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Edito : Cadence en Ehpad : pas la priorité ?

Enjeux politiques


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Les professionnels des Ehpad n'ont pu échappé à la Une du journal Le Monde ce 18 juillet et le reportage de Florence Aubenas auprès des grévistes d'un établissement privé commercial du Jura.
Annie de VivieTrès majoritairement des femmes, des aides-soignantes (un aide-soignant) qui témoignent d'un prendre soin quotidien déshumanisé, aux maltraitances involontaires, par manque de temps.

Celles qui sont en CDI ont osé. Elles se sont mises en grève.
Elles ne veulent plus être victimes de cette réalité de prendre soin.

Elles revendiquent une revalorisation salariale, des conditions de travail dignes, pour elles, pour les résidents.

La solidarité locale s'organise. La grève est une des plus longue de l'histoire sociale du Jura.
L'ARS a débloqué deux postes d'aides-soignants, le département reste vigilant, la direction du groupe de 46 Ehpad va négocier des revalorisations globales à l'automne.


Des cadences en Ehpad ?

Ces deux mots semblent antinomiques. Car les livrets d'accueil, les recommandations de bonnes pratiques parlent de projet de vie, de prendre soin au rythme des personnes accueillies, et encore parfois de "prise en charge" (médicamenteuse, selon la fiche repère Anesm cette semaine).


Des cadences en Ehpad ?

On le sait parce que les fédérations professsionnelles alertent depuis des années sur les manques de moyens. Plus récemment avec l'arrivée des forfaits dépendance (critiqués par le Syncass-CFDT cette semaine).

Sans moyens, sans ces 0,8 professionnels par résident, recommandés depuis le Plan solidarité grand âge il y après de 10 ans maintenant, difficile de respecter les valeurs professionnelles chaque jour (voir l'édito : Valeur et point).

Mais comment accepter l'idée même de ces cadences ? Comment ne pas les questionner ? "Pas de soins sans prise en compte de la psyché" rappelle Jean Maisondieu dans le dernier livre dirigé par Louis Ploton sur la vie psychique, la spiritualité et le vieillissement.

Le professionnalisme implique des arbitrages pour ne pas nuire à la santé. Voir cette alerte de l'ANSM pour l'arrêt immédiat du Securidrap... avec le risque de laisser les professionnels démunis, sans ces Sécuridraps, sans outils, sans techniques, sans consignes, sans repères partagés, sans accompagnements face aux troubles du comportements...

Il faut donc du temps et donc des moyens humains, de l'encadrement de proximité, des projets positifs (artistiques comme le livre cette semaine ou notre 10eme colloque sur les approches non médicamenteuse.
Il faut du temps, une vision claire et beaucoup d'énergie face à "l'attaque à la pensée" que sont ces maladies neurodégénératives, l'approche de la mort.
Il faut du temps et donc des moyens pour que la culture du prendre soin soit connue, sue, intégrée, partagée, chaque jour, chaque nuit.

Auditionnée par la commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a dit ne pas avoir encore eu le temps de travailler la question du financement des Ehpad. Sa feuille de route priorise le soutien aux proches aidants et surtout la prévention pour les générations futures.
Le financement des Ehpad sera redébattu à l'occasion du PLFSS 2018, annonce la ministre.

Gageons que la ministre prenne le temps de découvrir la réalité du prendre soin quotidien au sein de ces établissements.
Qu'elle ne soit pas la ministre des cadences au sein des Ehpad.


mis à jour le



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Vos réactions

pierre caro

26/07/2017 05:07

Prévenir... pour bien vieillir !


Bonjour à toutes et tous Je ne peux qu’abonder dans le sens de ces lignes. Après 20 années, apparemment en bonne santé physique et mentale, une grande richesse dont j’ai conscience, j’en suis à la moitié du temps que j’ai espéré vivre en situation de retraite et de vieillissement. Une rivière s’écoule, normalement, de l’amont vers l’aval – classes dites primaires, le loup et l’agneau..  ! - ainsi, moins l’eau sera troublée en amont, plus elle sera saine à son aval. Cela n’a l’air de rien, mais voici 20 ans j’ai eu l’idée que si je décidais d’un plan de retraite et de vieillissement qui me garde en bonne santé, me fasse aimer la vie malgré les inévitables pertes de capacités et moyens, je ne connaîtrais peut-être pas les désagréments d’une perte d’autonomie qui me priverait de décider de mes choix de modes, conditions et environnements de vie. La maladie appartenant aux professionnels de santé, je ne connais que la bonne santé. Nous sommes tous convaincus que l’éducation et la prévention devraient nous aider à mieux comprendre notre chance de bien vieillir. Mais face à l’irrémédiable, la nécessité d’être accompagné par des professionnels formés, connus et reconnus, est le premier programme politique à entreprendre dans une société mondiale où nous sommes toujours plus nombreux et plus âgés. Nous pourrions être plus de 10 milliards avant la fin du siècle, c’est demain, dont un tiers de plus de 60 ans ! Si nous pensons, aujourd’hui, à mettre tout en œuvre afin que ce tiers demeure dans les meilleures conditions de santé, les professionnels seront moins surchargés, plus à l’aise dans leur travail. Toujours à partir des enseignements développés ces 20 dernières années, le travail, celui choisi, appris, compris et entrepris avec plaisir, me semble le meilleur « vaccin » - d’époque dans notre pays actuellement- pour retarder, voire ne pas connaître un vieillissement désagréable (pour le moins) Je demeure à votre disposition, vos remarques, suggestions, critiques…, nourrissent mon travail de retraité professionnel Merci Pierre Caro retraité professionnel chercheur autodidacte-artisan : retraite et vieillissement.




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