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Nadine Morano veut aider à concilier travail et vie familiale

Un enjeu pour une Europe qui vieillit

Au chevet d'une démographie européenne en  déclin, les ministres de la famille de l'UE, réunis jeudi à Paris de manière  informelle, sont à la recherche de mesures pour mieux concilier vie  professionnelle et vie familiale et encourager la natalité.  

A l'occasion de la présidence française de l'Union européenne, la secrétaire d'Etat chargée de la famille en France, Nadine Morano a invité ses collègues à  une réunion consacrée, dans la matinée, aux enjeux de la garde d'enfants.  Il s'agit plus d'échanges de bonnes pratiques, puisqu'il n'existe pas de  politique familiale commune, celle-ci ne relevant pas de la compétence de l'UE,  a rappelé Mme Morano en ouverture de la réunion.  

L'Europe est aujourd'hui confrontée aux problèmes du vieillissement de la  population et d'un nécessaire renouvellement de population.  Selon les projections d'Eurostat, l'institut de statistiques européen, plus  de 25% des Européens seront âgés d'au moins 65 ans en 2035, contre 17%  actuellement, et 7,9% de plus de 80 ans.  Après 2015, le taux de mortalité devrait dépasser celui de la natalité, et  l'immigration devrait être le seul facteur de croissance de la population  européenne, a souligné Mme Morano.  

En moyenne, le taux de natalité est de 1,52 enfant par femme dans les pays  de l'Union européenne, la France se distinguant avec un taux de fécondité  frôlant les deux enfants par femme en 2007.  Alors que de plus en plus de femmes travaillent en Europe, les pays  scandinaves se distinguant avec un taux entre 75 et 80% de femmes en emploi,  l'Italie, la Grèce et l'Espagne étant au plus bas (entre 52 et 53%), encourager  la natalité passe par le réglement de la question de la garde des enfants.  

Un Eurobaromètre réalisé en 2006 montre que 29% des hommes et 39% des femmes  âgées de 15 à 39 ans estiment que l'accès à un mode de garde est un des facteurs  "très importants" qui influencent la décision d'avoir un enfant.  Le Conseil européen de 2002 s'était fixé comme objectif, d'ici 2010, la mise  en place dans les Etats membres de structures d'accueil pour 90% des enfants  entre 3 ans et la scolarité obligatoire et pour 33% des moins de 3 ans.

En France, où est prévu de rendre "opposable" le droit à la garde d'enfant  d'ici à 2012, on estime à 320.000 le déficit de places de garde pour les moins  de trois ans.  Parmi les 27 pays de l'UE, le Danemark et la Suède ont les taux de garde  d'enfant les plus performants (respectivement 73% et 53%), selon Eurostat. Puis  viennent des pays comme la Belgique (42%), les Pays-Bas (40%) et l'Espagne  (39%).  

Enfin, un groupe de pays approche les 30% avec la France, en 6e position  (32%), proche du Royaume-Uni (30%), du Portugal (29%) et de la Finlande (27%),  l'Allemange étant au 16e rang et l'Autriche au 22e.  Les aides à la naissance et les congés parentaux sont des outils diversement  utilisés dans l'UE. Les pays scandinaves, mais aussi la République tchèque et le  Royaume-Uni se distinguent par des congés parentaux rémunérés parfois jusqu'à 80  à 100% du salaire.  

En France, le gouvernement étudie une réforme du congé parental, critiqué  notamment par la Cour des comptes dans son dernier rapport pour ses effets  négatifs sur l'emploi des femmes.  L'encouragement à la natalité est d'actualité à Bruxelles : un projet de  directive européenne, initié par le commissaire européen aux Affaires sociales  Vladimir Spidla prévoit de faire passer le congé de maternité de 14 à 18  semaines (il est de 16 semaines en France), avec paiement intégral du salaire.  


MV
mis à jour le 22/09/2008

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