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Développement en France du programme « villes et communautés amies des aînés » porté par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Pierre-Marie CHAPON, Directeur de la recherche au sein du pôle médico-social d'ICADE a été nommé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) référant (network facilitator) pour la France. Il revient sur l’objectif du programme international « Villes et communautés amies des aînés », explique l’aspect systémique de la démarche et l’implication des personnes concernées qui la caractérise, fait le point sur l'avancée du programme en France et définit son objectif.
Identifier et mutualiser les expériences d’amélioration de la vie des aînés dans la cité. La démarche « villes amies des aînés » est née en 2005 lors d’un congrès mondial à Rio de Janeiro. L’OMS a décidé alors de lancer une vaste enquête visant à documenter, tant dans les pays développés que dans ceux en voie de développement, de manière transversale et globale de ce qu’est une « ville amie des aînés » pour ensuite tirer de ces diverses expériences des éléments pour améliorer concrètement la vie de nos aînés.
En 2006-2007, 33 villes dans 22 pays ont participé à une grande recherche afin de mettre en œuvre un protocole commun : le protocole de Vancouver, aujourd'hui utilisé partout dans le monde.
Une approche systémique. La particularité première de la démarche « villes amies des aînés » est de s’intéresser à la fois à l’environnement bâti et à l’environnement social, ce qui permet d’identifier les besoins des aînés selon un spectre beaucoup plus large et complet, tout en les impliquant eux-mêmes ainsi que ceux et celles qui leur offre du soutien (proches aidants) et des services (fournisseurs).
Une autre particularité du programme est la participation marquée des aînés aux diverses étapes du programme : audit urbain, mise en place d’indicateurs et évaluation des politiques mises en œuvre.
Une logique de prévention qui intègre toute la population. Il s’agit de bâtir des villes adaptées aux besoins des aînés avec les aînés mais au-delà de cela, des villes amies de tous. Non stigmatisant, ce programme prône le vieillissement actif, c'est-à-dire « un processus consistant à optimiser les possibilités de bonne santé, de participation et de sécurité afin d’accroître la qualité de la vie pendant la vieillesse. Cela implique de rentrer dans une logique de prévention : dès le plus jeune âge (lutte contre l’obésité dès l’école primaire par exemple ou contre le tabagisme), dans la conception de nos villes et de l’habitat : rappelons qu'en France seulement 6% du parc de logements est adapté aux personnes âgées fragiles et ¼ des établissements pour personnes âgées ne sont pas desservies par des lignes de transport en commun.
La prévention, c’est aussi maintenir le commerce de proximité, le tissu associatif et les liens qui unissent les gens. C’est aussi du bon sens : pourquoi avoir des bus totalement accessibles si le chauffeur démarre immédiatement avant même que des personnes âgées fragiles aient pu s’asseoir ? Pourquoi afficher des horaires de bus s’ils sont écrits trop petits pour qu’on puisse les lire ? Beaucoup d’actions relèvent du bon sens, sont simples et surtout sont peu couteuses à mettre en œuvre.
Un processus qui comprend trois grandes étapes : un audit urbain réalisé avec les aînés, un plan d'actions découlant des résultats obtenus et une mise en œuvre de politiques concrètement sur le terrain. L'ensemble des actions engagées sont évaluées avec les aînés en lien avec l'Organisation Mondiale de la Santé.
Des villes comme New-York, engagées très tôt dans le programme ont des résultats significatifs. Michael Bloomberg, maire de cette métropole de 9 millions d'habitants s'est assuré que l'ensemble des services prenaient la question au sérieux. Il a créé une commission « amie des aînés » chargée de superviser l'avancement des réalisations en vérifiant que ce qui avait été promis a bien été mis en place. On est clairement face à un nouveau paradigme. Cependant, les villes ne sont qu'un maillon d'où l'importance qu'elles impulsent ce nouveau souffle auprès d'autres acteurs locaux (conseils généraux, syndicats de transports....) mais aussi l'Etat (via notamment les agences régionales de santé).
Chaque ville peut agir quelque soit sa taille. Ainsi, Limonest (69) est officiellement dans le réseau et ne compte pourtant que 3000 habitants.
Des villes françaises engagées dans la démarche. Lyon, Dijon, Besançon, Nice, Quimper, Angers, Limonest, Charleville Mezières pour n'en citer que quelques unes sans oublier les villes inscrites au « label bien vieillir vivre ensemble » lancé sous l'ancienne mandature et qui a suscité quelques incompréhensions : le programme « villes amies des aînés » n'est pas un label, c'est une démarche basée sur l'échange entre les villes du réseau. Notre volonté est d'inciter ces villes a rejoindre le réseau et à s'engager réellement dans un véritable projet et non de donner un diplôme a accrocher sur un mûr....
Accompagner en France les villes qui souhaitent se lancer dans cette belle aventure quelque soit leur taille. Tel est mon objectif, en lien avec l’Organisation Mondiale de la Santé mais aussi avec « l'association francophone des villes amies des aînés » porté par Dijon, Lyon et Besançon. Ma volonté est aussi de convaincre de nouvelles villes nouvelles, ce qui implique d’informer, de débattre, de prouver l’intérêt et de sensibiliser le grand public au programme. Je souhaite également que le gouvernement prenne connaissance et soutienne cette action tout en en laissant naturellement l'initiative aux villes et municipalités.
Pierre-Marie Chapon, directeur de la recherche au sein du pôle médico-social d'ICADE
mis à jour le 11/06/2012
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