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Edito : villes amies de tous les aînés ?

Des aînés fragilisés, malades, désorientés ?


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Annie de VivieOn le sait : vieillir n'est pas une maladie. Mais l'âgisme ambiant fait que personne n'a envie de dire son âge, de vieillir. En revanche, chacun veut vivre longtemps, le plus autonome possible, à son domicile, libre, debout.

Les politiques publiques commencent à investir ce champ de la prévention, de l'adaptation et la diversification des habitats, des technologies pour l'autonomie.

Le réseau des Villes amies des aînés devrait bientôt compter Paris dans ses rangs. Les citoyens âgés du 3ème arrondissement ont remis ce 12 février leurs recommandations à Dominique Versini, adjointe d'Anne Hidalgo, chargée de toutes les questions relatives à la solidarité, aux familles, à la petite enfance, à la protection de l'enfance, à la lutte contre l'exclusion, aux personnes âgées.

De la notion de "Ville amie des aînés", on passe à celle de "Ville amie des âges de la vie"  : sans ghettos entre "vieux", diversifiée, intergénérationnelle, collaborative, sûre, sécure, adaptée (habitats, transports, trottoirs), avec des jardins, des bancs avec accoudoirs, des wc publics accessibles, des abribus qui abritent, des centres d'informations sur les aides au grand âge, des services médicaux et para-médicaux de qualité et surtout accessibles financièrement... "Quand on s'occupe bien des plus fragiles, on s'occupe bien de tous les citoyens, de tous les âges", souligne Dominique Versini.

On veut tous vivre, être libres, en toute sécurité... quel que soit notre âge. La liberté est d'ailleurs un des mots clés des résidences services seniors.

Mais qu'en est-il pour les vieux malades, fragiles, désorientés... "dépendants" ?
Les citoyens du 3ème arrondissement de Paris décrivent les services au grand âge, les EHPAD comme des "horreurs". Des lieux repoussoirs, des mouroirs. L'image de ces lieux reste catastrophique et parfois à juste titre. Au point que certains relanceraient le débat pour mourir dans la dignité plutôt que de vivre ces derniers moments-là.

Et alors ?
Il semble qu'on baisse les bras, qu'on détourne le regard, qu'on abandonne ces vieux-là, ces aînés-là, à leur sort, à leurs proches aidants, aux professionnels de santé, aux aides à domicile, aux personnels des EHPAD...

Il faut nous retrousser les manches.
Regarder la réalité en face sans tomber dans le catastrophisme. Car des réponses existent.

Des résidences, des habitats adaptés, et même des EHPAD où il fait bon vivre, existent (voir les sorties en voilier en Charente Maritime) Ils ont besoin d'aides, de soutiens, de regards positifs. Les personnels notamment pour lesquels les risques psycho-sociaux explosent.
Formés, ouverts, managés, certifiés, évalués, ils rassurent.
Le label Humanitude (que je connais le mieux) commence à faire ses preuves en termes de qualité de vie des résidents, de qualité de vie au travail et d'impacts médico-économiques d'intérêt général (diminution des hospitalisations, des neuroleptiques, des arrêts de travail, chers à la CNAMTS qui tire la sonnette d'alarme). On sait que les moyens financiers auront du mal à évoluer favorablement pour le secteur et pourtant des réformes structurelles doivent être lancées (voir les propositions de l'Institut Silver Life).

Bien prendre soin de TOUS les aînés rassurera toutes les générations et aura un impact médico-économique favorable.

Qui pour activer ce changement de regard sur nos frères fragilisés ? Qui pour activer les réformes, pour mobiliser les énergies (Monalisa et les équipes citoyennes qui recrutent, services civiques, bénévolats, projets inter-générationnels) ?
La nouvelle secrétaire d'état Pascale Boistard ?

Qui pour croire que l'on peut vivre et donc vieillir debout, avec ou sans maladie neuro-dégénérative ?

Qui pour activer des "Villes amies de TOUS les aînés" ?


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