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Dossier contention : bonnes pratiques si la contention est inévitable

Objectif zéro contention


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Suite au message d’alerte rapide sanitaire du 21 juillet interdisant l’usage du Sécuridrap, nombre de professionnels se sont demandé comment faire. Comment faire face au risque de chute, de fugue, de blessure.
Et si la solution était d’éviter au maximum le recours à la contention ? Ou même de l’interdire ? En attendant, Agevillagepro vous propose ce mois d’août un dossier complet sur le sujet. Dans ce second volet, gros plan sur les recommandations et les bonnes pratiques quand la contention est inévitable.

Le recours à la contention implique :

  • la connaissance des risques liés à l’immobilisation ;
  • une évaluation régulière des besoins des risques, des conséquences ;
  • un programme de soins et une surveillance individualisés.


La réflexion pluridisciplinaire repose sur :
  • une parfaite connaissance du dossier complet de la personne : âge, histoire de vie, habitudes de vie sociale, professionnels, environnement ,  antécédents médicaux et chirurgicaux , histoire et événements de la maladie.
  • une étude environnementale contexte de survenue des troubles ayant amené à envisager la contention.
  • une recherche des éléments déclencheurs (déshydratation, dénutrition, constipation, infection urinaire, troubles ioniques, recherche des constantes (pouls, TA, température, glycémie capillaire…).
  • le contexte psycho-affectif  

Les 10 points clés (définis par l’HAS)
  1. réflexion  sur le rapport bénéfice /risque par l’équipe pluridisciplinaire
  2. prescription médicale initiale et reconduction après réévaluation toutes les 24 heures
  3. surveillance retranscrite (traçabilité)
  4. information de la personne avec recherche de son consentement et information de l’entourage
  5. matériel adapté au cas par cas
  6. installation de la personne la plus confortable possible au moins toutes les 2 heures (ne pas oublier de mettre à proximité l’appel malade, le téléphone, de la boisson…)
  7. la contention doit être levée aussi souvent que possible
  8. activités et confort psychologique maintien d’un contact relationnel de qualité
  9. évaluation toutes les 24 heures
  10. reconduction : si décidée dans le dossier de la personne = justifier, tracer et faire une nouvelle prescription

Dans tous les cas la contention doit faire l’objet d’un plan de compensation écrit avec les points de vigilance identifiés, les actions correctives à mener, une compensation alimentaire et hydrique doit être également envisagée.

Des indicateurs de suivi sont importants à mettre en place :

  • nombre de contentions de différents types, de jour et de nuit 
  • horaires et durée de pose des contentions 
  • nombre de chutes vraies (faire la différence entre la personne trouvée à terre qui a glissé, et la chute franche souvent accompagnée de conséquences)
  • nombre de chutes ayant entraîné une hospitalisation (plaie, fracture, hématome…)
  • nombre de troubles du comportement
  • nombre de traitements par neuroleptiques, antidépresseurs, benzodiazépines
  • nombre d’escarres acquis
  • nombre de prescriptions et renouvellements
  • nombre de plans de compensation


Katherine Gardella est infirmière de formation. Cadre supérieur de santé, elle a organisé la mise en place de la Méthodologie de soin Gineste-Marescotti® dans un Ehpad qui deviendra site pilote Humanitude en 2003. En 2011, elle rejoint les associations Asshumevie et Iprim en tant que chargée de mission permanente, et évaluatrice pour le Label Humanitude. Chaque mois, elle livre pour les lecteurs d’Agevillagepro ses conseils et bonnes pratiques en établissement.


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