Dix à vingt pour cent de la population adulte, au moins, est ou a été confrontée au problème des acouphènes, c’est à dire au fait d’entendre des bruits sans pouvoir identifier leur source dans son environnement. Le problème peut survenir à n’importe quel âge, mais les cas les plus nombreux apparaissent dans la deuxième partie de la vie après 60 ans. En France, on estime que 3 à 5 millions de personnes en ont été ou en sont atteintes, dont près de 150 000 sévèrement.
Chez les Anglo-saxons, l’acouphène se nomme Tinnitus. Ce mot est dérivé du verbe latin "tinnire" qui veut dire tinter ou sonner. Il s’agit de sons, d’intensité (volume) et de fréquence (hauteur) souvent précises, perçus par la personne, mais pas par son entourage. En effet, ces sons ne sont pas engendrés par une vibration provenant du monde extérieur. La personne perçoit dans l’oreille ou dans la tête comme un son aigu (type sifflement) ou grave (type bourdonnement). Les acouphènes peuvent toucher une oreille ou les deux. Parfois, le patient ne peut préciser le côté atteint et perçoit l’acouphène au milieu du crâne.L’acouphène persistant ou récidivant (moins de 2.5% des cas dans une revue générale de 1989) peut perturber le sommeil, provoquer de l’irritabilité, des difficultés de concentration et de la dépression ;. à l’inverse dans d’autres cas, il se reproduit très rarement ou jamais, et ne nécessite alors aucune mesure particulièreNotons que les hommes comme les femmes peuvent être touchés.
Si le bruit est audible par un sujet extérieur, synchrone au pouls, il peut avoir une origine vasculaire (moins de 5% des cas). On parle alors d’acouphènes objectifs.Le plus souvent, il s’agit d’acouphènes subjectifs, qui ne sont pas pour autant des hallucinations !Toute lésion obstructive de l’oreille externe (y compris le bouchon de cérumen), toute lésion de l’oreille moyenne ou interne (même une simple otite) est susceptible d’entraîner des acouphènes .La presbyacvousie, diminution de l’audition avec l’avance en âge, peut aussi entraîner ces troubles.Plusieurs autres causes sont possibles : stress, allergie alimentaire, effet secondaire de certains médicaments, maladie de Ménière, blocage de l’articulation temporo-maxillaire, tumeurs du nerf auditif...Selon une étude californienne, 43% des acouphènes n’ont pas de cause connue. Dans 24% des cas, on peut expliquer leur survenue par une exposition à des bruits d’une intensité très élevée, d’origine professionnelle (forgerons) ou "ludique" (discothèques, baladeurs…).
Lorsque la cause peut être identifiée, un traitement chirurgical (rarement) ou médicamenteux adapté est bien sûr la solution. Lorsque aucune cause curable n’est identifiée, ou en cas d’échec du traitement médicamenteux, on peut aider le patient à supporter l’acouphène par un appareillage : prothèse auditive ou générateur de bruit blanc. Cet appareillage est d’autant mieux accepté qu’il est associé à une psychothérapie comportementale dite "d’habituation". Dans certains cas extrêmes, un traitement anti-dépresseur peut être envisagé.Le docteur Philippe Peignard explique la thérapie cognitive et comportementale appliquée à l'acouphène et l'hyperacousie
Une hygiène de vie peut aider à supporter les acouphènes. La personne atteinte devra :
L’association France-Acouphènes réunit des personnes souffrant de ce trouble.Adresse : Association FRANCE-ACOUPHÈNES73, Rue Riquet75018 PARISTèl : 01 42 05 01 46Site Internet : www.france-acouphenes.org
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mis à jour le 11/01/2007
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