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Affaire Sébire - Débat sur l'euthanasie - Point de vue du docteur Michel Cavey

Michel CaveyLa mort de Chantal Sébire relance le débat sur l’euthanasie. C’est du moins ce qu’on nous raconte.

 Car il faut rappeler la réalité. Il y a deux notions à distinguer soigneusement :

- Il y a l’euthanasie, acte par lequel on mettrait fin à la vie d’un malade en proie à des souffrances insupportable.

- Il y a l’aide à mourir, ou le suicide (assisté ou non) actes par lesquels un patient décide d’échapper à sa fin de vie.

Le cas de Chantal Sébire ne relevait en rien de l’euthanasie : il y avait des moyens de la soulager, mais elle ne voulait pas y recourir. Ce qu’elle réclamait, c’était un suicide assisté.

Personne n’a le droit de juger de ses raisons.

Mais pourquoi y a-t-il autant de gens pour entretenir la confusion ? Pourquoi ne peut-on débattre sur des notions claires ? A qui profite le mensonge ?

S’il s’agit d’euthanasie, alors disons-le : il faut pratiquer résolument toutes les euthanasies qui seront nécessaires. C’est-à dire aucune, car les techniques dont nous disposons rendent ce débat complètement dépassé. Par contre il y a encore beaucoup à faire pour que ces techniques soient utilisées.

S’il s’agit de suicide assisté ou d’aide à mourir, alors disons-le : le suicide est un acte de liberté individuelle, sur lequel la société n’a rien à dire.

Mais ne faut-il pas organiser les choses ? Ce n’est pas certain. Car le droit est là pour organiser la vie des humains ; il n’est pas prudent de lui demander d’organiser la mort.

Mettre en place au moins une procédure ? Il vaut mieux ne pas trop faciliter le suicide. D’autant qu’il n’est pas bien difficile de se suicider (dans de bonnes conditions de confort s’entend) ; c’est là encore mentir que prétendre qu’il faut des connaissances particulières.

Chantal Sébire semble avoir su parvenir à ses fins. On ne se risque guère à présumer qu’en réalité tout était prêt d’avance.

La sagesse n’est-elle pas de constater que, pour elle comme pour d’autres, le problème en réalité ne se posait pas, et de laisser ces choses dans le secret des cœurs ? Hypocrisie ? Non. Simple constat : il s’agit à chaque fois de cas particuliers. La loi n’a rien à dire sur les cas particuliers.

On réclame de pouvoir « mourir dans la dignité ». Mais la dignité n’est pas sortie grandie de cette mascarade.

Dr. Michel Cavey 
http://michel.cavey-lemoine.net


Michel Cavey
mis à jour le 25/03/2008

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