Agevillage
  >   Actualités  >     >   Le maintien à domicile au J...

Le maintien à domicile au Japon : un impératif social et économique

D'une tradition sociale et familiale à un système solidaire, financé par les actifs et l'Etat


Partager :

Au Japon, la notion de maintien a domicile est graduellement passée d'une tradition sociale et familiale à un système solidaire, financé en partie par les actifs et en partie par l’Etat.


Dans la période de prospérité économique qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale, il était normal pour les jeunes générations nipponnes de prendre en charge les aînés.

Plusieurs générations vivaient ainsi sous le même toit et le gouvernement n’avait que peu de rôle dans la prise en charge des seniors.

Au début des années 1990, le Japon connut une crise économique majeure faite de stagnation et de tensions sur le marché de l’emploi. Une migration en masse des actifs depuis les zones rurales vers les villes s’en suivit.

De nombreuses familles se trouvèrent séparées laissant ainsi les seniors isolés, incapables de subvenir à leurs besoins en matière d’assistance et de maintien à domicile.

Une nouvelle donne qui a donné naissance au phénomène d’« hospitalisation sociale ».

Nombre de personnes âgées furent ainsi hospitalisées pour de très longues périodes qui transformèrent ainsi de facto les centres hospitaliers en établissements de prise en charge des seniors et produisant des tensions fortes sur le système de santé japonais.

L’assurance santé à long terme et le maintien à domicile


La réponse du Gouvernement fut de mettre en place une nouvelle forme d’assurance santé : l’assurance santé à long terme (long-term care insurance).

Ce système est accessible aux personnes âgées de plus de 65 ans et est financé à parts égales par les contributions des actifs de plus de 40 ans et par le gouvernement ou les municipalités.

Pour y accéder, les seniors doivent en faire la demande et sont soumis à un examen standardisé afin d’évaluer leur niveau de dépendance et leurs besoins.

Sept niveaux sont ainsi définis et les bénéficiaires peuvent recevoir jusqu’à 3 000 euros mensuels. Ces sommes ne sont pas versées en numéraire mais sous forme de services à la personne.

Un référent de soin (care manager) est chargé d’établir un plan de soin et de visites à domicile. Les services seront fournis principalement par des sociétés privées et les coûts afférents seront directement déduits de l’enveloppe financière mise à disposition du senior.

120 euros l’aide à la toilette


Le bénéficiaire paie 10 % de la prestation.  L’aide à la prise de bain est facturée environ 120 euros, la visite d’un aidant professionnel 80 euros de l’heure et la prise en charge d’un kinésithérapeute 100 euros par visite. Treize types de services à domicile sont couverts par cette forme d’assurance « sociale ».

Les prestations sont totalement personnalisables en fonction des besoins ce qui garantit la qualité et l’efficacité de la prise en charge. Ainsi, une personne pourra choisir de privilégier l’aide à domicile et une autre d’être accompagnée chaque jour dans un centre d’activités de jour.

Avenir incertain


L’assurance de santé à long terme est toutefois victime du constant vieillissement de la population japonaise.

Lors des dix dernières années, le nombre de bénéficiaires a augmenté de plus de 27 % pour atteindre 6,5 millions en 2017, mettant en jeu la pérennité de son financement.

Le maintien à domicile et l’assurance à long terme sont cependant des solutions efficaces pour contenir les coûts liés à une population vieillissante, fournir des services de soin de qualité et compenser les modifications du noyau familial japonais.

Le Dr Jean-Chrétien Norreel est neurobiologiste et spécialiste du transfert de technologies à destination des seniors entre le Japon et l’Europe. Il a fondé et dirige la société HASHI Consulting basée à Tokyo au Japon.


mis à jour le



Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.


Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -