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Edito : de la prise en charge

Comment vivre en n'étant qu'une charge ?


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Au lendemain des 37e Journées annuelles de la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG), comment en pas revenir sur cette notion de "charge", de "prise en charge" qui ornait les titres des interventions, des posters ?

Annie de VivieBien évidemment il ne s'agit pas de nier les polypathologies des personnes, pardon des "sujets" âgés.

Il ne s'agit pas non plus de passer sous silence la sous-dotation notoire en nombre de professionnels aguerris, formés, compétents, soutenus et managés auprès des plus fragilisés, dans les EHPAD notamment (Force Ouvrière prépare une mobilisation début 2018). Le Pr Olivier Hamon, vice-président de la SFGG a bien rappelé ces enjeux à Agnès Buzyn.

Mais comment vivre, quand on n'est qu'une charge dans le regard de celui qui nous soigne ?

Comment mobiliser ses forces (pourtant bien vivantes) quand on n'est qu'une somme de pathologies, de handicaps cognitifs, de déficits sensoriels (étudiés à une conférence Croix Rouge la semaine dernière) ?

Repartir de ces forces, apprendre à les repérer, les mobiliser, en sollicitant les proches, tous les professionnels de terrain... c'est un état d'esprit renversé, une forme de révolution culturelle.

Tant qu'elle est vivante, la personne malade, fragilisée est là.

Certes diminuée, restreinte dans ses choix, mais pas dans son autonomie au sens de choisir ce qui est bon pour elle. On peut compter sur ses ressentis, ses émotions, sa mémoire émotionnelle qui restent actifs jusqu'au bout.

Cette prise de conscience n'est pas aisée par les organisations encore rigides avec les risques de dérapage, de surpuissance, de négations des forces pourtant bien vivantes.

Il est parfois plus rapide (à court terme) de faire à la place de ces personnes ralenties. Mais combien ces gestes entament les capacités musculaires, cognitives restantes ? Combien atteignent l'estime de soi ? Et à court-moyen terme combien coûtent-ils en termes de sur-médicamentations, d'hospitalisations et aussi en épuisement professionnel par perte de sens ?

On le voit pourtant, les professionnels veulent changer.
La conciliation médicamenteuse devient une évidence sur les territoires. Le recours à des outils technologiques intelligents, facilitateurs s'implante (comme ces puces RFID pour retrouver les prothèses, les vêtements qui se perdent...). Le médecin coordonateur en EHPAD se met au service, à l'orchestration du prendre soin. Les acteurs mettent leurs forces en commun dans les conférences des financeurs. Les soins dentaires remontent dans l'échelle des priorités. L'accueil temporaire aussi...

Les soins par les forces : le cure avec le care.
De la prise en charge à la prise en soin.


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