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Maurice BONNET, ancien vice président du CNRPA, présentera en duo avec Jean Philippe VIRIOT DURANDAL la conférence introductive du colloque international de Rouen qui se tiendra ces 8 et 9 octobre.
Jean-Philippe Viriot-Durandal : Maurice Bonnet que pensez-vous de cette rencontre ?
Maurice Bonnet : Je m’en réjouis au sens où le chercheur comme les membres de la société civile ont besoin l’un de l’autre.
Ceci me rappelle les rencontres du CPDG où retraités allaient écouter et débattre avec des philosophes comme Michel Philibert, des démographes comme Paul Paillat, des sociologues comme A.M. Guillemard, des gériatres comme Robert Hugonnet , des économistes comme Michel Frossard.
JPVD : le pouvoir de vieillir et de décider dans la cité n’est-il pas plus virtuel que réel ?
MB : Oui le pouvoir de vieillir et de décider dans la cité est plus virtuel que réel.
Toutes les structures officielles de représentation de personnes âgées, sont marquées du même esprit que celui qui donna naissance au CNRPA, aux CODERPA, à travers les textes de 1982. « La présentation doit conduire à une véritables participations aux décisions…» Bravo, mais sans pour autant conduire à une gérontocratie mi empiéter sur les prérogatives des institutions…
JPVD : Dans votre expérience, avez-vous le souvenir d’un succès des organisations de personnes âgées en France face au décideurs publics ?
MB : Faut-il encore s’entendre sur l’expression organisation de personnes âgées. S’agit t-il des organismes du secteur associatifs s’agit t-il des unions conférales retraites, dont la rivalité neutralise trop souvent , la dynamique d’un pouvoir déjà bien confisqué par les élus locaux. Le seul événement qui en France peut être considéré comme un succès, fut, sous la pressions du CNRPA et des organisations du secteur médico-social, le remplacement de la PSD par l’APA, même si celle-ci n’a pas répondu à la totalité de la demande.
JPVD : Finalement les organisations de retraités peuvent-elles réussir à faire du lobbying efficace seules, sans les grandes organisations professionnelles du secteur. Pouvez-vous parler de l’initiative du livre Noir, puis Blanc sur la dépendance ?
MB : Dans l’état actuel , je ne le pense pas , nous l’avons bien vu avec la bataille menée contre le PSD. Le « Livre Noir » dénonçant le scandale du PSD et le « Livre Blanc » proposant la prise en charge de la perte d’autonomie, quelques soit l’âge dans le cadre de la réussite sociale par la reconnaissance d’un nouveau risque, ont rassemblé, au sein du CNRPA, 25 organisations professionnelles ou généralistes.
Le nouveau collectif « une société pour tout les âges » a voulu reprendre le message de l’Année internationale des personnes âgées et le diffuser auprès des candidats à la Présidence de la République.
Aujourd’hui ayant élaboré de nombreuses fiches techniques sur le cinquième risque, il en diffuse le contenu. Le combat sur sa nécessité fait l’objet de réunions publiques et d'information avec le soutien d’Agevillage.com .
JPVD : Quels sont les principaux enjeux actuels en matière de participation des personnes âgées aux décisions ?
MB : Les enjeux actuels sont bien sûr l’obtention d‘un véritable cinquième risque, et non pas l’erzast que l’on nous prépare.
Autre enjeu : les textes modifiant profondément le CNRPA et les CODERPA. Ils avaient été soumis au Conseil d’Etat, par Paulette Guinchard, alors secrétaire d’Etat aux personnes âgées, mais retirés par le gouvernement qui suivit.
Ces enjeux supposent un rassemblement, le plus large possible, dans lequel les acteurs pourront dépasser leurs corporatismes dans une période où se renforcent les politiques d’Aide Sociale, avec leurs inégalités territoriales.
AdV
mis à jour le 07/10/2008