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Qualité & management

Le médico-social doit passer au numérique

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 29/06/2015

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Annie de Vivie

Qui aurait imaginé il y a 20 ans communiquer avec sa banque ou son assurance, essentiellement par Internet et téléphone ? Les rendez-vous au guichet ne sont aujourd’hui indispensables que pour des formalités implicantes (prêts…).

Qui aurait imaginé qu’il serait aujourd’hui possible de stocker dans des coffres-forts électroniques sécurisés les documents indispensables aux dossiers comme l’APA, l’aide au logement, à l’hébergement… ?

Qui aurait parié sur la convivialité et la disponibilité de plateformes téléphoniques (Celle du Clic d’Anger a été primée par l’Anc.Clic) ou de rencontres virtuelles, notamment quand les aidants sont à 226 km en moyenne de leur proche ?

Qui aurait imaginé les avancées de la télémédecine et de voir ces cardiologues, infirmiers, services hospitaliers, professionnels de santé libéraux collaborer sur une plateforme dédiée, centrée autour du patient (expérience Cardi Auvergne citée dans le livre blanc du Syntec Numérique) ?

Qui aurait imaginé que des jeux vidéos viendraient soutenir la mémoire qui se fragilise (cf un des lauréats des 2eme rencontres internationales de la Silver Economy) ? Que nous serions facilement connectés à une vingtaine d’objets sur nous (téléphones, tablettes, bracelets) ou chez nous (capteurs, domotique…) ? Que les Serious Game, les robots de compagnie, s’installeraient à domicile et en Ehpad (même si la recherche scientifique doit encore attester de leur impact) ?

Le numérique, l’informatisation des données, l’utilisation des technologies (téléphone, plateformes web…) devraient soulager un secteur en tension (démographie médicale en berne et explosion démographique des besoins d’aides et de soins).

Pour autant, les internautes d’Agevillage témoignent régulièrement de ces nombreuses évaluations au domicile de proches âgées fragilisés : action sociale de la ville, service APA, services d’aides et de soin à domicile, HAD… Le tout sans grande garantie du secret professionnel au vu des informations sensibles qui s’affichent, ici dans le cahier de liaison, là directement sur le réfrigérateur !

Douze ans après la canicule, alors qu’un nouvel épisode de forte chaleur s’installe dans notre pays, des systèmes d’assistance à distance font encore souvent défaut. Remplaceraient-il la relation humaine directe ? Je n’en suis pas sûre. Celle-ci n’est pas financée non plus. On compte beaucoup sur l’implication des professionnels et la bonne volonté des citoyens, des voisins, des aidants (primés par le Président de la République).

Autre frein au développement du numérique : les systèmes ne sont pas interopérables. Le dossier de soin de l’hôpital ne parle pas avec celui du médecin traitant ni avec le système de suivi du service à domicile ou du Clic. Chacun investit alors dans son propre système d’information.

Et quid du secret professionnel (abordé plus haut) ou du risque liés aux big data” : qui héberge ces données ? comment sont-elles protégées ? à qui pourraient-elles servir ?

Sans parler du coût de ces technologies, de leur maintenance, de leur hébergement sécurisé et surtout de la formation des utilisateurs. Qui investira dans le matériel, les logiciels, leurs mise à jour et dans la formations des utilisateurs ?
On comprend pourquoi le Livre blanc 2015 du Syntec Numérique ouvre sur un observatoire des usages et des métiers.

On le voit, les freins sont nombreux, des obstacles économiques, éthiques, de formation des acteurs du médico-social sont à lever.
Mais il semble évident que ce secteur ne pourra plus se passer des technologies et du numérique.

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