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Café social de Belleville : un lieu d'accueil, d'écoute et de convivialité

Pour les Parisiens d'ici et d'ailleurs


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Depuis 2003, le Café social accueille les Parisiens âgés de 60 ans et plus à Belleville. Créé par le sociologue Moncef Labidi pour permettre aux immigrés âgés de se rencontrer, de sortir de l’isolement et d’être aidés pour accéder à leurs droits à la retraite et à la santé, ses missions se sont aujourd’hui élargies. Visite.



Rue de Pali Kao, à quelques mètres du métro Belleville, une porte grande ouverte invite les passants à rentrer. A l’intérieur, les couleurs ensoleillées qui ornent les murs, les photos accrochées un peu partout, les tables et les canapés donnent envie de s’installer.

Cette après-midi, l’ambiance est plutôt feutrée. Claquement des dominos, frottement des cartes : une dizaine de personnes, des hommes et des femmes, sont concentrés sur leurs parties.

« Le matin en revanche, c’est l’effervescence », confie Maïa Lecoin, la nouvelle directrice de l’association Ayyem Zamen, qui gère le lieu.

En effet, les matinées sont consacrées « aux papiers ». Un accueillant-animateur et une assistante de service sociale reçoivent les visiteurs qui ont besoin d’une aide administrative ou d’un accompagnement social.

A l’écoute

L’accueillant-animateur écoute, informe, et s’il le peut traite la demande de chacun sur place. Sinon, il oriente la personne vers l’assistante sociale du café ou vers une structure extérieure, en fonction de la situation.

« C’est une autre approche de l’accompagnement, on écoute et on traite les demandes au cas par cas », confirme Karima, qui vient d’être embauchée comme accueillante-animatrice.

Il peut s’agir de mettre de l’ordre dans un dossier de retraite, de se faire aider pour écrire un courrier, de répondre aussi, souvent, à une situation d’urgence.

Car sur les 800 adhérents de l’association, un tiers est en situation de mal-logement. Ce qui a conduit l’association à créer ses premiers domiciles partagés en 2014.

De nombreux autres ne savent pas se servir d’un ordinateur, sont souvent analphabètes, ce qui rend encore plus nécessaire l’intervention d’un travailleur social à l’heure où la grande majorité des démarches administratives sont dématérialisées.

(Re)créer du lien


« Ce qui complique l’accompagnement », souligne Maïa Lecoin, « et retire symboliquement une partie de leur autonomie à ces personnes qui auparavant, étaient en mesure de se rendre au guichet des administrations pour retirer leurs dossiers elles-mêmes. »

Au total, environ 300 personnes sont suivies par l’assistante sociale.


L’association organise aussi tous les ans des séances d’informations collectives sur la retraite, les questions de santé, les droits…

Dans la plupart des cas, ce sont « des problèmes de papiers » qui conduisent les adhérents à venir pour la première fois.

Mais la plupart d’entre eux reviennent pour le lien social. Le café est un lieu où se retrouver, rencontrer d’autres personnes âgées dans un cadre informel ou lors d’activités organisées : ateliers au café, sorties culturelles, visites...

Mixité sociale, culturelle, de genre


Mebarek vient tous les jours de Nanterre depuis 2007 pour rencontrer des gens. « Avant je restais tout seul chez moi. Aujourd’hui ici c’est ma deuxième maison », sourit-il.

Nella et Fatima fréquentent elles aussi le Café social tous les jours. « Si on a un problème de papier on le règle, on peut poser nos questions… et puis c’est un lieu où on peut se parler, se rencontrer, jouer, se changer les idées », explique Fatima.

Les femmes sont en effet de plus en plus nombreuses à fréquenter le café, et comptent pour 20 % des adhérents.

Une dynamique soutenue par la création d’un poste de coordinatrice des actions en direction des femmes en 2011, mais qui a dû quitter la structure en mars 2019, faute de moyens.

Avenir incertain


« Entre la fin des emplois aidés et la baisse des subventions, nous avons fini l’année 2018 avec un déficit. Aujourd’hui, nous sommes situation de survie, nous ne pouvons pas développer de nouveaux projets », regrette Maïa Lecoin.

Et ce malgré des besoins, des attentes qui ne tarissent pas. Chaque jour, entre 60 et 80 personnes viennent au Café social de Belleville, et 40 à 50 autres au Café social Dejean, qui a ouvert en 2008 dans le 18ème arrondissement.

« J’espère que le café restera », conclut Fatima.


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