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Edito : indispensable professionnalisme exigeant

Face aux besoins urgents de recrutements, le risque est d'avoir recours à des personnes sans emploi, fragilisées, non formées


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Le risque est grand face aux besoins urgents de recrutement, face aux tensions sur le marché de l'emploi avec la crise économique post-covid qui s'annonce, de chercher à renforcer les effectifs coûte que coûte face à la deuxième vague.

Au risque d'accélérer la professionnalisation des métiers du grand âge.

"Attention aux messages contradictoires et délétères", alerte Florence Braud, aide-soignante, auteure, lors d'une conférence en ligne du Groupe SOS consacrée au sujet. D'un côté chacun reconnaît le besoin d'attractivité des métiers (cf. rapport El Khomri d'octobre 2019), de l'autre les deux millions de jeunes hors circuit éducatif, les millions de personnes précaires, sous-diplômées ne peuvent être un gisement évident. "Alors pour aller s'occuper de personnes en situation de vulnérabilité, on ferait appel à des personnes qui étaient elles-mêmes en situation de vulnérabilité, de précarité."

Or savoir prendre soin de personnes atteintes de polypathologies, au coeur de situations complexes, en fin de vie... cela exige un grand professionalisme : en connaissances, compétences, techniques de prendre soin, savoir-être, savoir-faire pour professionnaliser l'empathie.

"Savoir observer, évaluer la situation de la personne aidée, savoir l'écouter, savoir lui donner confiance pour proposer un soin dans son intimité, cela s'apprend, cela se reconnaît", explique Florence Braud.

Les formations initiales gagneraient à être renforcées sur le plan théorique et en pratique sur le terrain, avec un recours accru à l'apprentissage... Mais dans des sites pilotes, labellisés, où les tuteurs ont le temps et les outils pour enseigner.

Le professonnalisme est exigeant sur les domaines du prendre soin, de la connaissance de l'éco-système (comme le rôle des communes), des techniques, des outils comme cette échelle ESAS (évaluer les symptômes en soins palliatifs), de la maladie d'Alzheimer (voir le livre de Kevin Charras), de l'appréhension et la mise en oeuvre de démarches éthiques (comme celle de la Fondation Partage et Vie).

Vers un professionnalisme reconnu, valorisé et exigeant, motivant pour déployer des établissements 100 % covid pour éviter l'isolement des personnes malades, pour interroger, comme le Pr Belmin, l'auto-confinement.

Il faut plusieurs années pour atteindre ce niveau de professionnalisme et des temps réguliers d'évaluation des apprentissages pour les recycler, les améliorer.

Toutes les personnes sans emploi ne pourront pas répondre à ces niveaux d'exigence.

Au secteur d'affirmer ses attentes en termes de professionnalisme.

Aux représentants des plus âgés, des proches aidants de défendre le niveau de professionnalisme requis.

A nous tous de financer les métiers, les services, les filières... dans la 5e branche, dans la loi Grand âge, tant attendue.

Affirmons pour le grand âge l'indispensable professionnalisme exigeant.


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