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Fin de vie
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La mort de Chantal Sébire relance le débat sur l’euthanasie. C’est du moins ce qu’on nous raconte.
Car il faut rappeler la réalité. Il y a deux notions à distinguer soigneusement :
- Il y a l’euthanasie, acte par lequel on mettrait fin à la vie d’un malade en proie à des souffrances insupportable.
- Il y a l’aide à mourir, ou le suicide (assisté ou non) actes par lesquels un patient décide d’échapper à sa fin de vie.
Le cas de Chantal Sébire ne relevait en rien de l’euthanasie : il y avait des moyens de la soulager, mais elle ne voulait pas y recourir. Ce qu’elle réclamait, c’était un suicide assisté.
Personne n’a le droit de juger de ses raisons.
Mais pourquoi y a-t-il autant de gens pour entretenir la confusion ? Pourquoi ne peut-on débattre sur des notions claires ? A qui profite le mensonge ?
S’il s’agit d’euthanasie, alors disons-le : il faut pratiquer résolument toutes les euthanasies qui seront nécessaires. C’est-à dire aucune, car les techniques dont nous disposons rendent ce débat complètement dépassé. Par contre il y a encore beaucoup à faire pour que ces techniques soient utilisées.
S’il s’agit de suicide assisté ou d’aide à mourir, alors disons-le : le suicide est un acte de liberté individuelle, sur lequel la société n’a rien à dire.
Mais ne faut-il pas organiser les choses ? Ce n’est pas certain. Car le droit est là pour organiser la vie des humains ; il n’est pas prudent de lui demander d’organiser la mort.
Mettre en place au moins une procédure ? Il vaut mieux ne pas trop faciliter le suicide. D’autant qu’il n’est pas bien difficile de se suicider (dans de bonnes conditions de confort s’entend) ; c’est là encore mentir que prétendre qu’il faut des connaissances particulières.
Chantal Sébire semble avoir su parvenir à ses fins. On ne se risque guère à présumer qu’en réalité tout était prêt d’avance.
La sagesse n’est-elle pas de constater que, pour elle comme pour d’autres, le problème en réalité ne se posait pas, et de laisser ces choses dans le secret des cœurs ? Hypocrisie ? Non. Simple constat : il s’agit à chaque fois de cas particuliers. La loi n’a rien à dire sur les cas particuliers.
On réclame de pouvoir « mourir dans la dignité ». Mais la dignité n’est pas sortie grandie de cette mascarade.
Dr. Michel Cavey
http://michel.cavey-lemoine.net
Michel Cavey
mis à jour le 25/03/2008