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Après des décennies d'investissement dans l'action curative, la réponse aux besoins d'aide et de soin, il semble que nous changions de paradigme.
La prévention s'installe sur le devant de la scène.
Les premiers médecins, professionnels convaincus de l’intérêt des actions de prévention (éducations thérapeutiques, sensibilisations, aménagemenst de l'environnement, formations...) sont aujourd'hui rejoint par les économistes, financiers qui estiment le retour sur investissement favorable.
Favoriser le lien social, la prévention des chutes, l'aide à la marche (Vivre debout jusqu'au bout), éviter la iatrogénie, accompagner les aidants ... toutes ces actions qui passaient au deuxième plan derrière les actes thérapeutiques directs, trouvent aujourd'hui de fervents défenseurs au plus haut niveau de l'Etat (lancement d'un comité interministériel présidé par le Pr Aquino).
La raison en est simple : face au vieillissement et à la montée en puissance des maladies chroniques (Maladie d'Alzheimer, hypertension, dépression,diabète...), le soin menace d'implosion tous les budgets (les agences de notation menacent).
Seule la prévention est en mesure de canaliser les dépenses.
Concernant les personnes trés âgées ou trés malades, le prendre soin doit être fondé sur les capacités des personnes (et non uniquement leurs pathologies), sur l'éducation des personnes malades et de leurs proches.
L'enjeu est d'éviter à court ou moyen terme des hospitalisations, des recours excessifs aux urgences, une consommation médicamenteuse d'autant plus coûteuse qu'inappropriée.
Cette proposition d'agir sur les capacités restantes est défendue depuis de nombreuses années par de nombreux acteurs professionnels, sociaux, médico-sociaux.
Leurs actions éclatées sur le territoire, n'ont pas suffisamment été structurées, soutenues, fédérées et évaluées pour permettre la publication de résultats opposables. Chacun a tenté de convaincre, d'avancer (Chez Agevillage par exemple, nous proposons un DVD destiné aux aidants de personnes malades Alzheimer sur l'approche Humanitude).
Le Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance Maladie (HCAAM) a déjà estimé en 2011 à 3 milliards d'euros les économies potentielles d'une meilleure gouvernance du prendre soin (filières coordonnées de l'évaluation au plan d'aides, suivi, préventions).
Ce nouveau cap vers la prévention va influencer les politiques publiques, les budgets, les tarifications, les réponses, les offres, les métiers, les formations. A condition d'aller vite et de manière coordonnée.
Beaucoup de sujets à suivre chaque semaine !
Annie de Vivie, fondatrice d'Agevillage.com
mis à jour le 06/02/2012
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Vos réactions
2 réactions affichées dans cet article
Annie de Vivie, fondatrice d'Agevillage.com : Filières et prévention
Votre commentaire est absolument juste. Je parle très régulièrement de la nécessité des filières gériatriques et gérontologiques (Cf. rapport de l'HCAAM ou expérience des 27 filières de l'ARS du Rhône). Aussi ai-je mis ici accent sur la prévention au sens large (évaluation, accompagnements, soutiens, informations...). Merci de votre vigilance.
le 07/02/2012 à 16:02
Commentaire modéré par l'administration du site 07/02/2012 à 16:02
Edouard : Prévention
Il est totalement faux de penser que la seule prévention va permettre d'économiser les dépenses de santé. Dans les faits, la prévention déplace les dépenses car elle passe souvent par des examens faits en masse afin de détecter d'éventuels individus porteurs de telle ou telle pathologie. C'est le cas de la maladie d'Alzheimer. En effet, le diagnostic précoce permettra éventuellement de détecter une partie des individus présentant les premiers symptomes de la maladie mais 80% ou plus des personnes, qui auront fait ce diagnostic (qui a un cout certain), n'auront pas ces symptomes. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas aller vers la prévention, au contraire car elle permet de gagner en années de meilleure vie pour un certain nombre de personnes pour lesquelles on détecte des maladies comme le cancer...Mais dire que cela fait économiser, non ce n'est pas vrai. Pour réellement économiser, il faut repenser la fillière sanitaire et sociale pour qu'elle soit unique et correctement organisée (voir le rapport Igas sur la question).
le 07/02/2012 à 10:02
Commentaire modéré par l'administration du site 07/02/2012 à 11:02
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