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Chronique de Claudine Badey-Rodriguez :« Est-ce que j'en fait assez pour mes parents ?»

Les FILLES DE MERES -Un groupe de parole dans une maison de retraite de Nantes

Un projet original a pris corps voila un an, à la Résidence « Le Repos de Procé » de la Mutualité Retraite à Nantes. A la suite d’une réunion organiséepar le médecin coordonnateur de l’établissement sur la maladie d’Alzheimer, une discussion s’engage entre les participantes. Au cours du buffet qui suit,quelques personnes expriment leurs préoccupations au sujet de leur maman. Une expression jaillit alors : « fille de mère ! ». La force du lien entre mère et fille engendre alors une idée : « Pourquoi ne pas créer un groupe Filles de Mères ? »

Les objectifs du groupe de paroles

Le groupe se dote rapidement d’objectifs autour de la convivialité, de la solidarité, du soutien, de la chaleur et de la vie.Les membres du groupe souhaitent :

  • Pouvoir échanger leurs émotions avec des personnes vivant des situations similaires et parfois, avec l’aide d’une personne extérieure.
  • Pouvoir raconter les modifications de la personnalité d’une personne qui vous est proche, et exprimer les difficultés qu’il y a à vivre de pareilles situations, avec la culpabilité et la souffrance… qui en découlent !
  • Développer la convivialité en organisant, toutes les 6 semaines, des repas rassemblant « les filles du groupe et leur mère ».
  • Développer la solidarité par l’entraide mutuelle, le soutien des filles du groupe auprès des autres mères.
  • Apporter de la chaleur et de la vie dans la maison de retraite en participant à certaines activités de la maison, en tant que groupe, et en prenant des initiatives.
  • Le point après un an d’existence

    Le groupe m’avait invitée à participer à une de leurs réunions et au repas « Mères et Filles » qui suivait. C’est avec émotion que j’ai entendu les participantes évoquer les liens qui se sont créés entre les filles, le plaisir éprouvé par les mères à partager un repas convivial avec un petit groupe et l’attente qu’elles manifestent du repas suivant.

    Mais le plus beau témoignage est venu de cette « fille » d’une mère atteinte de la maladie d’Alzheimer : « Les repas du groupe « Filles de Mères » m’ont aidée à revenir prendre des repas avec ma mère ; comme elle ne mange pas toujours proprement, j’étais gênée par rapport aux autres, j’avais un peu honte ; d’être avec d’autres personnes vivant des choses similaires m’a beaucoup aidée. ».
    Bien sûr, après ces débuts prometteurs, des questions se posent : « Et les fils de mère ? Et les filles et fils de père »…


    «Comment être partie intégrante de la vie de la maison de retraite sans paraître faire « ingérence » dans le travail du personnel ? »Mais je fais confiance aux membres de ce groupe pour avancer à son rythme et répondre progressivement aux questions qui ne manquent pas de se poser avec l’entrée dans la maturité d’un tel projet.
    Si vous souhaitez des informations plus précises, vous pouvez contacter Mme NUAUD au 02.40.46.22.08.


    CLAUDINE BADEY-RODRIGUEZ, psychologue en EHPAD, auteur de « La vie en maison de retraite » - Albin Michel, 2003
    mis à jour le 11/12/2007

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