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Edito : L'éthique face au burn-out

L'éthique de la participation


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Alors que le virus reprend de la vigueur, que les territoires passent au rouge, la fatigue et l'épuisement professionnel gagnent aussi du terrain.

Les vacances sont déjà loin. Elles ont été courtes, voire raccourcies, peu dépaysantes et moins ressourçantes que d'habitude.

Depuis, chaque jour, il faut revoir les organisations, les modes d'intervention (comme l'organisation des visites). Il faut remplacer, recruter, remotiver...

Des secteurs entiers comme les acteurs du domicile se sentent livrés à eux-mêmes face au PLFSS 2021 décevant, au taux d'encadrement des tarifs, aux manques de moyens pour s'équiper : #SolidaritéDomicile .

Les professionnels réactivent les signaux d'alerte.

Le burn-out reconnu maladie professionnelle par l'OMS touche toutes les professions : 6 infirmiers sur 10 se déclare en situation d'épuisement professionnel. Dans les services de soin palliatifs, on travaille aussi à prévenir le burn-out du palliatologue.

Or avec la recrudescence de la covid-19, même en situation de cas contact, tous les professionnels de santé sont appelés à rester sur le terrain : de quoi aggraver encore cet épuisement.

Culturellement, les professionnels sont dans l'action. Ils enchainent les actes, sont dans le "faire" dans le respect des gestes barrières. Voir cette semaine un zoom c sur l'hygiène des mains pour la journée mondiale ce 15 octobre, sur le soulagement de la fin de vie par les approches non médicamenteuses, sur la première semaine à venir de lutte contre la dénutrition du 12 au 19 novembre.

Mais ils sentent aussi le besoin profond de poser le sens de ces actes. Ils s'interrogent et questionnent tous azimuts : des pratiques, des repas aux recommandations, aux "doctrines" comme le rythme des tests (auprès de personnes désorientées, asymptomatiques), les périodes associées d'isolement, de confinement...

"Protéger sans isoler" martèle pourtant la ministre de l'Autonomie Brigitte Bourguignon qui s'est entourée d'éthiciens pour cette charte de 10 repères publiée cette semaine.

Reste à savoir comment ? Jusqu'où protéger ? Quelles activités maintenir ou pas ? Comment soutenir les professionnels fatigués mais toujours en quête de sens, de fierté de leur prendre soin ?

Ils veulent faire rimer les libertés avec les réalités de leur prendre soin (le thème de notre colloque annuel 100% virtuel et accessible pendant un mois).

Parmi les pistes : miser sur l'éthique de la participation. Celle des différentes parties prenantes : équipes pluridisciplinaires, personnes fragilisées, proches, élus... Pour partager les questionnements, poser les arguments, les discuter, poser des décisions, et les évaluer à un temps déterminé, ensemble.

Se poser, faire un pas de côté, organiser la réflexion régulière, quotidienne, participative.

Facile à dire dans un secteur exsangue qui n'en peut plus d'attendre un vrai 5eme risque Autonomie, avec une vraie loi Grand Age bien dotée, au long cours.

Convoquer malgré tout l'éthique, les principes, les valeurs... pour ne pas se brûler.


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