social ou environnemental : des revenus en baisse qui incitent à moins acheter d'aliments, des déplacements plus difficiles, la solitude "qui multiplie les risques de dénutrition par 4", les troubles bucco-dentaires avec par exemple "un appareillage mal adapté"...
Une alimentation insatisfaisante multiplie les risques pour la santé : infections, ostéoporose, chutes, défaut de réparations cellulaires, et donc escarres, troubles psychiatriques ou neurologiques. Pour le docteur Ferry, l'apport nutritionnel des personnes âgées est essentiel et elle préconise l'absorption d'"au moins 36kcal par jour et par kilo". Il faut, dit-elle, "oublier" au-delà de 70 ans la "médicalisation" de la nourriture et les régimes "restrictifs" pourvoyeurs d'anorexie, tels que régimes amaigrissants, anti-diabète, sans sel, anti-cholestérol.
La prise d'aliments, estime-t-elle, "est un comportement fondamental pour la survie" et pour les personnes âgées la gourmandise est "un concept essentiel pour conserver la santé". Elle recommande donc, à la différence des plus jeunes, de "privilégier les aliments riches en énergie et en protéines", voire d'enrichir les aliments par de la poudre de lait, du lait concentré sucré, du fromage râpé, de la crème fraîche ou de la poudre de protéine industrielle.
Elle préconise aussi une surveillance du poids des personnes âgées, une perte de 10% en un mois ou de 15% en six mois constituant une dénutrition sévère.
CC
mis à jour le 25/03/2008