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L’aptitude à comprendre et gérer ses problèmes de santé et à prendre les décisions qui s’imposent est considérée par les autorités de santé et par l’OMS comme un déterminant primordial pour la santé de la population. En effet, une mauvaise information dans ce domaine est associée à un plus faible recours aux services de prévention et un risque d’hospitalisation plus élevé.
Des investigateurs britanniques se sont intéressés aux conséquences d’un faible niveau de connaissance et de compréhension des informations de santé sur le risque de mortalité chez les seniors.
Les participants à l’Etude Britannique Longitudinale sur le Vieillissement ont été suivis de 2004 à fin 2009. Parmi les 7 857 sujets représentatifs de la population anglaise qui vivaient encore au moins 12 mois après la consultation initiale, 1 943 avaient entre 70 et 79 ans et 837 avaient 80 ans ou plus.
Leur aptitude à comprendre les messages de santé avait été évaluée sur la base de 4 questions portant sur une notice de boîte d’aspirine. Globalement, 982 personnes avaient un score de compréhension très faible, niveau qui était associé à un âge avancé et un faible niveau socio-économique.
Un tiers des plus de 65 ans avait des difficultés à comprendre les informations contenues dans la notice et la moitié des plus de 80 ans était incapable de répondre correctement aux 4 questions posées.
La prévalence des maladies chroniques était particulièrement élevée chez les sujets dont le niveau de compréhension était le plus faible.
Au cours du suivi, 621 décès ont été recensés. Après prise en compte du niveau socioéconomique, des maladies chroniques éventuelles, de la consommation de tabac et d’alcool ainsi que de l’activité physique, une faible aptitude à comprendre les informations sur la santé était associée à une augmentation de 40% du risque de mortalité.
Après ajustement sur les performances cognitives globales, cette majoration du risque était encore de 26%.
Devenir acteur de sa santé nécessite un minimum de connaissances ou d’aptitudes à comprendre les messages qui peuvent être délivrés dans les médias. Paradoxalement, les personnes les plus concernées par les campagnes de prévention sont probablement celles qui sont les moins à même de les comprendre.
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt (publ. juin 2012)
Références : Bostock S et al. Brit Med J. 2012;344:e1602.
Successful aging
mis à jour le 07/08/2012
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Vos réactions
1 réaction affichée dans cet article
dissociation
Merci de nous faire connaitre cette intéressante publication dont on trouvera l'intégralité à l'adresse :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3307807/pdf/bmj.e1602.pdf
J’ai retenu, entre autres, la dissocition possible entre cognition globale et capacité à lire des consignes concernant la santé. Encore une leçon de modestie quant à notre compréhension des troubles cognitifs. Donc prudence avant de décider de l’incapacité décisionnelle dans tel ou tel domaine en se fondant sur des évaluations globales.
07/08/2012 10:08 par bpradines