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Rapport Libault : oui, mais...

Réactions des acteurs du secteur


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Si les acteurs du secteur saluent de façon unanime la qualité de la concertation et du rapport qui en découle, regrets et demandes de précisions se font aussi entendre, notamment du côté du domicile.

Un rapport de qualité, des « propositions pragmatiques et ambitieuses » (Synerpa), une « réelle prise en compte des difficultés rencontrées par l’ensemble du secteur médico-social et des remontées faites par les acteurs dans les divers ateliers de la concertation » (Uniopss), un projet « très complet » (ADMR)…

Les représentants des fédérations et autres syndicats professionnels ne tarissent pas d’éloges quant à la pertinence des travaux présentés par Dominique Libault le 28 mars, alors que le secteur bruissait de rumeurs qui laissaient présager d'un rapport vide.

Une agréable surprise, donc, notamment pour Benoît Calmels, délégué général de l’Unccas. Il se félicite que les auteurs aient pris en compte la spécificité des secteurs public et associatif, mais aussi la nécessité de réformer le mode de financement du domicile.

Propositions à creuser


« C’est le mode de tarification des services qui est la cause des difficultés du secteur », analyse-t-il. Il se réjouit donc de la proposition d’instaurer un tarif national complété d’une dotation forfaitaire pour les services sous CPOM. « Attention toutefois à ce que ces CPOM soient de véritables dialogues de gestion entre opérateur et financeur, ce n’est pas toujours le cas. »

Pour la Fesp, cette proposition demande des « travaux de concertation supplémentaires », et doit être appliquée à tous les services, associatifs comme privés.

La Fehap affirmant elle aussi sa vigilance afin que les fonds dédiés « soient utilisés de façon impartiale sans condition de statut ».

Jérôme Perrin, responsable aide et accompagnement Saad chez Adessadomicile, s’inquiète lui de l’avenir de cette mesure : « il faut s’assurer que ce tarif puisse évoluer, sous peine de se retrouver, comme pour la PCH, avec un tarif gelé depuis 10 ans ».

« Le choix de vieillir à domicile n’est toujours pas au cœur du projet »

Car si les propositions sont séduisantes, leur financement pose question à de nombreux acteurs.

Le financement de 550 millions d'euros pour revaloriser les métiers du domicile semble « largement insuffisant » pour l’Una, « et incompréhensible au regard des moyens fléchés pour les Ehpad ».

« Si on veut faire du domicile le centre de l’accompagnement, le compte n’y est pas », acquiesce Hugues Vidor, directeur général d’Adessadomicile. « Nous avons aussi lu que ce seraient les Ehpad qui seraient en charge de coordonner l'offre  sur les territoires. Pour nous, c'est au domicile de le faire. »

En résumé, souligne la Fnaafp/CSF, « le choix de vieillir à domicile n’est toujours pas au cœur du projet. »

Pour Romain Gizolme, directeur de l’AD-Pa, les moyens ne sont suffisants ni pour le domicile, ni pour les Ehpad : « nous sommes à moins d’un milliard d’euros par an quand toutes les estimations évaluent les besoins à 9 ou 10 milliards chaque année. »

D’autant que même les sommes proposées dans le rapport pourraient ne pas être allouées, observe Benoît Calmels, qui regrette aussi le manque de vision prospective du rapport, sur l’habitat notamment.

« Maintenant, la vraie question, c’est la façon dont l’Etat va se saisir de ce rapport », souligne Romain Gizolme. La réforme « devra être réellement ambitieuse », abonde l’Una.

Pour rappel, le projet de loi doit être présenté à l’automne.

Lien vers le rapport Libault - Mars 2019 - Concertation Grand Age et Auonomie - Grand âge le temps d'agir


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