Agevillage

Dossier contention : contention et éthique


Partager :

Suite au message d’alerte rapide sanitaire du 21 juillet interdisant l’usage du Sécuridrap, nombre de professionnels se sont demandé comment faire. Comment faire face au risque de chute, de fugue, de blessure. Et si la solution était d’éviter au maximum le recours à la contention ? Ou même de l’interdire ? En attendant, Agevillagepro vous propose ce mois d’août un dossier complet sur le sujet. Premier volet, contention et dimension éthique.


Dossier Contention - contention et ethiqueLa contention physique passive se définit comme « tous moyens, méthodes, matériels ou vêtements qui limitent les capacités de mobilisation volontaires de tout ou partie du corps dans le seul but d’obtenir de la sécurité pour une  personne qui présente un comportement estimé dangereux ou inadapté ». 

Une pratique courante - sa prévalence est estimée entre 18 et 22 % pour les plus de 65 ans -, motivée par la peur de la chute ou les troubles comportementaux (agitation, déambulation notamment).

Pourtant, il n’existe aucune preuve scientifique de l’efficacité des contentions utilisées, qu’elles soient physiques, architecturales, pharmacologiques ou psychologiques.

Au contraire, de nombreux risques ont été observés :

  • Perte d’autonomie.
  • Augmentation de la durée d’hospitalisation. 
  • Augmentation du taux de mortalité (x 8).
  • Aggravation de la confusion ou de l’agitation.
  • Augmentation du risque de chute (x 3).
  • Syndrome d’immobilisation (contractures, troubles trophiques, escarres, douleurs physiques, fausses routes, infections  incontinence sphinctérienne, déconditionnement musculaire et sarcopénie, perte d’appétit…).
  • Étranglement, suffocation, blessures sérieuses fractures, lacérations cutanées.
  • Douleur morale. Agressivité. Révolte.

Dimension éthique


La contention reste une violence faite à autrui.

L’être humain est fait pour être debout, se mouvoir, aller et venir à sa guise.

Alors que le soin se définit par une relation d’aide, entraver un malade c’est lui refuser cette relation, le mettre à l’écart, le priver de mouvement ce qui est insupportable et considéré comme un abandon, une rupture : solitude et contrainte.

Les pratiques à éviter


La question n'est pas "comment faire en sorte que les prescriptions de barrières respectent la réglementation dans l'établissement ou le service" mais "comment peut-on se passer des contentions afin de respecter la liberté et la dignité des personnes ?" 


Le recours à la contention physique doit rester exceptionnel et relève exclusivement d'une urgence médicale.

Elle n'est envisageable qu'en cas d'échec des  autres mesures environnementales, relationnelles et pharmacologiques et lorsqu'il existe un danger élevé à court terme.

La contention ne peut en aucun cas constituer la seule réponse thérapeutique apportée par l’équipe soignante.

Pour éviter la contention


Le risque zéro n’existe pas : évaluer le niveau de risque acceptable.

La contention rassure, mais qui rassure-t-elle ? La responsabilité pénale d’un soignant peut être engagée en cas d’accident.

Cette mesure fait suite à un échec de toutes les prises en charge relationnelles.

Rechercher toutes les alternatives possibles avant la prescription.

Changer l’angle de la réflexion («  je n’ai aucun moyen de contention, que puis-je faire pour ne pas mettre en péril la personne, ne pas lui nuire, respecter sa dignité, préserver son autonomie …)

On réfléchit mieux à plusieurs, la décision ne peut être prise par une personne seule

La contention est souvent demandée par la famille, c’est aux professionnels de prendre la décision, l’information et l’éducation de la personne et de son entourage sont primordiales, vous appuyer sur les textes peut être une aide précieuse.

De même que les professionnels ont besoin d’être formés, documentés, accompagnés, soutenus.


Katherine Gardella est infirmière de formation. Cadre supérieur de santé, elle a organisé la mise en place de la Méthodologie de soin Gineste-Marescotti® dans un Ehpad qui deviendra site pilote Humanitude en 2003. En 2011, elle rejoint les associations Asshumevie et Iprim en tant que chargée de mission permanente, et évaluatrice pour le Label Humanitude. Chaque mois, elle livre pour les lecteurs d’Agevillagepro ses conseils et bonnes pratiques en établissement.


mis à jour le



Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article. (1 en attente)
Réagir à cet article.


Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -