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L'incontinence : Levons le tabou

Comment soigner l'incontinence ?

Avant tout, un certain nombre d'examens sont nécessaires : une analyse d'urine, pour dépister toute cause infectieuse ; une échographie abdominale pour vérifier l'état des reins et de la vessie ; un bilan urodynamique pour contrôler le comportement de la vessie et du sphincter urétral. On peut ensuite passer aux traitements.

Les médicaments

L'automédication est à éviter mais de nombreux médicaments sont actifs sur la vessie et l'urètre.
- Ceux qui diminuent l'activité de la vessie visent à assouplir la vessie et à lui redonner de l'élasticité. Le chlorure d'oxybutinine est efficace mais il a des répercussions négatives sur les sensations. En outre, il accentuerait les pertes de mémoire, la constipation et l'assèchement des muqueuses. Il est déconseillé en cas de glaucome et d'adénome de la prostate.
- Ceux qui augmentent l'activité de la vessie et le tonus de l'urètre : ce sont des médicaments que l'on prescrit aussi pour les affections rhinopharyngées (décongestionnants du nez). Ils visent à stimuler les muscles des sphincters.
- Les traitements hormonaux locaux : disponibles sous forme d'ovules et de crèmes, ils sont efficaces chez les femmes après la ménopause. Les oestrogènes donnent de la souplesse à l'urètre.

La rééducation avec un kinésithérapeutre

Elle a pour but d'apprendre à contracter efficacement les muscles du périnée afin d'aider les sphincters à rester fermés dans les circonstances critiques. Elle est pratiquée par un kinésithérapeute spécialisé et va de pair avec un traitement médicamenteux. A l'aide d'exercices divers, ce spécialiste apprend à faire fonctionner les muscles du périnée dans toutes les situations.
- Le "biofeedback" : à l'aide d'une sonde placée dans le vagin ou au niveau de l'anus, les contractions volontaires des muscles sont enregistrées, mesurées et retransmises sur un écran de télévision. La personne peut ainsi apprendre à contracter plus fort et plus longtemps. Dix à douze séances sont nécessaires.
- L'électrostimulation : cette technique utilise la même sonde que celle employée pour le "biofeedback", pour appliquer des courants spécifiques provoquant la contraction des muscles.

La rééducation à domicile

Il est indispensable de compléter la rééducation par des exercices à la maison (contractions volontaires du périnée en suivant les directives du kiné). On peut aussi pratiquer le "stop-test": il s'agit de stopper le jet urinaire en contractant volontairement les muscles du périnée pendant la miction (à effectuer une ou deux fois par semaine, sans oublier, après l'exercice, de vider sa vessie à fond). Il est aussi recommandé d'accompagner régulièrement aux toilettes les personnes qui ne peuvent y aller seules. Cela permet de différer l'usage des couches.

La chirurgie

La mise en place d'un sphincter artificiel est un ultime recours. D'autres interventions, beaucoup moins lourdes, peuvent aussi être envisagées :

Pour les femmes
En cas de prolapsus (descente d'organe) associé à une incontinence, le traitement chirurgical traite ce prolapsus. Lorsqu'il s'agit d'une incontinence isolée, une nouvelle technique, venue de Scandinavie, la TVT (Tension-free Vaginal tape ou bandelette vaginale sans tension) apporte un véritable révolution dans le traitement de l'incontinence féminine, en particulier pour l'incontinence d'effort. L'opération consiste à placer une bandelette non dégradable et bien tolérée près de l'orifice de l'urètre, par lequel sort l'urine.Cette technique comporte bien des avantages : elle dure un peu plus de trente minutes ; on ne reste hospitalisé que 24 à 48 heures ; effectuée sous anesthésie locale, l'intervention permet à la patiente de reprendre très vite une activité normale ; les complications sont rares ; elle ne laisse que deux cicatrices de quelques millimètres sous le pubis ; enfin, elle est remboursée par la Sécurité sociale.


Pour les hommes
Dans certains cas, lors de la persistance de l'incontinence après la suppression de la cause, on peut proposer de placer une pâte synthétique autour de l'urètre et du col de la vessie. Résultat : l'effort pour contrôler la fermeture de la vessie sera moins important. L'opération, effectuée sous anesthésie locale, est à renouveler tous les ans. Elle est prise en charge, en milieu hospitalier, par la Sécurité sociale.

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mis à jour le 14/02/2008

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