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Tribunes du Docteur Bernard Pradines

A la réforme : l'atrophie des soins de longue durée en France expliquée aux nuls - Tribune de Bernard Pradines


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Bernard Pradines

C’est ainsi que l’on pourrait décrire la situation des unités de soins de longue durée (USLD, ex-longs séjours) en France. Dans leur quasi-totalité hospitaliers publics, ces services prétentieux avaient l’audace de représenter, au début des années 2000, plus de 17 % des lits d’hôpital en France, qu’ils soient publics, privés ou relevant du secteur psychiatrique.

De plus, offense supplémentaire, avant toute étude de terrain, ils étaient réputés héberger les mêmes résidents que les maisons de retraite devenant désormais établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Affront  inadmissible : ils étaient moins mal lotis en personnel que ces dernières. Une infirmière était le plus souvent présente la nuit et un plateau technique se trouvait presque toujours à proximité.

Comme l’on ne pouvait pas se départir d’une approche ancienne de la vieillesse, il fallait réunir tout le monde dans un grand secteur médico-social sans avoir pris la peine de comprendre que l’évolution était désormais médico-sociétale.

De plus ils avaient eu le culot d’échapper à la nouvelle névrose obsessionnelle collective : celle des évaluations dont on sait à quel point elles humanisent l’ensemble des activités sociales par leur capacité d’optimisation et de rentabilisation des productions des biens et des services.

Mal leur en prit : ils furent d’abord débaptisés : unités au lieu de services. Certes une enquête montrait à l’évidence que les patients « hospitalo-requérants » existaient bel et bien. Ils se trouvaient mal répartis entre une minorité déjà présente en SLD et une majorité hébergée en maison de retraite. L’ensemble équivalait au nombre de lits existants en SLD; il eut donc fallu inciter les uns et les autres à rejoindre la structure la mieux adaptée à leur état de dépendance et surtout à leur état de santé.

Que nenni. Dans un grand élan réducteur, le nombre de lits a fondu comme neige au soleil pour n’en laisser persister environ que 36 %. Plus grave : ce sont des services entiers qui ont disparu, donc un accès de proximité devenu impossible à de nombreuses familles et proches.

Mais ces services ingrats ont encore joué le pire des tours à leurs meurtriers : leur cadavre bouge encore.

C’est ainsi que l’on a besoin d’eux pour créer des unités d’hébergement renforcé (UHR) qui peuvent apparaître rédhibitoires pour un EHPAD. Mais aussi pour éviter des hospitalisations répétées à partir des EHPAD. Ainsi, le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) de 2011 s’interroge ingénument :

« Faudra-t-il à terme recréer des places d’USLD ou médicaliser davantage les EHPAD pour éviter de ré-hospitaliser certains patients ? »

Ne faites pas comme moi : ne riez pas. Ayons certes pitié de nos concitoyens âgés dont l’orientation et les soins ont ainsi été pervertis. Soyons magnanimes : ayons aussi une pensée pour ceux qui se sont trompés aussi lourdement, fidèles exécutants fournisseurs d’outils d’évaluation ou administratifs obéissants n’ayant pas compris le sens caché du mot « réforme ». 

Bernard Pradines, spécialiste en gériatrie, formateur, 17 février 2012


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Bernard Pradines, gériatre français en retraite, ayant exercé dans le service de Soins de Longue Durée du Centre Hospitalier d'Albi de 1991 à 2010 répond à vos interrogations.



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Vos réactions

guillet

15/09/2015 09:09

Medecin coordonnateur


je confirme les propos de b pradines suite à l etude faite en 2013 pour mon memoire de capacite sur la fin de vie . plutot que promulguer une nouvelle loi il aurait ete plus judicieux de faire connaitre la loi de 2005 et mettre en oeuvre son application à tous les niveaux de prise en charge



fl

11/09/2015 18:09

BEAU TEXTE


très beau texte de Bernard Pradines à la fois explicatif et engagé



Constance

13/09/2014 08:09

L'Arche de Noé


Travaillant au sein d'un SSIAD, pas besoin de sortir de Polytechnique pour déduire l'importance des animaux de compagnie présents au domicile des personnes âgées.
Les choses, il est vrai se compliquent quand une personne âgée rentre en EHPAD.
La question de l'animal de compagnie en EHPAD renvoie inéluctablement à la question du degré d'autonomie de son propriétaire, en d'autres termes peut- elle s'occuper de son animal?
Quelle(s) articulation(s) une structure peut- elle mettre en place pour suppléer le jour où cela devient nécessaire le degré de dépendance de son maître? Une conviction. Une structure ne peut en aucun cas demander à deux catégories de salariés (Agents/ AS) de prendre en charge seuls, les problèmes éventuels d'hygiène que la présence des animaux engendrerait.



antilope

04/07/2014 11:07

ehpad(suite)


Pour faire suite a mon commentaire :je viens de lire sur mon journal quotidien
ETUDE MINISTERIELLE : 160 000 poste seront créés (aide à domicile ) hausse de 2,6% par an....
Nous ne sommes peut être pas encore prêt pour la disparition des ehpad ,mais on y va !!!! Donnons le choix aux familles ,en leur apportant plus d'aide pour le maintien au domicile ..... Mettre la loi en application ; consentement de la personne même sous tutelle pour l'entrée en établissement( loi de 2009 )!!!!



antilope

01/07/2014 15:07

ehpad


Je me trompe peut être ! Mais si 80% des plus de 80 ans sont en bonne santé ! 20% ont des pathologies plus où moins grave ! Sur ces 20% = 10% sont dans des établissements , 10% à domicile ! Il suffirait de permettre en donnant des moyens pour plus de maintient au domicile, et les ehpad se videront. EHPAD hors murs !!!! Dans le département où je suis , des ehpad ont des places libres .... Pourquoi ne pas reconnaitre comme famille d'accueil un enfant qui prendrait un parent chez lui ?




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