Agevillage

Jardins en maison de retraite : pourquoi ? comment ?

Préambule de Jérôme Pellissier


Partager :

JardinDe plus en plus d'études témoignent de ce que le maintien de la santé, le sentiment de bien-être, la qualité du sommeil, la réduction des médicaments nécessaires, l'appétit, le goût de communiquer avec les autres, etc., sont fortement favorisés par plusieurs facteurs architecturaux, environnementaux et organisationnels : présence de lieux d'échanges comme de lieux calmes, présence de parcours adaptés pour pouvoir marcher longuement sans crainte de chutes, éléments stimulants pour les sens (plaisirs liés aux parfums, à la vue d'un beau paysage...) et pour l'esprit (activité renouant avec une pratique d'autrefois, objets associés à certaines mémoires).
Beaucoup d'établissements disposent d'un espace qui, bien pensé et aménagé, peut permettre de répondre à tous ces objectifs : le jardin.

Avant d'entrer dans les bâtiments, un jardin est souvent la première image que perçoivent les futurs résidents, les visiteurs, les journalistes. Et l'expérience le montre : le ressenti est radicalement différent selon que l'espace entre la rue et l'établissement ressemble à un jardin ou à un parking ! 

Le jardin est avant tout un lieu multiple, constitué de plusieurs lieux. Il permet de construire :
- l'image, mouvante en fonction des saisons, de l'environnement, à la fois ouverture sur l'extérieur et protection (quand celui-ci est esthétiquement agressif);
- des endroits où l'on peut goûter un moment de solitude ou d'intimité avec un parent;
- des espaces centrés sur des activités, à faire ou contempler, proches de celles que beaucoup de français ont pratiqué (petit potager, quelques fleurs, herbes aromatiques) ; 
 
Le jardin peut être derrière et permettre plus d'intimité. On peut alors y prévoir un espace où les kinésithérapeutes peuvent travailler par beau temps avec leurs patients.
Il peut être devant. Il permet alors de penser à des plaisirs partagés entre les habitants de la maison de retraite et leurs voisins, comme dans cette EHPAD où la cueillette des noisettes et des framboises réunit régulièrement tout le quartier),

Un lieu de bien-être et de plaisir.
Tous les résidents qui profitent de ces jardins parlent des plaisirs qu'ils leur procurent. Ils décrivent leurs joies de voir des plantes, fleurs ou fruits, de les sentir, de les goûter, d'en prendre soin, de voir passer le temps au rythme des saisons et des végétaux, de voir les arbres, symboles de ce qui grandit et vieillit à la fois, d'être en lien avec les animaux, l'eau, de se laisser aller à la rêverie, de créer et participer à la vie du jardin et de ses habitants, de partager des savoirs et des expériences. 
Le jardin n'est pas qu'un lieu de contemplation. Il est aussi support vivant d'activités :

- de celles qui sollicitent la mémoire, parce que la plupart des Français âgés ont appris, dans leur enfance, les noms des plantes et des oiseaux des jardins de France ;
- de celles qui font travailler le corps ; des bacs, pour certaines cultures, sont conçus pour être utilisés par des personnes ne pouvant se pencher, ou par des personnes en fauteuil roulant ;
- de celles qui ouvrent vers les autres comme cet atelier de culture où les résidents de l'EHPAD de L. apprennent aux enfants d'une école voisine à accomplir certains gestes

Jardin thérapeutique, jardin plaisir, jardin secret ou partagé. N'oublions pas pour autant qu'un jardin représente aussi des dangers. Le plus beau jardin ne fait office que de tableau si personne n'ose y aller, par crainte de tomber, de s'y perdre, de s'y blesser, de s'y noyer...  
Le jardin d'EPHAD, pour pouvoir être ouvert à tous, y compris aux personnes atteintes de maladie type Alzheimer, doit tenir compte des risques liés aux
- allergies  (pollens...),
- chutes,
- végétaux toxiques (baies, fleurs et feuilles de certaines plantes...),
- aux errances qui pourraient conduire la personne à sortir du jardin et à se perdre à l'extérieur.

Un jardin typeUn jardin adapté, pensé en fonction des personnes qui l'habitent, représente un coût, tout comme une architecture adaptée, un prendre soin adapté.  

Où trouver tout (ou à peu près tout) pour le réaliser ? 










Sons de merle



mis à jour le

Partager :


Vos réactions

Joyce

01/01/2016 18:01

de la conception à l'animation


Ayant proposé en France la première formation de sensibilisation à l'hortithérapie en 2002, le jardin en maison de retraite, le jardin de soin interroge quand à ses différentes pratiques: jardinage d'animation, jardinage adapté, jardin thérapeutique, pratique d'hortithérapie ? Si le jardin thérapeutique est une affaire d'équipe il n'en va pas de même d'un atelier d'hortithérapie, ni même d'une pratique de jardinage adapté. Comment s'y reconnaître dans ces différentes pratiques et surtout comment construire un projet durable ? La formation est là pour répondre aux différents professionnels qui pourront acquérir tous les éléments essentiels à la concrétisation de leur projet. N'hésitez pas à visiter les pages 



pascal leroux

05/10/2009 11:10

jardin adapté


Bonjour,

Notre association (collectif artistes/architecte) a mis au point un concept de jardin adapté aux personnes à mobilité réduite. Peut-être cette innovation pourrait-elle vous intéresser ? N'hésitez pas à nous contacter et à consulter notre site internet http://www.terraform.fr

Cette innovation permet de jardiner assis, de face et en pleine terre. Les matériaux et les procédés de fabrication utilisés permettent la pratique d’une culture biologique et éco responsable.

Votre avis nous intéresse.

Bien à vous, Elodie Andrieux, Présidente de l'association La Valise.

Association La Valise 1, rue Saint-Pierre 44000 Nantes, France Tel : +33(0)251894916 Mobile : +33(0)612345523 Email : contact@terraform.fr   Web : http://www.terraform.fr  




Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -