Les indications des régimes thérapeutiques ne se justifient que sur des pathologies dont l’évolution est à court terme morbide. Il est aujourd’hui établi qu’il est essentiel de privilégier le plaisir de manger et donc de limiter les prescriptions de régimes thérapeutiques.
Les interdits alimentaires -régimes hypocholestérolémiants, ou pour patients atteints de diabète-, sont destinés à éviter d’éventuelles complications à long terme. Ils ne sont plus justifiés chez la personne très âgée. Surtout que ces interdits sont facteurs de dénutrition.
Lorsqu'un régime est prescrit, ce doit être sur une courte période, et il doit être réévalué à brève échéance (une à 4 semaines) afin d’être assoupli puis supprimé le plus rapidement possible.
Pour les patients atteints de diabète
On propose à chaque repas, des légumes et si possible du pain réalisé avec une farine type 80 pour encourager une alimentation variée, riche en fibres végétales. Il n'y a pas de raison de supprimer le dessert sucré ; cet apport de sucre intégré au repas ne perturbe pas la glycémie.
On évite la consommation de sucre en dehors des repas. Pas de boissons sucrées non accompagnées d’un service d’aliments notamment.
Les prises alimentaires doivent être bien surveillées. Si la personne n’a pas d’appétit, il faut adapter son traitement, tout en veillant à trouver une substitution en phase avec ses goûts.
On veille aux apports hydriques, qui doivent être d’au moins, 1.5 L d’eau par jour. L’alcool doit être servi uniquement pendant le repas.
On maintient au minimum 180g de glucides par jour, et on assure de bons apports en protéines. Il est recommandé d’enrichir chaque repas en fibres provenant des fruits, des légumes et féculents complets.
Le régime hyposodé
Les indications doivent être limitées aux prescriptions de corticoïdes au long cours et aux décompensations cardiaques aiguës. Induisant monotonie, anorexie, il se solde par une baisse redoutée des apports énergétiques.
Les aliments vecteurs de sel sont le pain, les fromages, la charcuterie, les potages déshydratés industriels, les fonds de sauces et sauces industrielles, les préparations type feuilletés, quiches, quenelles, brandades. Il convient donc de faire attention à la nature des produits travaillés en cuisine.
Et surtout ce n'est pas parce que quelques personnes ont une restriction qu'il faut mettre l’ensemble des résidents au régime sans sel !
Il convient toujours de privilégier une cuisine goûteuse, enrichie d’ herbes aromatiques et d’ épices.
Marie Line Huc, diététicienne, Club Expert Nutrition Alimentation
mis à jour le 21/10/2008
Lire le reste de l'article :
1) Prise en charge de la dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée : recommandations de la Haute Autorité de Santé
3) La balance en cuisine et dans les services : pourquoi ?
4) Est-il bienvenu de prescrire un régime hypocalorique en EHPAD ?
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