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De nouveaux critères pour un diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer

Une équipe internationale de neurologues coordonnée par le Français Bruno Dubois (hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris) a mis au point les critères permettant de reconnaître la maladie trois ans plus tôt

Le progrès des connaissances en biologie du cerveau et en imagerie cérébrale pourrait permettre de détecter plus tôt la maladie d'Alzheimer et par conséquent de faire bénéficier précocement les patients de possibles futurs traitements. 

En clair, lorsque l’on détecte chez le patient des troubles fonctionnels dans le domaine de la mémoire, le processus de dégénérescence du tissu cérébral, est déjà significativement avancé. Aussi, la démarche de Bruno Dubois et ses collaborateurs consiste à tenter de repérer le plus tôt possible les premiers éléments spécifiques (biologiques, cliniques, neuroanatomiques) de la maladie, avant même que les éléments caractéristiques d’un syndrome démentiel ne soient présents. Les nouveaux critères diagnostiques proposés - pour la recherche - par une équipe internationale de neurologues coordonnée par le Français Bruno Dubois (hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris) permettraient de reconnaître la maladie 3 ans plus tôt qu'actuellement.

  Pour le Pr Dubois, directeur de recherche à l'Inserm, il y a un immense espoir que dans les années qui viennent on va passer des médicaments symptomatiques à des médicaments qui ralentissent le processus de la maladie", a-t-il expliqué lundi 9 juillet 2007 au cours d'une conférence de presse. 

Si les causes de la maladie d'Alzheimer ne sont pas connues, "on connaît toutes les étapes, la cascade biologique" qui la constitue, a expliqué le Pr Dubois, se disant convaincu que l'on est "à l'aube de découvertes qui permettront de ralentir le processus de la maladie". Les critères de diagnostic actuellement utilisés remontent à 1984: la maladie d'Alzheimer n'existe pas avant le seuil de la démence, définie par les médecins comme la perte de l'autonomie.

 Les nouveaux critères permettraient de détecter la maladie à un stade précoce, dès les premiers symptômes, "avec un taux de certitude diagnostique supérieur à 90%". Il s'agit de combiner des tests de mémoire avec des données d'imagerie cérébrale (imagerie par résonance magnétique nucléaire ou IRM, tomographie par émission de positons ou TEP...), et des marqueurs biologiques qui "signent" la maladie au niveau du cerveau.

Le critère majeur retenu par le Pr Dubois est la présence d'un trouble de la mémoire épisodique, caractéristique de la maladie d'Alzheimer, qui se traduit par "l'incapacité à transformer une information perçue en trace mnésique", "à la graver sur le disque dur", selon l'expression du Pr Dubois.

Les critères secondaires sont l'une ou l'autre de ces anomalies :
- atrophie de la région du cerveau appelée hippocampe (mise en évidence par IRM),
- taux anormal de biomarqueurs (peptide amyloïde, protéine tau) dans le liquide cérébrospinal (analysé après ponction lombaire),
- métabolisme réduit dans les régions temporale et pariétale du cerveau (montré par imagerie fonctionnelle).

La maladie d'Alzheimer touche 5% de la population âgée de plus de 65 ans, a souligné le Pr Dubois, alors que la moitié des plus de 50 ans souffrent de troubles de la mémoire. Dans le monde, le nombre de malades pourrait passer de 24 millions actuellement à 42 millions en 2020 et 81 millions en 2040, selon de récentes estimations. Les travaux du Pr Dubois et de ses collègues sont publiés dans le dernier numéro de la revue The Lancet Neurology


VM
mis à jour le 11/12/2007

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