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Rencontres Alzheimer 2007

"La perte de certaines facultés ne doit pas être assimilée à une perte de dignité" affirme le philosophe Eric Fiat


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550 personnes étaient réunies ce 11 décembre, lors des rencontres Alzheimer 2007 pour aborder l’ensemble des questions relatives à la maladie : administration centrale, éthique, économie, philosophie, industrie du médicament. Roselyne Bachelot-Narquin est venue saluer l’engagement de France Alzheimer dans ce combat pour répondre aux besoins des malades et des familles. Arlette Mérieux, présidente de France Alzheimer déplore pourtant encore que les réponses relatives au financement du plan  ne soient pas encore apportées. Pascal Champvert, Président de l'AD-PA entend faire cesser l'idée selon laquelle la prise en compte des besoins des personnes âgées, fragiles, handicapées, ne serait qu'un coût.

L’objectif de ces rencontres est de faciliter l'échange entre des mondes différents qui ne se parlent pas si souvent, souligne Catherine Ollivet », présidente de France Alzheimer 93. Lire la video.
Roselyne Bachelot Narquin, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, saluant l'engagement de France Alzheimer a félicité les lauréats des prix de la recherche et assuré de son implication pleine et entière dans ce combat. (Lire la video). Arlette Mérieux, qui se réjouit des avancées du plan Alzheimer, déplore encore le manque de réponses aux questions financières qu'il soulève. (Lire la video)

J. Ph. Flouzat, de la Direction générale de l'action sociale -DGAS- présentait les conclusions du rapport Ménard. A retenir notamment une organisation plus transversale des soins, davantage d’intégration du travail entre sanitaire et social, renforcement de la formation des soignants. Sur ce dernier point, il précise que des assistants de soins en gérontologie seront recrutés dans les SSIAD pour permettre aux malades de rester plus longtemps à domicile. Cette fonction permettra aussi d’intervenir en établissement, dans les unités spécifiques, auprès des équipes souvent en difficulté face aux malades. Si la mise en place de l’ensemble du dipositif peut prendre du temps, certaines mesures plus pratiques peuvent être plus rapides. Le décret relatif au statut des aidants devrait paraître assez vite. Il devrait comprendre des dispositifs de soulagement (plateformes d’accompagnement, de répit, places d’hébergement temporaires.

Eric Fiat, philosophe, professeur à l'université de Marne-la-Vallée a passionné l'assemblée sur le concept de dignité selon les bourgeois et les modernes. La dignité, selon Kant, est une valeur bourgeoise. Pour les bourgeois au 19ème siècle  "La valeur de l’homme dépend moins de son état que de sa conduite. Pour eux, il faut une conduite digne pour être digne". Pudeur, tenue, retenue, contenance caractérisent la dignité. "Ce qui signifie que tous les hommes ne sont pas dignes". La bourgeoise, selon ce principe, dirait que le malade d'Alzheimer n'est pas digne. Pour les modernes, "les bobo", les critères de dignité sont basés sur la maîtrise et l'autonomie -souvent confondue avec l'indépendance-. Selon la conception moderne la dignité dépend de caractéristiques objectives (beauté, maîtrise du corps, maitrise de soi, performances). Cette conception moderne revient, elle aussi à refuser la dignité (l'humanité ?) aux personnes privées par l'âge ou la maladie de ces caractéristiques normatives. (Lire la video).


"Aller voir du côté de l'émotion, plutôt que des comportements". L'entourage soignant, familial est perturbé par les cris, l'agitation, poursuit Jérôme Pellerin, psychiatre à l'Hôpital Charles Foix, de Paris. Beaucoup de ces troubles n'en sont pas. "Ils sont l'expression d'un environnement qui ne convient pas, qui ne comprend pas, qui ne maîtrise pas". Les cris sont des actes posés à la place du manque de mots. La tendance est de "trop considérer la personne en tant que malade plutôt qu' en tant que personne prise dans un processus de vieillissement qui engendre souffrance". "Plutôt que d'axer la maladie d'Alzheimer sur la perte de la mémoire on ferait mieux de l'axer sur la perte de la parole.
Il insiste aussi sur cette maladie "subie" par les proches dans les interactions, sur les représentaions de fin de vie. Ce phénomène est très différent de celui que l'on observe lorsqu'un proche est atteint d'un cancer ou d'une maladie cardiaque.

"Le "marché" des personnes âgées existe, on voudrait nous faire croire qu'on ne peut pas le financier" lance Pascal Champvert qui s'indigne. "Cela suffit de parler de coûts! Ces coûts sont aussi facteurs de richesse, de créations d'emploi (et non délocalisables)!"
le Président de l'AD-PA déplore à nouveau : "Dans une société qui n'aime pas les vieux, qui nie la mort et n'en parle pas où il est  difficile d'être vieux, il est aussi difficile de convaincre d'aller travailler auprès des vieux.". Nous manquons cruellement de personnel rappelle Pascal Champvert. "Même la Cour des comptes dit que les besoins ne sont couverts qu'à moitié".

 


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