L’évaluation est à l’ordre du jour des préoccupations du monde social etmédico-social.Chacun de nous, dans sa propre pratique professionnelle est amené à s’interroger, à se remettre en cause, et ce, quelle que soit la fonction exercée. C’est là le moteur, la force intérieure qui nous permet d’exister, et de trouver « peut-être » une justification à notre engagement professionnel et à la pertinence des projets de vie et de soins élaborés dans les établissements dont le seul objectif est d’apporter du sens, de la qualité de vie au quotidien des personnes âgées hébergées.Cette démarche de projet est relativement récente dans les EHPADLa réforme de la tarification a été un facteur déclenchant qui a incité les établissements à mobiliser les équipes sur une analyse des pratiques, à les formaliser dans un document de travail, préalable indispensable à la signature des conventions tripartites. C’est dans le cadre de ce dispositif que l’établissement s’est résolument engagé dans un dispositif d’évaluation externe. Les équipes avaient utilisé « Angélique » en auto évaluation. Il nous semblait indispensable de compléter cette analyse par une évaluation externe, réalisée par des professionnels, et qui correspondait également aux nouvelles obligations préconisées par la loi du 2 janvier 2002.
Cette évaluation externe a été actée dans le dossier de conventionnement signé par le président du conseil général et le préfet du département. Cette opération a été financée sur la section hébergement de l’établissement.Le CNEH a été contacté pour la réaliser sur la base de l’outil d’évaluation EVA.L’établissement a fait l’objet d’évaluations distinctes effectuées par deux équipes différentes sur les 2 EHPAD (l’un de 54 lits, l’autre de 129 lits) relevant d’une même entité juridique depuis 1999 à la suite d’une fusion.Deux structures, deux histoires, deux cultures d’établissements, deux évaluations, et deux rapports.Dans les deux cas, l’ensemble du personnel était informé et a participé activement aux réunions préparatoires d’informations, que ce soit celles organisées dans le cadre normal des réunions institutionnelles, ou celle à l’initiative du CNEH, pour expliquer la démarche et le déroulement de l’évaluation.Il y avait beaucoup d’attentes, de curiosité, mêlées d’interrogations, voire d’inquiétudes parmi les équipes.La question essentielle était « de savoir si l’établissement répondait bien à sa mission d’accueil des personnes âgées dépendantes »,. Cette question renvoyait non seulement au fonctionnement même de l’institution, mais également à l’analyse des pratiques professionnelles de chacun des intervenants, médecins, directeurs, infirmiers, aide soignants, AMP, agents de service, personnels technique ou administratif.L’évaluation se déroule sur 3 jours. Pendant cette période, la présence des évaluateurs est constante, régulière mais discrète. Ils participent à un moment de vie partagé des résidents et du personnel. Le dernier jour est consacré à la rédaction du compte rendu d’évaluation et à sa restitution devant l’ensemble du personnel. La participation massive des agents à cette réunion était la manifestation indéniable de l’intérêt porté à cette évaluation, mais aussi de celle leur implication professionnelle.2 évaluations, 2 conclusions différentes sur les forces et les défis de chaque établissement.Dans les 2 cas, elles sont le reflet de l’existant, et elles ont confirmé la pertinence des objectifs d’amélioration que nous nous étions fixés dans les projets d’établissement et qui étaient précisés dans les conventions tripartites.C’est toujours une forme de challenge que de solliciter une évaluation externe, mais c’est surtout une occasion de faire le point sur les projets, leurs mises en application, les écarts entre le théorique et le réalisé, leurs perceptions par les personnels, les familles et l’environnement de la structure. L’évaluation externe peut être un atout préalable à la signature des conventions tripartites, mais pourrait être aussi envisagée comme un bilan d’étape, ou réalisée à l’occasion d’une prise de fonction de direction comme un audit prise pour orienter les grands axes d’amélioration de la qualité au sein de l’établissement.Mais il est essentiel que l’établissement soit à l’initiative de la demande, que celle-ci soit consensuelle.La confiance dans l’organisme « évaluateur » est déterminante.Ce choix implique que l’ensemble de la communauté s’imprègne de la logique de l’évaluation, accepte la méthodologie, en mesure les enjeux et accorde aux évaluateurs une compétence, un savoir faire, parce qu’ils sont avant tout des professionnels formés.
Agnes Bertrand - CNEH
mis à jour le 03/02/2007
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1) Evaluation externe
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