AGEVILLAGE
Archives Dossiers Chroniques
imprimer l'article envoyer l'article

Chronique MSA

L’avenir des petites unités de vie : les MARPA dépendent des décideurs politiques locaux

La Mutualité Sociale Agricole forte de ses quatre millions d’adhérents, est très tôt devenue un laboratoire sur les questions de la gérontologie, par simple nécessité au vu des besoins d’une proportion importante de ses allocataires retraités. De la naissance à leur mort, la MSA leur offre à partir d’un guichet unique des solutions pour leur vie professionnelle, familiale, sociale, leur santé…. La philosophie de la MSA n’a pas été de servir uniquement des prestations sociales mais le régime agricole s’est engagée dans une véritable « action sociale » professionnelle et de proximité (1100 travailleurs sociaux aujourd’hui) .Une logique d’offre couplée à celle des prestations a toujours été active :

  • Soutien des Aînés Ruraux
  • Plan d’action contre la dépendance, avec le programme Pak Eureka : stimulations mémoire, conférences…, l’aide au maintien à domicile ou au maintien de la personne dans son milieu de vie avec la télé assistance (Présence Verte), création des MARPA : Maison d’accueil rurale pour personnes âgées
  • Depuis 2003 : le programme « Senior, soyez acteurs de votre santé »: agenda pratique et quotidien rappelant des conseils, conférences : nutrition, santé, gestion des médicaments…
  • Des petites unités de vie : les MARPA peu chères pour les acteurs politiques locaux

    Aujourd’hui 115 MARPA jalonnent le territoire, 50 projets sont lancés.Le succès d’estime a été souligné par le ministre Jean-François Mattei qui est venu étudier le fonctionnement des offres de la MSA à Bordeaux fin février 2004 et le docteur Corvez, de ce même cabinet Mattei, qui qualifie ces MARPA de proposition d’établissement « non hypocrite » pour personne âgée : ces établissements demeurent de véritables lieux de vie, jusque la fin. Historiquement, les MARPA ne pouvaient être que des petites unités de vie étant donnée la faible population en milieu rural. Mais la responsabilisation des usagers et des acteurs locaux fait totalement partie du concept.Une MARPA ne se lance que sur demande des acteurs d’un territoire. Ceux-ci connaissent alors parfaitement les aspirations, les profils des personnes âgées du territoire concerné (surtout des veuves des retraités agricoles aux faibles ressources…). Ils connaissent les réponses détaillées du réseau de prise en charge actuel : association de service à domicile, SSIAD, HAD…Ainsi le label MARPA, car toute petite unité de vie n’est pas une MARPA, repose donc sur une méthodologie de projet rigoureuse, maîtrisée par les services de la MSA.Cette logique de réseaux est ainsi complétée d’une recherche de partenaires financiers qui vont investir et diminuer le coût de l’hébergement.Le maintien de l’autonomie de la personne est aussi le maître mot : au delà du loyer du logement, les services sont tous optionnels : si la personne est autonome, elle utilisera peu la restauration, l’entretien du linge, les services ménagers.Les MARPA ne sont ainsi pas habilitées à l’aide sociale sauf cas particulier d’habilitation partielle de logement pour des personnes isolées.En clair : la MARPA ne coûte rien ou très peu aux collectivités locales.

    Les MARPA : de vrais lieux de vie

    Les MARPA ne sont pas médicalisée en interne, cette décision est assumée par la MSA.« A son domicile, on n’a pas de médecin, d’infirmière »…, et c’est le cas en MARPA.Les coûts de gestion sont affinés au plus juste avec un objectif social d’intégrer des personnes aux revenus faibles.La formule des MARPA est de prendre soin avant de soigner : sans climatisation, sans perfusion à outrance, avec un GMP moyen autour de 360, les résidents des MARPA ont très bien supportés l’épisode caniculaire de l'été 2003. Leur état de santé général (escarres…) est très satisfaisant.

    Typologie des MARPA

  • Structure de gestion : association ou CCAS
  • 20 logements (T1 – T2) : de 30 à 46m2 à meublé, petite cuisine, salle de bain adaptée, jardinet. 1 à 2 logements pour les séjours temporaires
  • Maximum 24 résidents
  • La MARPA est gérée par un(e) responsable de maison (formation bac +2 statut cadre B de la fonction publique territoriale : conseiller économique, sociale et familiale, assistante sociale, éducateur, animateur, voire infirmiers)
  • Des agents polyvalentsSoit au minimum 4,5 ETP (Equivalent temps plein) hors garde de nuit (de 2 à 2,2 ETP à ajouter).
  • Les redevances pour un résident (loyers et prestations optionnelles) vont de 1000 à 1200 euros par mois.
  • Les négociations pour la signature de conventions tripartites sont entamées, mais la MSA reste vigilante pour que la philosophie de ces lieux de vie soit maintenue.Des résidents, malades, déambulant sont acceptés par leur pairs (les résident se connaissent, ils sont du village, de la région, ils ont souvent vécus ensemble depuis l’enfance souvent).Mais il est clair que les MARPA sont ouvertes, de plain-pied.Un grand nombre de malades très désorientés, fugueurs, peut être difficile à gérer, il s’agirait alors de spécialiser certaines MARPA..Néanmoins certaines MARPA vivent avec 9 personnes désorientées sur 18 accueillies. L’implication des professionnels de la MARPA, la coordination du réseau d’aide, mais aussi l’entraide entre résidents convient à une vie quotidienne sécurisée, riche et sympathique.

    De 115 à 2000 MARPA en France ?

    Face à l’évolution démographique de notre pays, c’est le docteur Corvez du cabinet du ministre de la santé qui le propose : à quand 2 000 MARPA sur tout le territoire ?Vous souhaitez réagir, apporter un témoignage, une initiative... cliquez ici.


    Maryse Aïo, Responsable de la Fédération des MARPA
    mis à jour le 21/11/2007

    imprimer l'article envoyer l'article


    Retour vers la liste des archives pour le dossier: Chroniques