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Personnes âgées : A Lyon, le labrador Eliott joue les "cabothérapeutes" dans un hôpital gériatrique

Apaiser les malades Alzheimer


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Connu pour son rôle de compagnon dans les maisons de retraite, le chien a fait son entrée dans un hôpital gériatrique de Lyon où le labrador Eliott joue les "cabothérapeutes" en participant aux exercices de kinésithérapie de victimes d'AVC ou en apaisant les malades d'Alzheimer.

Réformé de l'école de chiens d'aveugles "parce qu'il avait peur des camions dans la rue", Eliott, trois ans, est arrivé en septembre 2011 à l'Unité neuro-vasculaire de la personne âgée (UNV) de l'hôpital gériatrique des Charpennes à Lyon. Un service de rééducation neurologique "unique" en France, créé il y a près d'un an, où ce chien va connaître une "deuxième carrière", selon le professeur Pierre Krolac-Salmon, médecin-chef de l'hôpital.

"L'idée a émergé avec l'expérience bénéfique pour les patients de chiens d'aveugles venant leur rendre visite à l'hôpital. On a alors construit le projet d'avoir un chien à demeure participant à des ateliers avec des patients atteints de troubles cognitifs" ou troubles de la mémoire, a-t-il expliqué. "Mais ce qui est plus original et innovant", souligne le neurologue, "c'est le travail du chien dans les exercices de rééducation de personnes âgées, après un accident vasculaire cérébral (AVC)".

Utilisée depuis plus de 20 ans aux Etats-Unis et au Canada, la "zoothérapie", méthode utilisant la présence d'un animal, souvent un chien, pour améliorer la santé mentale ou physique d'un patient reste peu répandue en France. "C'est l'animation en maison de retraite qui est beaucoup plus développée", note le neurologue.

A raison de deux ateliers d'une heure trente matin et soir, Eliott, devenu la "mascotte de l'hôpital", assiste ergothérapeutes et kinésithérapeutes.
Victime d'un AVC dans l'hémisphère droit après une chute fin 2011, Andrée, 79 ans, avait perdu la motricité et la sensibilité de ses membres gauches et ne pouvait plus "se repérer dans l'espace".

La présence d'Eliott, trois fois par semaine, lors de ses exercices de rééducation lui permet "d'élargir son champ de vision et de ne plus rester concentrée sur elle-même", explique le kinésithérapeute Philippe Bonnet. Le regard est le premier sens qui permet l'ouverture vers l'extérieur. Au début, elle se concentre sur le chien pour le suivre et après, ce sera sur l'environnement", ajoute-t-il.

Obéissant aux ordres du thérapeute, Eliott se déplace de gauche àouvrir le champ et élargir la vision périphérique" droite pour " de l'octogénaire, appuyée sur sa canne. "Au début je peinais pour marcher, mais Eliott m'aide, il y a une différence avec lui", assure celle-ci, reconnaissante. ébutée il y a six mois, cette "expérimentation" en est encore "aux balbutiements", souligne M. Bonnet, selon lequel "c'est une rééducation très spécifique qui ne doit pas se substituer aux autres, mais c'est très prometteur par les résultats et par l'intérêt des patients".

Souvent "déprimés" à la suite d'un AVC, nombre de patients âgés qui "refusaient la rééducation, l'acceptent avec le chien", note le professeur Krolak-Salmon, pour qui sa présence est un "énorme facteur de motivation". Désormais son objectif pour début 2013 est de démontrer les bénéfices de la thérapie au moyen d'une étude clinique sur deux groupes de patients, l'un exposé au chien et l'autre non.

Autre mission d'Eliott : apaiser les malades d'Alzheimer atteints de troubles du comportement "débutants". "On a remarqué que la présence de l'animal apaise les éventuelles tensions et est un facteur de motivation de soins", observe le Pr Krolak-Salmon. Au point de "rendre le sourire à pas mal de soignants".


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