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Sarkozy préconise un regroupement hospitalier

Une recomposition de l'offre de soins

SarkozyHôpital: Sarkozy présente une réforme "majeure" basée sur des regroupements d'établissements de soin

Nicolas Sarkozy a présenté jeudi 15 avril une réforme de  l'hôpital qualifiée de "majeure", avec la volonté de regrouper les  établissements publics en redistribuant les rôles entre petits et grands  hôpitaux, et d'ériger leurs directeurs en véritables "patrons". "On va recomposer l'offre de soins", a annoncé le président de la République  qui avait choisi le centre hospitalier de Neufchâteau (Vosges) pour dessiner les  contours de cette réforme, dont l'adoption est annoncée pour l'automne.

Le chef de l'Etat a repris à son compte les propositions du rapport que lui  avait remis la semaine dernière le sénateur UMP Gérard Larcher, dont  l'incitation à créer des "communautés hospitalières de territoire" regroupant  plusieurs établissements. M. Sarkozy veut désormais que les aides et les subventions aux  investissements, qui représentent "une dizaine de milliard d'euros", bénéficient  "davantage aux hôpitaux publics qui forment une communauté hospitalière de  territoire".

Le rapport Larcher préconise que ces "communautés", regroupant plusieurs  hôpitaux sur un bassin de population donné, puissent mutualiser leurs moyens,  budgets, investissements et personnels. La "recomposition" souhaitée prend deux directions: d'un côté le recentrage  des grandes structures sur les interventions les plus complexes, de l'autre la  "reconversion" des petits établissements dans "la prise en charge du grand âge  et de la dépendance".

Si le chef d'Etat a affirmé que cette réforme, "ce n'est pas la fermeture  des hôpitaux", élus et personnels hospitaliers n'en sont pas moins inquiets de  voir les hôpitaux locaux en pâtir. L'Association des maires de France (AMF) a souhaité jeudi que la réforme  "n'ait pas pour objet ni pour effet de vider les petits hôpitaux de leurs  services médicaux et chirurgicaux".

 Les comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité ont estimé  que le maintien d'un réseau d'hôpitaux locaux est mieux à même de "garantir  l'efficacité et la sécurité" que des "regroupements" réalisés "de manière  caporaliste". Le chef de l'Etat a aussi souhaité renforcer le pouvoir du directeur  d'hôpital afin que les établissements aient "un patron et un seul". "La gestion de l'hôpital public doit être plus libre", a-t-il dit,  souhaitant par exemple des "assouplissements aux règles de marchés publics".

Le directeur aura aussi plus de liberté dans le recrutement des médecins,  avec la possibilité de leur proposer des contrats de droit privé. Le statut de  praticiens hospitaliers sera conservé, mais les médecins auront la possibilité  de l'assortir d'une part de rémunération basée sur leur volume d'activité. Pour désencombrer les urgences, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'un  "numéro unique" d'appel permettant d'accéder aux urgences hospitalières ou au  médecin de garde, dont la gestion sera confiée aux futures Agences régionales de  santé (ARS).

Pour lui, les mesures annoncées "doivent permettre aux hôpitaux d'être tous  à l'équilibre d'exploitation d'ici 2012". Mais la Fédération hospitalière de France (FHF) a regretté que le président  "n'ait pas du tout abordé la question des moyens budgétaires" nécessaires,  qu'elle évalue à 800 millions d'euros. Le PS a déploré des décisions "sans aucune annonce budgétaire", constituant  "un jalon de plus dans l'entreprise de démolition de la sécurité sociale et de  la santé pour tous", tandis que l'UMP et le Nouveau Centre ont apporté leur  soutien à une réforme jugée "nécessaire".

Retrouver le rapport Larcher en cliquant ici  


CS
mis à jour le 21/04/2008

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