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Rétrospective 2020 : covid, an 1

Retour sur une année hors du commun


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Difficile de ne pas placer cette rétrospective 2020 sous le signe du covid, qui a bouleversé les organisations, les pratiques professionnelles, la vie des personnes accompagnées et de leurs proches. Retour sur une année 2020 où tout s’est accéléré et ralenti au même instant, sur une année qui, on l’espère, restera unique en son genre.



Et ce alors que l’année démarrait déjà difficilement, avec des grèves massives qui perturbaient notamment l’activité à domicile, avec 174 000 heures non réalisées durant les trois premières semaines de janvier.

Des mouvements sociaux venant fragiliser un peu plus un secteur grand âge déjà éprouvé par son manque d’attractivité chronique. Mais la loi grand âge, attendue de pied ferme par l’ensemble de ses acteurs, devaient venir changer la donne au printemps.

Déclaration de guerre


C’était sans compter sans l’invité surprise de 2020. Le coronavirus SARS-CoV-2  identifié à Wuhan, en Chine, en décembre 2019 fait ses premières victimes dans l’Hexagone dès la fin janvier, puis un premier décès mi-février.

Fin février, les premières consignes sont publiées. Le 3 mars, le secteur grand âge attend un protocole dédié face à cette maladie émergente qui touchent principalement les âgés… et le couperet tombe quelques jours plus tard : le 11 mars, Ehpad et USLD ferment leurs portes à tous les visiteurs extérieurs.

Avant que la France entière ne se confine le 17 mars. « Nous sommes en guerre », selon le président Macron. Un curieux choix de vocabulaire, quand il s’agit d’envoyer « en première ligne » des soldats sans armes, sans protection.

Une situation qu’aucun d’entre nous n’auraient cru vivre un jour, qui alimente la détresse psychologique des soignants, des résidents, mais qui fait naître face à cette catastrophe commune des centaines d’initiatives solidaires.

Pour ne pas faire entrer le virus dans les établissements, certaines équipes vont même jusqu’à se confiner avec les résidents.

Agevillagepro avec vous


En soutien aux professionnels, aux aidants, la rédaction d’agevillage et d’agevillagepro s’attelle à relayer toutes les solutions, les soutiens, qu’il s’agisse de circuits parallèles d’approvisionnement en équipement de protection, de soutien technique ou psychologique, d’approches non-médicamenteuses et rend l’accès à ces outils gratuits pour tous durant tout le confinement.

En parallèle, nous essayons tous de comprendre cette réalité irréelle, et faisons appel à ceux qui peyvent nous en donner les clefs, comme Rony Brauman (cofondateur de Médecins sans frontières, médecin de catastrophe), le Dr Véronique Lefebvre des Noettes (psychiatre de la personne âgée à l’AP-HP et docteure en philosophie pratique et éthique médicale), le sociologue Michel Billé ou encore le Pr. Emmanuel Hirsch (professeur d’éthique médicale).

Le secteur durement touché


Un confinement qui dure, et qui tue. Même si la grande majorité des Ehpad est épargné durant la première vague, la surmortalité règne, due, notamment, au glissement de résidents séparés trop longtemps de leurs proches, malgré les efforts engagés pour faire vivre le lien à distance.

Le domicile souffre lui aussi durant cette période, et tient lieu comme souvent de dernière roue du carrosse : derniers sur les primes, derniers sur les masques, derniers sur les revalorisations salariales, aussi, négociées lors du Ségur de la santé organisé après la première vague.

Des pros épuisés


Le 11 mai la France se déconfine, mais il faudra attendre des semaines avant que les Ehpad n’ouvrent véritablement leurs portes. Pour mieux les refermer partiellement à l’automne. Car le virus n’a jamais cessé de circuler et l’automne voit les chiffres des contaminations, des clusters en Ehpad exploser.

Face à cette deuxième vague qui touche l’ensemble du territoire, des soignants traumatisés, épuisés, qui se reconvertissent ou quittent les secteurs les moins bien payés.

Pour tenter d’enrayer cette hémorragie, le ministère innove, teste des solutions pour recruter vite, plus.

Mais les écarts de salaires, les différences dans le montant des primes attribuées, les revalorisations tant attendues à domicile qui ne sont pas agréées rendent la tâche toujours plus ardue et poussent les pros à se mobiliser en fin d'année.

L’espoir de la loi grand âge…


Face à l’urgence de la crise, la réforme du grand âge est une nouvelle fois repoussée. Avec le départ d’Agnès Buzyn en mars, les professionnels s’interrogent : qui portera la réforme ?

Malgré tout, la réforme n’est pas totalement à l’arrêt. De nouveaux travaux sont venus s’ajouter aux précédents. Jérôme Guedj calculait ainsi en septembre que la loi était d’ores et déjà étayée par 7 rapports et 411 propositions.

Parmi les publications de l’année, le rapport Guedj sur l’isolement, le rapport des députées Josiane Corneloup et Mireille Robert sur l’accueil familial… Sans oublier les missions Jeandel-Guérin en octobre, Laforcade sur les métiers en novembre, Broussy sur le logement et la concertation grand âge lancée par Brigitte Bourguignon en décembre.

Car le secteur a enfin sa ministre : la présidente de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est nommée ministre déléguée chargée de l'Autonomie en juillet.

Et en attendant la réforme, le cinquième risque se met en place : elle aussi voulue depuis longtemps par les professionnels, cette nouvelle branche autonomie, gérée par la CNSA, commence à s’organiser dans le PLFSS 2021.

... et d'un vaccin


En septembre, à l'aube de la deuxième vague, l'automne puis la question des fêtes de fin d’année inquiètent : comment s’organiser pour que les personnes accompagnées puissent voir leurs proches en prenant le moins de risques possibles ?

Alors que la crise a exacerbé les difficultés préexistantes du secteur, pointe le Sénat, l’arrivée du vaccin fin 2020 offre un véritable espoir, mais fait aussi peser une pression supplémentaire sur les Ehpad qui doivent organiser les campagnes de vaccination. Celle-ci démarrera, lentement, à la toute fin décembre.

Viser demain, malgré tout, vaille que vaille


Parce que la démographie n’attend pas, malgré le covid-19, l’échéance de 2030 se rapproche à grands pas. Et le secteur, vaille que vaille prépare son avenir. En pensant le rôle et la mutation des Ehpad pour demain ; en accélérant sa transition numérique, embarqué par Dominique Pon ; en imaginant de nouvelles formes d’accompagnement, par des professionnels aux nouveaux métiers ou alors des robots, comme au Japon ?

Quant à l’équipe d’agevillage et agevillagepro, nous fêtons malgré tout nos 20 ans, avec vous, et nous souhaitons tous nos vœux pour une année 2021 créative et solidaire, avec, peut-être, une loi grand âge enfin votée ?


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