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Abolir la peine de vie, lourde responsabilité pour les soignants


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La conférence de citoyens sur la fin de vie, qui s'est réunie trois week-ends durant, vient de livrer ses préconisations.
Instaurée par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) à la demande de François Hollande, dans le but de préparer un projet de loi pour l'été 2014, elle prône la légalisation du suicide médicalement assisté, en proposant quelques "nuances". Elle s'oppose à une inscription dans la loi de l'euthanasie, même si elle propose, dans des cas particuliers, des "exceptions d'euthanasie".

"La possibilité de se suicider par assistance médicale comme l'aide au suicide constitue, à nos yeux, un droit légitime du patient en fin de vie ou souffrant d'une pathologie irréversible, reposant avant tout sur son consentement éclairé et sa pleine conscience", a indiqué dans son avis ce panel de 18 citoyens, sélectionnés par l'Institut de sondages Ifop.
 
Les citoyens estiment également que "les mesures contenues dans la loi Leonetti, les avancées en matière de soins palliatifs" et l'ouverture que constitue le recours "au suicide assisté, permettent d'écarter l'euthanasie comme solution pour la fin de vie".

Même s'ils "se déclarent favorables à une exception d'euthanasie" envisageable dans "des cas particuliers ne pouvant entrer dans le cadre du suicide assisté lorsqu'il n'existe aucune autre solution. selon France Info TV, "cette dernière pourrait intervenir dans le cas où une personne en fin de vie n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté et à condition que la décision soit commune" à la famille et au corps médical.

Le Comité d'éthique, interrogé par François Hollande, avait pour sa part rendu un avis négatif en juillet dernier. Il recommandait toutefois que les directives anticipées deviennent "contraignantes pour les soignants". Sur cette question, la conférence de citoyens propose la création d'un fichier informatique national réunissant toutes les directives anticipées, qui devraient par ailleurs figurer sur la Carte Vitale.

Nombreux sont les professionnels touchés par la fin de vie
(gériatres, réanimateurs médecins, infirmiers...) à se dire "désarçonnés" par le fait que cette consultation ne concerne que des citoyens sélectionnés par l'IFOP.

De son côté, Jean-luc Romero, le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)
qui milite pour la légalisation de l'euthanasie s'est félicité de la "grande avancée" sur le suicide assisté ". Il est selon lui la porte ouverte au respect de la volonté des patients". Mais il s'est montré beaucoup plus critique sur "l'exception d'euthanasie", estimant qu'il s'agit "d'une fausse bonne idée qui ne répond pas à toutes les situations puisqu'elle laisse encore trop de place à la décision médicale". Pour lui, "conformément à ce que demandent 9 Français sur 10", le président de la République doit "respecter la proposition 21" figurant dans son programme électoral et "légaliser enfin une aide active à mourir comme elle existe déjà aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg".

Mais il est plus qu'intéressant de relire la tribune publiée par Marie de Hennezel, psychologue, dans Le Figaro, relayée sur twitter, dans laquelle elle s'oppose énergiquement à la légalisation et au suicide assisté au nom des valeurs de solidarité, interrogeant : "Comment l'Etat qui lutte contre le suicide des jeunes pourra-t-il autoriser le suicide des vieux ?"...

Il y a en effet de quoi réagir...


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Vos réactions

Emmanuel

18/12/2013 13:12

Quelle vision de la société ?


Notre société n'est pas à une contradiction près : elle rêve de solidarité, mais fonctionne à l'efficacité ! A force d'ériger l'autonmie de la personne, elle est arrivée à faire de l'expression de sa volonté un absolu qui s'impose à tous. L'individualisme montre là son visage effrayant. Sous couvert de bons sentiments apparents, on peut faire l'impasse morale sur beaucoup de choses. Une autre vision - exigeante - est possible, qui repose sur le vivre ensemble, la gratuité et la place faite au plus faible. Rêvons qu'un sursault collectif se fera jour et tirons les enseignements des erreurs de nos pays voisins, car les conséquences se mesurent à l'échelle de générations.




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