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Economie sociale et solidaire en Martinique : le devoir d'innover


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« La fonction crée l’organe », dit-on… Dans l’excellent dossier publié en 2015 dans l’Express (et toujours d’actualité), Rodolphe Lamy pointe le cumul de facteurs qui oblige la Martinique à réagir aujourd’hui, face au défi du vieillissement accéléré de sa population.

Citant le directeur de l’AFD Martinique (Agence française de développement), il note : « l'allongement de la durée de vie, la baisse du taux de natalité, le retour des retraités – conséquence du baby-boom et des politiques migratoires –  et le départ des jeunes, expliquent un processus brutal jamais observé  dans aucun territoire au cours des trois derniers siècles ».

Tendance confirmée par les derniers chiffres publiés par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques),creusée par un dépeuplement inquiétant, souligné par le recensement de 2016. Alors qu’elle était l’une des plus jeunes de France, il y a encore dix ans, l’île devrait devenir l’une des plus âgées d’ici 2040.

Dans ce contexte l’ESS (économie sociale et solidaire) et les acteurs associatifs sont en première ligne. Ils doivent faire face à des freins structurels : difficulté de mutualisation, d’actions collectives, retards accumulés dans les normes et procédures de normalisation, besoin urgent de formation qualitative, etc.

Le développement de la « Silver economy » se heurte au peu de solvabilité des seniors et au surendettement d’une région, devenue Collectivité unique en janvier 2016, qui concentre davantage encore les pouvoirs de décision… Une lourdeur administrative entrainant souvent des retards dans le versement des subventions, ce qui impacte la gestion des associations.

Besoin de structuration


Il est vrai que l’aide sociale pèse lourd sur les finances publiques. Comme le soulignait Francis Carole, conseiller executif à la CTM en charge de la Solidarité, lors de la première conférence territoriale de l’économie sociale et solidaire de Martinique, l’action sociale représente un tiers du budget régional, soit 400 millions d’euros.

Il affirmait l’ambition de la Collectivité de placer l’ESS  « au cœur du développement de la Martinique », reconnaissant le travail d’un « secteur d’avenir » (16 % des emplois privés en Martinique, sachant que 85 % de ces emplois sont portés par le secteur associatif).

L’ESS génère 50 000 emplois dans les Outre-Mer (source Ministère des Outre-Mer). En Martinique elle peut créer les emplois manquants pour pallier la pénurie de services.

Encore faut-il rehausser le taux de l’Apa, outil majeur de l’aide à domicile qui, malgré le réajustement de 2017,  plafonne encore à 13 euros (taux le plus bas de France, la moyenne se situant autour de 20 euros).

Dans un contexte particulièrement tendu, où la structuration n’est plus un besoin mais une nécessité, les associations innovent. Résidences autonomie, hébergements intermédiaires, logements intergénérationnels, familles d’accueil, elles inventent leurs propres outils, créent des partenariats, apprennent à fédérer leurs forces.

L’appel à projets pour la création d’un EHPAD « hors les murs » lancé par l’Agence régionale de santé et la CTM pour la création d’une plate-forme expérimentale dans le nord de l’île devrait révéler leur capacité d’innovation.  Les conclusions sont attendues avec impatience.


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