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Edito : les professionnels crient les manques de reconnaissances

Manques de reconnaissances de leurs valeurs personnelles, professionnelles et sociétales


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Alors que la crise sanitaire amène un déconfinement progressif tant en établissements d'accueil qu'à domicile,

Alors que les primes ont enfin été décrétées pour les Ehpad, mais pas pour le domicile,

Alors que le Ségur de la Santé bat son plein et qu'une 5eme branche de la protection sociale a été votée à l'Assemblée Nationale,

Alors que les Français les ont applaudi chaque soir pendant la crise,

Les professionnels du soin, du prendre soin, sont descendus dans la rue ce 16 juin.

Ils ont manifesté leur colère face aux différents manques de reconnaissances :

Manque de reconnaissance de leurs valeurs personnelles. Elles sont symbolisées par leurs rémunérations qui sont toujours en berne, malgré les primes enfin décrétées et encore pas pour tous les professionnels du médico-social. Les équipes du domicile notamment sont hors d'elles, sans primes dédiées à ce jour, avec des rémunération toujours sous ou proche du SMIC pendant des années. La campagne budgétaire 2020 ne sera peut-être pas suffisante en réponse à cette crise.

Manque de reconnaissance de leurs valeurs professionnelles : conditions de travail dégradées (en pleine semaine de la Qualité de vie au travail, QVT, voir les premiers enseignements de la crise covid), manque d'équipements de protection au début de la crise, manques de connaissances des réalités de terrain : comment prendre soin de personnes polypathologiques, désorientées, en fin de vie, éloignées de leurs proches, avec les mesures barrières ? Il faut des personnels en nombre suffisant et aux compétences fines et solides pour entrer en relation, maintenir le lien pour un juste soin.

Les professionnels de santé (au sens OMS du terme) sont aussi dans la rue pour des manques de reconnaissance de leurs valeurs sociétales : comment accompagner la révolution de la longévité, la transition démographique, le vieillissement de la population debout jusqu'au bout, sans un maillage territorial de professionnels, de services et d'établissements fiers de leur prendre soin, évalués, labellisés, dotés d'équipes pluridisciplinaires, formées, compétentes, rémunérées, soutenues, managées ? Comment respecter la citoyenneté, les libertés des personnes aidées comme des professionnels ? Voir le recours en référé-liberté déposé par l'AD-PA et AVVEC devant le conseil d'Etat. Comment lutter contre l'âgisme sans un professionnalisme reconnu qui permet d'affirmer que l'on peut vieillir debout jusu'au bout malgré tout ? 

Même s'ils continuent d'innover sur le terrain, inventant de nouveaux modèles de services à domicile participatifs par exemple, même s'ils mobilisent leurs énergies restantes à organiser les visites des familles, même s'ils reconnaissent l'importance clé du prendre-soin pour s'appuyer sur les capacités des personnes aidées et les soutenir dans leur stratégies de réponses... Ces professionnels sont à bout.

Ils ont été présents, sur le terrain, au plus fort de la crise sanitaire : en établissements mais aussi aux domiciles (dont les chiffres des impacts de la crise ne sont pas encore connus).

Ils ne veulent pas d'applaudissements, ni de médailles en chocolat.

Ces professionnels veulent la juste reconnaissance de la nation.


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