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Tribunes du Docteur Bernard Pradines

Trop de psychotropes en Ehpad : haro sur le prescripteur


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Bernard PradinesAPM publie le 1er avril 2014 un communiqué relatif aux psychotropes en EHPAD, soulignant leur utilisation plus fréquente en établissement qu’à domicile.
 
Un fois de plus, il est facile de dénoncer cette situation  quand on connait le "biais de recrutement" des patients hébergés et soignés dans les établissements. 
 
Devoir quitter son domicile et son environnement humain et matériel joue certainement un rôle. 
 
De leur côté, les qualités hébergement ne sont pas innocentes : quand on sait avant tout, parfois seulement, mettre des grillages et des digicodes, il ne faut pas trop s'étonner de ces résultats. 
De plus, un euphémisme ou plutôt un truisme est de constater que la formation des médecins à la Psychogériatrie laisse à désirer. 
Ajoutons une couche : même avec un long cursus en Psychogériatrie, le succès n'est pas assuré; mieux, même avec une offre encore cachectique et pourtant indispensable de thérapies non-médicamenteuses, l’apaisement des personnes anxieuses n'est pas garanti dans tous les cas.
Sans évoquer la formation des personnels : il vaut mieux ne pas en parler. Ou plutôt si : quand ils peuvent suivre une telle formation, souvent squelettique, il leur arrive de récupérer d'une fatigue insondable liée à la pénibilité de leur tâche. 
 
N'oublions pas aussi que les recommandations du type HAS sont écrites par des professionnels qui ne sont pas forcément confrontés à des situations de ce type et qui peuvent, lors d’une consultation ou d'une hospitalisation, "nettoyer" une ordonnance sans mesurer les effets à long terme de cette mesure "salutaire". Il s'agit ici d'un problème mal connu.
Dans un autre domaine de la gériatrie, nous constatons aussi ce genre de difficultés : l’enseignement des soins palliatifs se fait très souvent à partir des Unités de Soins Palliatifs qui regroupent des cas "difficiles" de patients généralement plus jeunes et souffrant de pathologies différentes. En USP, ce sont plutôt des cancers. En EHPAD, des démences et/ou une polypathologie. Attention aussi à la multiplication des recommandations entre les agences (doublons éventuels) et les sociétés savantes.
 
Bien sûr nous n'oublierons pas la demande pressante des patients eux-mêmes, terrorisés à l'idée de passer une nuit blanche parce que le "docteur d'ici" a enlevé ou simplement diminué le "cachet pour dormir". Sans omettre la pression des familles qui ne comprennent pas toujours le moindre allègement du traitement médicamenteux pour "calmer maman" à moins que maman ne devienne "assommée", condition favorable à une diminution d'une prescription trop généreuse. 
 
Enfin, comment ne pas entendre la détresse des personnels de nuit lorsqu’une personne crie longuement, ce qui réveille et surtout angoisse tout un étage ?
 
Aussi, j’appelle les donneurs de leçon à davantage de modestie et à s’interroger sur le rôle de bouc émissaire que pourraient jouer les prescripteurs dans la culpabilité collective qui nous habite. 
 
Il y a mieux à faire, positivement, pour améliorer la condition de nos aînés qui souffrent de troubles démentiels.
 
Pour aller plus loin :
www.geriatrie-albi.fr
Twitter : @BernardPRADINES
Blog : http://free.geriatrics.overblog.com/


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Bernard Pradines, gériatre français en retraite, ayant exercé dans le service de Soins de Longue Durée du Centre Hospitalier d'Albi de 1991 à 2010 répond à vos interrogations.



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Vos réactions

guillet

15/09/2015 09:09

Medecin coordonnateur


je confirme les propos de b pradines suite à l etude faite en 2013 pour mon memoire de capacite sur la fin de vie . plutot que promulguer une nouvelle loi il aurait ete plus judicieux de faire connaitre la loi de 2005 et mettre en oeuvre son application à tous les niveaux de prise en charge



fl

11/09/2015 18:09

BEAU TEXTE


très beau texte de Bernard Pradines à la fois explicatif et engagé



Constance

13/09/2014 08:09

L'Arche de Noé


Travaillant au sein d'un SSIAD, pas besoin de sortir de Polytechnique pour déduire l'importance des animaux de compagnie présents au domicile des personnes âgées.
Les choses, il est vrai se compliquent quand une personne âgée rentre en EHPAD.
La question de l'animal de compagnie en EHPAD renvoie inéluctablement à la question du degré d'autonomie de son propriétaire, en d'autres termes peut- elle s'occuper de son animal?
Quelle(s) articulation(s) une structure peut- elle mettre en place pour suppléer le jour où cela devient nécessaire le degré de dépendance de son maître? Une conviction. Une structure ne peut en aucun cas demander à deux catégories de salariés (Agents/ AS) de prendre en charge seuls, les problèmes éventuels d'hygiène que la présence des animaux engendrerait.



antilope

04/07/2014 11:07

ehpad(suite)


Pour faire suite a mon commentaire :je viens de lire sur mon journal quotidien
ETUDE MINISTERIELLE : 160 000 poste seront créés (aide à domicile ) hausse de 2,6% par an....
Nous ne sommes peut être pas encore prêt pour la disparition des ehpad ,mais on y va !!!! Donnons le choix aux familles ,en leur apportant plus d'aide pour le maintien au domicile ..... Mettre la loi en application ; consentement de la personne même sous tutelle pour l'entrée en établissement( loi de 2009 )!!!!



antilope

01/07/2014 15:07

ehpad


Je me trompe peut être ! Mais si 80% des plus de 80 ans sont en bonne santé ! 20% ont des pathologies plus où moins grave ! Sur ces 20% = 10% sont dans des établissements , 10% à domicile ! Il suffirait de permettre en donnant des moyens pour plus de maintient au domicile, et les ehpad se videront. EHPAD hors murs !!!! Dans le département où je suis , des ehpad ont des places libres .... Pourquoi ne pas reconnaitre comme famille d'accueil un enfant qui prendrait un parent chez lui ?




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