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Le vieillissement de la population mondiale ne conduit pas aux mêmes priorités sanitaires et sociales


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Dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, le GIP SPSI*–Groupement d’intérêt public santé et protection sociale- organisait son 3ème colloque international les 8 et 9 décembre à Paris. Cette rencontre était l’occasion de permettre à des réprésentants des grandes organisations internationales, des pouvoirs publics, de la société civile, des chercheurs, d’échanger leurs analyses et expériences.

Avec pour thème « Santé et protection sociale face à l‘allongement de la vie et à la baisse de la natalité au niveau mondial : Quels enjeux ? Quelles réponses ? Quelle coopération européenne et internationale ? », le colloque visait trois objectifs :
- montrer que le vieillissement ne touche pas uniquement la France et les pays de l’Union européenne mais le monde entier.
- analyser les problèmes posés par le vieillissement sur les systèmes de santé et de protection sociale, notamment dans les pays en voie de développement.
- dégager des recommandations quant aux choix à réaliser et aux politiques à mettre en œuvre pour résoudre les problèmes posés par ce phénomène; confronter les différentes approches pour aboutir à un diagnostic partagé sur une question qui concerne tous les peuples.

Après une revue de l’ampleur du vieillissement au niveau mondial, des ateliers structurés par zone géographique (Chine, Russie et pays de l’Est européen, Maghreb, Amérique latine  informaient sur les politiques dans ces régions. Enfin, des  pistes de solutions, bonnes pratiques et opportunités en terme de coopération internationale ont été discutées.

Le vieillissement n'est pas un problème spécifique aux pays à revenu élevé.
Bien que les disparités selon les zones soient très fortes, « les pays à revenu faible et intermédiaires vont aussi devoir faire face à de fortes pressions sociodémographiques au cours des années à venir », signalait Yannick Dhaene, directeur de l’Observatoire de la Sécurité Sociale, association internationale de Génève. Les sociétés concernées, notamment dans les pays où le taux de fécondité est en forte baisse vont avoir du mal à s’adapter.

Les transtions démographiques à l’œuvre dans les pays en voie de développement laissent envisager qu’en 2050, on comptera près de 10% d’Africains, 24% d’Asiatiques (31 % de Chinois) et 24% de Latino-Américains âgés de plus de 60 ans. Parmi ces pays beaucoup ont un faible taux de croissance, handicap accru par la crise financière en cours. Dans un grand nombre d’entre eux, les ravages dus au Sida réduisent encore leur capacité à résoudre les questions du vieillissement de leur population.

Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, la Sécurité Sociale ne couvre qu’une minorité de la population. Le taux de pauvreté, déjà élevé des personnes âgées risquent de s’accentuer.

« La solidité des liens familiaux et communautaires, atouts important »
dans les pays en voie de développement ont malgré tout tendance à se déliter
dans le contexte de migration urbaine et de modernisation.
De nouvelles pistes devront être trouvées pour élargir l’accès des systèmes publics de Sécurité Sociale, notamment sur le plan de la santé et de la retraite (financements étatiques, recours à l’aide  internationale).

 « L’interrogation fondamentale concerne la priorisation des besoins et les indispensables arbitrages en catégories de population. Cela conduit à s’interroger sur l’opportunité d’affectation de ressources publiques limitées à des équipements permettant d’élever le niveau sanitaire, plutôt qu’à l’attribution de prestations en espèces à une catégorie spécifique. »

A propos des personnels de santé nécessaires pour la population âgée, la question se pose lorsque dans les pays du Maghreb notamment les étudiants viennent se former en dans les pays développés et qu’ils y restent. Ces régions vont manquer de compétences. Mais en Chine, alors que les personnes âgées, les « non actifs » sont en augmentation, à la ville et ne sont couvertes par aucun dispositif, la priorité n’est pas au niveau des compétences disponibles mais bien en deçà. Il s’agit de donner accès à une assurance maladie pour assure le minimum vital. « La gériatrie est un modèle des pays développé ». Les pays en voie de développement n’en ont pas besoin. Il y a, là, nécessité de combattre la pauvreté extrême.

Le groupement d'intérêt public (GIP SPSI) a vocation à fédérer, appuyer et faciliter le développement d'une offre française de coopération internationale dans le champ sanitaire et social.


Les actes du colloque (138 pages)


mis à jour le



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