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Tribunes du Docteur Bernard Pradines

Du rôle du vécu et des idées ou l'impossible neutralité.


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Bernard PradinesLe sujet des personnes âgées est le plus souvent abordé sans que le vécu et l’expérience de celui qui l’évoque soient connus. Pour paraphraser Michel Onfray qui s’exprime dans le domaine de la philosophie, la connaissance de ces éléments est indispensable pour comprendre le point de vue de celui qui émet une appréciation.

Cette considération pourrait s’appliquer aussi à celui qui écoute. Je suis frappé par l’écho de mes paroles auprès de ceux qui me font l’honneur d’assister à mes formations ou conférences. A la fin des exposés, c’est presque toujours leur vécu personnel qui est évoqué et plus particulièrement celui concernant leur propre famille.
L’une me dit : « vous avez parlé de Maman (sic)». L’autre : « vous n’avez pas parlé du cas de Papa ». Une autre enfin : « mon mari a présenté les signes que vous avez décrits ». Ce genre de considérations ne s’observe pas que dans le public non-médical mais aussi dans celui des soignants.

Ainsi pourrait être formulée cette hypothèse : tout soignant est avant tout une personne concernée personnellement par l’accompagnement des personnes âgées. Tel soignant aura accompagné une grand-mère atteinte par une maladie cardio-vasculaire, telle autre par un cancer ou par une démence. Or, les situations rencontrées dans le cadre professionnel sont elles aussi fort différentes. De là à penser qu’un risque mal connu guette les soignants, il n’y a qu’un pas qui peut être franchi en reformulant ainsi cette hypothèse : tout soignant court le risque de la projection de son vécu sur les personnes dont il s’occupe dans le cadre professionnel.

Si l’on admet que chaque patient ou résident et sa famille requièrent une attitude personnalisée, il ne faudra pas s’étonner de la difficulté du processus d’empathie et de l’impérieuse nécessité de l’introspection pour une démarche bénéfique.

Par exemple, les croyances religieuses du soignant, pourtant déterminantes au même titre que d’autres éléments culturels tels que les idées politiques, sont encore soigneusement évacuées au nom de la laïcité et d’une supposée neutralité soignante qui n’existe pas en pratique. L’illusion de « laisser ses idées au vestiaire » perdure. Ce serait un progrès que de démystifier cette situation.

En conclusion, le « connais-toi toi-même » socratique reste plus que jamais d’actualité quand il s’agit d’accompagner nos ainés qui ne sont plus seulement, comme naguère, ceux de notre famille.


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Modérateur :
Bernard Pradines, gériatre français en retraite, ayant exercé dans le service de Soins de Longue Durée du Centre Hospitalier d'Albi de 1991 à 2010 répond à vos interrogations.



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Vos réactions

guillet

15/09/2015 09:09

Medecin coordonnateur


je confirme les propos de b pradines suite à l etude faite en 2013 pour mon memoire de capacite sur la fin de vie . plutot que promulguer une nouvelle loi il aurait ete plus judicieux de faire connaitre la loi de 2005 et mettre en oeuvre son application à tous les niveaux de prise en charge



fl

11/09/2015 18:09

BEAU TEXTE


très beau texte de Bernard Pradines à la fois explicatif et engagé



Constance

13/09/2014 08:09

L'Arche de Noé


Travaillant au sein d'un SSIAD, pas besoin de sortir de Polytechnique pour déduire l'importance des animaux de compagnie présents au domicile des personnes âgées.
Les choses, il est vrai se compliquent quand une personne âgée rentre en EHPAD.
La question de l'animal de compagnie en EHPAD renvoie inéluctablement à la question du degré d'autonomie de son propriétaire, en d'autres termes peut- elle s'occuper de son animal?
Quelle(s) articulation(s) une structure peut- elle mettre en place pour suppléer le jour où cela devient nécessaire le degré de dépendance de son maître? Une conviction. Une structure ne peut en aucun cas demander à deux catégories de salariés (Agents/ AS) de prendre en charge seuls, les problèmes éventuels d'hygiène que la présence des animaux engendrerait.



antilope

04/07/2014 11:07

ehpad(suite)


Pour faire suite a mon commentaire :je viens de lire sur mon journal quotidien
ETUDE MINISTERIELLE : 160 000 poste seront créés (aide à domicile ) hausse de 2,6% par an....
Nous ne sommes peut être pas encore prêt pour la disparition des ehpad ,mais on y va !!!! Donnons le choix aux familles ,en leur apportant plus d'aide pour le maintien au domicile ..... Mettre la loi en application ; consentement de la personne même sous tutelle pour l'entrée en établissement( loi de 2009 )!!!!



antilope

01/07/2014 15:07

ehpad


Je me trompe peut être ! Mais si 80% des plus de 80 ans sont en bonne santé ! 20% ont des pathologies plus où moins grave ! Sur ces 20% = 10% sont dans des établissements , 10% à domicile ! Il suffirait de permettre en donnant des moyens pour plus de maintient au domicile, et les ehpad se videront. EHPAD hors murs !!!! Dans le département où je suis , des ehpad ont des places libres .... Pourquoi ne pas reconnaitre comme famille d'accueil un enfant qui prendrait un parent chez lui ?




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