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Accompagnements & soins

Des sex toys en EHPAD ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 14/03/2016

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Annie de Vivie, marie de Hennezel à l'atelier UP pro du groupe sos seniorsLe groupe SOS Seniors a osé titrer ainsi son dernier atelier ce 11 mars à Paris auquel j’intervenais avec Marie de Hennezel à l’occasion de la ré-édition de son livre Sex and Sixty” en L’âge, le désir et l’amour” (plus sage !).

Le directeur médical du groupe, Dr Sebbah, a témoigné de retours mi amusés, mi outrés à ce titre Des sex toys en maison de retraite ?”.

La sexualité au grand âge reste un tabou très fort dans notre société.

Face aux amours de vieillesse, les peurs, les représentations, les tabous explosent : Que va dire la famille ? Est-il/elle consentante ? Il/​elle est encore bien vert(e), il/​elle a envie, c’est dégoutant …

Pourtant on le sait : à tout âge, la question de la sexualité est présente, même si elle s’exprime plus ou moins selon les personnes, leur histoire, leur environnement. Etre en vie, c’est avoir des envies, quelles qu’elles soient.

Les corps qui vieillissent ne vivront pas la même sexualité qu’à leurs vingt ans, mais ils vont s’adapter et découvrir du nouveau, explique Marie de Hennezel. Exemples à l’appui (comme Macha Meril et Michel Legrand), elle décrit une sexualité autre, plus lente, plus relationnelle, plus sensuelle”.

Certains resteront très verts, d’autres apprécieront des revues, des vidéos, voire un sex toy comme cette très vieille dame de la Vienne. (voir l’interview de la directrice et la cadre de santé où cette situation est arrivée). D’autres encore préfèreront des attentions, de la tendresse, des caresses, des touchers.

Mais comment proposer un environnement favorable au déploiement d’une sexualité choisie ?

Tout d’abord faudrait-il envisager cette sexualité au grand âge. Dire qu’elle est possible. Former, informer les équipes mais aussi les proches aidants.
Des ateliers, débats, conférences, à partir du livre de Marie de Hennezel, de ceux du Dr Gérard Ribes sont des supports face aux peurs, aux tabous.

Accepter ces nouvelles amours n’est pas facile, notamment pour les proches, qui vivent des deuils parfois très douloureux. Mais l’enjeu reste le bonheur de son proche (souvent pour les quelques temps qui lui restent à vivre). Les professionnels entendent aussi la question de l’héritage, si le parent souhaite se remarier, par exemple. La protection” des héritiers peut se discuter et se mettre en oeuvre avec le notaire, sans que de nouvelles amours ne viennent la contrarier.
Quant au consentement, c’est l’évolution du comportement des personnes qui va alerter (ou non) les professionnels qui prennent soin d’eux.

Mais les professionnels devront surtout garantir l’intimité du logement, de la chambre.
Personne ne doit entrer sans crier gare. Taper à la porte des personnes implique d’attendre leur réponse (sous peine de se trouver confronté à une situation délicate… pour tout le monde !). C’est un des cinq principes du Label Humanitude soutenu par Agevillage.

Un grand lit sera aussi plus adapté que ces lits de pensionnat que l’on trouve en maison de retraite” souligne Marie de Hennezel. Même les lits médicalisés ont aujourd’hui des tailles différentes.

Il faudra aussi réfléchir à l’accueil de personnes à la sexualité différente (LGBT). Certains en font une exposition !

Rien n’est obligatoire, donc.
Tout est dans le plaisir, le désir, l’envie.
Au point que ces amours inspirent les jeunes générations poussées à la performance, explique Marie de Hennezel dans sa nouvelle postface.

Vive les amours de vieillesse !

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