AGEVILLAGE

Comment devient-on directeur d'établissement ?

Le témoignage d’une résidente

Anne a quitté son appartement de Grenoble pour une résidence voici déjà deux ans. Elle dépend des autres pour accomplir les gestes quotidiens, mais pas pour réfléchir et s’exprimer."La vieillesse est un temps difficile. On avance sur un chemin incertain où l’on perd sans cesse quelque chose : l’allure, la santé, la mémoire, nos savoir-faire et beaucoup de compagnons irremplaçables. J’ai quitté mon chez-moi pour entrer en maison de retraite car je ne pouvais plus rien faire seule. Si on n’y entre pas de bon cœur, c’est invivable. Il faut les comprendre ces pauvres vieuxdont les enfants ont décidé à leur place. La communauté nécessite beaucoup de souplesse. Mais le plus redoutable, c’est la dévitalisation de la vie. « Ne mangez pas ça, c’est mauvais pour votre diabète, ne sortez pas, il fait trop froid, ou trop chaud ou vous risquez de tomber, ne faites pas la sieste, vous ne dormirez pas cette nuit… » Quand on arrive aux dernières années d’une vie bien remplie, est-on désireux d’ajouter des jours à la vie ou de la vie aux jours ? Moi, je préfère la seconde formule et je n’admets pas que quelqu’un, fut-il médecin ou directeur d’une maison de retraite, me fasse vivre petitement pour vivre plus longtemps. Compter ses pas en espérant échapper à la mort à mon âge, 88 ans, car c’est bien de cela qu’il s’agit, et, de petit moment en petit moment, secroire immortel ? Non merci.Mes jambes ne marchent plus mais mon cerveau réfléchit et mon cœur est sensible. Je ne suis pas une enfant à qui l’on peut dire : - alors, elle a fait son pipi, la mamie ? Je suis la mieux placée pour parler des conditions de vie qui meconviennent. Je ne suis pas un lit, comme le dit l’administration, mais une personne. Toute ma vie, j’ai été mère de famille, j’ai entretenu notre maison, habillé, nourri, élevé nos enfants. Ici, des personnes sont payées pour faire tout ce que je sais faire et, moi, on me fait chanter ou jouer aux dés. Pouvez-vous imaginer ce que je ressens ? Mon entrée en maison de retraite ne doit pas être synonyme d’enfermement et de renoncement. Quand j’étais jeune, je menais ma vie. Il n’y a pas de raison de nous laisser mener à cause de notre âge. Mais nous, les résidents, encore faut-il que nous bougions plutôt que de faire le mur des lamentations. Certes les maisons font vivre leurs résidents mais nous, les résidents, avons le devoir de faire vivre nos maisons."


Agevillage
mis à jour le 15/01/2007

imprimer l'article envoyer l'article

Lire le reste de l'article :

1)
2) Etre compétent un jour n’est pas l’être toujours
3) Le CAFDES
4) Le témoignage d’une directrice
6) Directeur : fiche de poste


Retour vers la liste des articles pour le dossier : Formations - Métiers