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Répondre au défi du vieillissement c'est aussi refonder le pacte social selon le Centre d'analyse stratégique

Logement, emploi, santé, sécurité : répondre au défi du vieillissement en améliorant le bien être de tous


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Entre mini baby-boom, maintien de sa population active et papy-boom,  la société française présente des atouts et des vulnérabilités spécifiques. Sans négliger les enseignements de la comparaison avec l’étranger, il s’agit de formuler une réponse originale aux défis du vieillissement dans le cas de la France.
Dans cet objectif, le Centre d’analyse stratégique -CAS-a remis le 6 juillet à Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement numérique, le rapport intitulé « Vivre ensemble plus longtemps : enjeux et opportunités pour l’action publique du vieillissement de la population française ».

Dans un regard transversal les auteurs plutôt que de considérer le vieillissement comme une contrainte l'envisagent comme présentant de nombreuses opportunités et s'attachent à dégager des pistes pour répondre à ce qui devient la question centrale : comment organiser une société dans laquelle les individus  vivront et seront actifs plus longtemps ?
 

Les Français vivent plus longtemps : l’un des enjeux majeurs est qu’ils vieillissent en bonne santé et restent autonomes le plus longtemps possible.
"Actuellement, 7 % des plus de 60 ans sont en perte d'autonomie, en raison d’une maladie invalidante, soit un peu plus d’un million de personnes, dont plus des deux tiers sont atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence. »  précise le rapport.

Ainsi des politiques de prévention du vieillissement supposent d’intervenir très en amont, c’est-à-dire dès le début puis tout au long du cycle de vie, afin d’accompagner les trajectoires Individuelles désormais plus diversifiées et multiples.
Les pouvoirs publics doivent donc proposer des dispositifs souples pour répondre aux besoins individuels et inciter de multiples acteurs à partager cet objectif de prévention. Loin d’être spécifique à la problématique du vieillissement, cette exigence est ici particulièrement forte.

En répondant aux besoins des seniors et des aînés, qu’il s’agisse de niveau de vie, de santé, d’habitat ou de sécurité, les politiques publiques peuvent contribuer à améliorer le bien-être de tous et fonctionner comme un « multiplicateur » de solidarités privées-familiales qui risqueraient sinon de s’épuiser... A condition toutefois de s’organiser, par un « policy mix » inédit (ndlr : combinaison optimale des politiques publiques), en phase avec une société où les individus vivront plus longtemps , affirment les auteurs du rapport du CAS.

Il s’agit d’accompagner les périodes de transition majeures de la vie :  entre l’emploi et la retraite pour les seniors ; entre domicile et entrée en institution pour les plus âgés en perte d’autonomie. L’un des objectifs est de permettre la plus grande continuité possible, pour atténuer les effets de rupture et leurs conséquences individuelles, disent les auteurs.

Le rapport du CAS s’attache à distinguer 3 groupes d’âge au sein de la population des plus de 50 ans.
- les seniors jusqu’à 75 ans. Encore en emploi ou en début de retraite, bien insérés dans la vie sociale et économique. Ils sont en bonne santé, même si des distinctions en termes de catégories sociales mettent en évidence des différences importantes.
- les personnes âgées ou les « aînés » désignent les personnes de 75 ans à 85 ans. Aux alentours de cet âge que la santé se dégrade durablement et des vulnérabilités apparaissent. La vie sociale est parfois moins intense, et des processus de retrait s’observent. Les auteurs distinguent toutefois dans cette tranche d’âge un  « sous-groupe » de personnes qui, malgré la dégradation de leur état de santé, restent autonomes (ce sont ceux qui, dans le langage courant, sont
dites du « troisième âge ».
- le "grand âge" qualifie les plus de  85 ans. Le risque de perte d’autonomie s’accroît alors très fortement, ces personnes deviennent fragiles. 

La première  des 10 principales propositions est d’encourager dans les travaux statistiques et universitaires la référence à des groupes d’âge plus conformes aux réalités actuelles, en différenciant les seniors des personnes âgées avant et après 75 ans.

Les autres propositions tendent à  « composer avec une population active plus âgée, ce qui rendra l’enjeu du maintien de l’emploi de seniors crucial », et de faire face « à un problème de manque de main-d’œuvre pour prendre en charge les “deux dépendances”, celles des personnes âgées et celle des enfants ».

Ainsi le CAS suggère de :
-renforcer l’éducation pour la santé dès le plus jeune âge dans le cadre de la scolarité, notamment par l’apprentissage d’une bonne hygiène de vie ;
-lutter contre les inégalités d’accès à la formation continue tout au long de la carrière par le renforcement des droits à formation, en responsabilisant plus encore l’employeur ;
-responsabiliser davantage encore les entreprises quant à l’amélioration des conditions de travail en réformant le système de couverture des accidents du travail et maladies professionnels  -ATMP- ;
- sensibiliser les PME au « design universel » pour concevoir des produits utilisables facilement par tous, en favorisant la création de centres d’expérimentation afin de vérifier la compatibilité des produits pour les personnes âgées et handicapées ;
-renforcer la coordination des différents responsables sanitaires et sociaux en développant des contractualisations entre acteurs ;
-infléchir la stratégie française en matière de logement en rééquilibrant les efforts entre constructions neuves et réhabilitation du stock de logements existants, et entreprendre un recensement systématique des logements adaptés pour faciliter la mobilité ; 
-engager une réflexion sur un rapprochement des métiers de l’aide aux personnes âgées, aux personnes handicapées et de la petite enfance (formation, création de « passerelles » entre métiers) ;
-sensibiliser les entreprises et les assureurs aux difficultés rencontrées dans le travail ou la vie privée par les aidants familiaux (assouplissements d’horaires, télé-travail, dispositifs d’information, programmes de coordination de soins gériatriques, etc.) ;
-faire des CLIC et des MAIA de véritables guichets uniques en matière d'accompagnement des situation de handicap, de perte d'autonomie, en diversifiant l’information proposée et en améliorant leur accessibilité.

En savoir plus : consulter la synthèse, le rapport et le notes de veille sur le site du Centre d'analyse stratégique

Vivre ensemble plus longtemps rapport du cas à la documentation françaiseVivre ensemble plus longtemps
Enjeux et opportunités pour l'action publique du vieillissement de la population française (n.28-2010)
VIRGINIE GIMBERT, CLELIA GODOT
Centre d'analyse stratégique (CAS) (ex- Commissariat général du plan)

Rapports et documents
La documentation française
Année d'édition : 2010
Réf. : 9782110083241
312 pages, 15x21 cm
ISBN : 978-2-11-008324-1

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