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30% des personnels des EHPAD (avec les SAAD) en grève ce 30 janvier 2018

Rejoints par les familles et les résidents


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Avec près d’un professionnel sur trois déclaré gréviste selon la direction générale de la cohésion sociale, 10 % des salariés effectivement en grève et des rassemblements qui ont rassemblé des milliers de professionnels mais aussi de familles, de proches aidants, de personnes fragilisées un peu partout en France, la journée d’action nationale du 30 janvier a remporté un succès inédit.
Retour sur cette journée exceptionnelle, vue depuis le ministère des Solidarités et de la Santé à Paris.

Mobilisation sans précédent


grève janvier 2018 ehpad personnes âgéesA Laval, Rennes, Tarbes, Nantes ou Narbonne, des milliers de personnes ont répondu à l’appel de l'intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFTC, UNSA) et de l'association des dirceteurs au service des personnes âgées (AD-PA) pour dénoncer les conditions de travail en Ehpad et à domicile le 30 janvier. Un appel unitaire, un mouvement inédit en province comme à Paris, où plusieurs centaines de Français se sont retrouvés devant le ministère des Solidarités et de la Santé (400 selon la police, un millier selon les syndicats).
Jamais de mémoire des professionnels de la gérontologie, on avait vécu une telle convergence d'énergies : associations de directeurs (AD-PA, mais aussi Fnadepa), syndicats de salariés du secteur de l'aide à domicile, des EHPAD, rejoint par les associations de familles (Fnapef, Inter-CVS), de personnes malades (France Alzheimer), parfois en tête de cortège (comme à Rouen avec le collectif Vieux debout!) avec des rassemblements dans les petits villages jusqu'aux grandes villes, relayés dans tous les médias : TV, radios, presse écrite.

Personne ne peut plus ignorer la réalité dans les Ehpad et aide à domicile


Les témoignages relayés par les médias ont éclairé sur les conditions de vie et de travail dans les EHPAD (de tous statuts) comme dans les services à domicile dont le modèle économique n'est pas pérenne avec selon une étude de 2014, les aides à domicile qui effectuent des journées longues de 11 heures en moyenne, pour moins de 7 heures d’intervention et près de la moitié des aides à domicile qui déclarent un revenu mensuel inférieur à 900 euros.

Quelles solutions pour les personnes fragilisées, leurs proches, les professionnels ?


Une manifestante portant une étiquette « aidante âgée en colère » sur son écharpe bleue témoigne de l'aide qu'elle a apporté à son époux pendant deux ans : « J’ai tout expérimenté, l’aide à domicile, les Ehpad pour des séjours temporaires. Aucun système ne convient, aucun n’a suffisamment de moyens, et quand on aide soi-même, on est complétement épuisée », .
Un peu plus loin, un homme dit sa colère face au montant du reste à charge pour les résidents et leur famille. « Mon ascendant n’est pas une personne nantie et ses deux enfants doivent payer car sa pension ne suffit pas, l’établissement où il est facture 4200 euros par mois ! ». Même désarroi des familles sur France Inter au Téléphone sonne ce 30 janvier.
Sous les ballons aux couleurs vives des syndicats, on croise aussi des figures emblématiques de la lutte. En blouse blanche, ceinte de son écharpe tricolore de députée, Caroline Fiat est venue représenter ses anciennes collègues, « déclarée gréviste mais réquisitionnée ». La députée France Insoumise se dit « prête à ne rien lâcher », et à interpeller chaque semaine s’il le faut la ministre Agnès Buzyn à l’Assemblée nationale.
Un peu plus loin, Anne-Sophie Pelletier, porte-parole des grévistes de l’Ehpad de Foucherans, le conflit social par lequel la question des Ehpad est arrivée sur le devant de la scène. « Il est essentiel qu’on continue à se battre pour que nos anciens soient pris en charge dans la dignité », affirme-t-elle.
L’ambiance est à la fois résolue et bon enfant devant le ministère. Mais c’est à l’intérieur que tout se joue, puisque les représentants de l’intersyndicale sont reçus par Aude Muscatelli, directrice adjointe du cabinet d’Agnès Buzyn en charge des solidarités.

Déception face aux revendications


A la sortie du rendez-vous, le compte n’y est pas
. « La ministre et le président de la République n’ont malheureusement pris en compte la réalité d’aujourd’hui », regrette Pascal Champvert, le président de l’association de directeur d’établissement AD-Pa. Seule promesse du cabinet d'Agnès Buzyn, annoncée le 26 janvier dernier : un plan d’accompagnement des EHPAD et des moyens supplémentaires pour les EHPAD en difficulté (100 millions d'euros dans le PLFSS 2018 et 50 millions d'euros) avec l'engagement  d'aucune suppression de poste dans les établissements et . Bien loin des revendications initiales.

Et Maintenant ?


La ministre, qui était à l’Assemblée nationale ce 30 janvier a été rattrapée par le sujet, via une question posée par François Ruffin (France Insoumise), qui exhorte Agnès Buzyn à « sortir le carnet de chèque » pour régler la situation.
L'intersyndicale a interpellé le Président de la République (tout comme des familles, des résidents du Grand Est). S’il ne reçoit pas ses représentants, une nouvelle journée d’action sera prévue. Cela suffira-t-il ?
On voit en tout cas l'urgence de repenser l'accompagnement des dernières années de la vie, quand la santé se fait plus fragile, dans un environnement financier contraint et un besoin de professionnalisme gérontologique et gériatrique pointu.

Entendre les témoignages, l'analyse de Eric Fiat sur France Culture de cette souffrance des soignants qui témoigne pour ces personnes âgées fragilisées la colère qu’elles n’ont plus.

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