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Le métier d'ergothérapeute analysé par la Fondation Médéric Alzheimer

Une vision moins stigmatisante de la maladie


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Dans le cadre de son travail d'enquête auprès des professionnels qui accompagnent les personnes malades Alzheimer, l'Observatoire de la Fondation Médéric Alzheimer se penche sur le métier d'ergothérapeute, qui se fonde sur la ré-autonomisation, le maintien des activités physiques, psychosociales et
la prévention des complications liées aux pathologies du grand âge.


Après avoir étudié les médecins généralistes et avant les orthophonistes, psychomotriciens et psychologues, la lettre n°19 de l'observatoire restitue les résultats d'une enquête auprès des ergothérapeutes, profession qui s'installe notamment dans les projets de PASA (Pôle d'activités et de soins adaptés) et UHR (Unités d'hébergement renforcée).
Ces professionnels parient sur la mobilisation des capacités restantes des personnes malades, au-delà des difficultés rencontrées. Dans leur édito, Michèle Frémontier et du Dr Aquino notent que ces ergothérapeutes "ne sentent pas toujours reconnus par les autres professionnels". (...) "Écoutons-les nous dire combien les personnes malades s’avèrent être une population « complexe mais passionnante », « aux multiples facettes », mais aussi « attachante », « très enrichissante » sur
le plan professionnel et humain".


Enquête

La Fondation Médéric Alzheimer s'est associée avec l’Association nationale française des ergothérapeutes (ANFE) et l’Association française des ergothérapeutes en gériatrie (AFEG) et a adressé l'enquête à 3 660 ergothérapeutes. 1 495 ont répondu (41 %).

Profils
La profession est très majoritairement féminine (90 %). L' âge moyen des ergothérapeute est 36 ans et demi.
9 sur 10 interviennent comme salarié d'un établissement sanitaire ou médico-social, au sein d'équipes pluridisciplinaires.

Types d'interventions
70 % des répondants à l’enquête sont intervenus auprès de malades Alzheimer, dont 46 % dans la semaine précédant l’enquête.
Chaque ergothérapeute accompagne 10 personnes malades Alzheimer en moyenne.
Un acte d’ergothérapie auprès d’un malade Alzheimer dure en moyenne 70 minutes pour un acte à domicile (aménagement
de l’environnement, prévention des risques de chutes, mise en place d’aides techniques) et 40 minutes pour un acte en établissement (réadaptation cognitive, réadaptation à la mobilité, prévention des risques de chutes.)
L'étude montre que les prescriptions médicales pour ces actes sont jugées insuffisamment explicites par 49 % des ergothérapeutes.

Difficultés rencontrées
95 % des ergothérapeutes disent éprouver des difficultés dans leur pratique auprès des personnes malades Alzheimer (difficultés pour la famille d'accepter la maladie, anosognosie), 59 % pour la prise en charge des aides techniques ou de l’aménagement du domicile (un tiers juge négativement le coût élévé des aides techniques), 50% pour la détermination du plan d’aide à domicile pour la personne malade et 48 % dans les relations avec les autres professionnels intervenant auprès des malades Alzheimer (difficiles coordinations entre professionnels, manques de connaissances partagées sur la maladie).

Propositions
Pour valoriser l'usage des aménagements, Olivier Marousé du réseau Filiéris carmi-est, équipe mobile Alzheimer à Metz regrette "l’absence de démarche spécifique « Alzheimer » pour l’espace sanitaire, la standardisation de la pièce, l’absence d’option d’organisation et de personnalisation".
Catherine Joubert, vice-présidente, chargée de l’exercice professionnel, à l'ANFE, milite pour le renforcement de formations initiales et continuent moins théoriques, à l'approche holistique et la sensibilisation des étudiants à l’impératif accompagnement/formation des aidants. Elle sait qu'il s'agira aux ergothérapeutes de rester innovants (gérontechnologies) dans un contexte où les ressources (financières notamment) seront de plus en plus rares.
Après avoir eu peur et été angoissé à l'idée de travailler avec des malades Alzheimer, l'expérience permet aux regards des ergothérapeutes d'évoluer.
Ils parient sur les capacités restantes, s'ajustent (placent la barre moins haut pour démarrer).
Témoignage : "la violence décrite en formation n’est pas si réelle pour les personnes atteintes de cette maladie. L’approche, l’écoute sont fondamentales. En climat sécurisant la violence n’existe plus, ni les refus alimentaires… »

Accédez à la lettre n°19 de l'Observatoire de la Fondation Médéric Alzheimer


mis à jour le



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