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Réseaux & territoires

Ehpad, habitats de demain

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 03/04/2017

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La question de l’Ehpad de demain” posée aux dernières Assises des Ehpad, organisées par EHPA, ouvre la notion d’habitat de demain, aux âges avancés.

Habiter chez soi jusqu’au bout de la vie” est justement le titre du n°152 de la revue Gérontologie et société” éditée par la Cnav. L’occasion de questionner avec Pascal Dreyer, de Leroy Merlin Source, ce qu’habiter veut dire : la maison comme prolongement de soi, toujours en devenir, jusqu’au dernier souffle.

Les professionnels du prendre soin sont amenés à accompagner, soulager les déficits, les handicaps, les pathologies mais les experts préconisent de savoir mobiliser les ressources, les forces de vie, quels que soient les 4 murs, quelles que soient les pathologies…

Les compétences des accompagnants, des aidants seront donc à renforcer a souligné Sophie Boissard, PDG de Korian (voir les performances écoomiques des groupes privés commerciaux). Savoir être, savoir-faire, connaissances médicales, médico-sociales, approches médicamenteuses ou non… les professionnels du prendre soin sont et seront les acteurs, avec les habitants, de ces lieux de vie, de fin de vie.

Cet habitat est bien évidemment intégré dans un quartier, dans une collectivité locale. Logements adaptés, intergénérationnels, résidences autonomie, résidences services seniors, habitats intermédiaires, Ehpad… en Europe les groupes privés, qui ont le vent en poupe, gèrent des structures complémentaires où le parcours résidentiel est privilégié.

Pour sortir de ses quatre murs, un quartier sécure, chaleureux, bienveillant, accessible, avec ses services de proximité, fait toute la différence. Dans des Ehpad trop grands”, des quartiers” sont réinventés autour du/​de la chambre/​logement, avec ses rues/​couloirs, la cuisine qui permet de se sentir utile chaque jour, des lieux d’activités (positives autour dapproches non médicamenteuses, ANM), d’accueil d’initiatives, de créations, un jardin, une boutique, un bar…

Favoriser l’appropriation des espaces collectifs, tout en préservant son chez soi, est une vraie gageure !

Ces habitats plus ou moins médicalisés vont s’intégrer dans un parcours santé (type Paerpa) qui demande encore à se professionnaliser, tout en restant lisible, accessible. Chacun vante la télémédecine (déployée dans l’Ehpad les Mimosas à Commequiers en Vendée, récemment labellisé Humanitude), mais force est de constater le manque de modèle économique, le manque de système d’informations sécurisés et inter-opérables entre les différents acteurs de la filière (médecine de ville, bouquets de services à domicile, ESMS, hôpitaux…).

Un indicateur de contre-performance de la filière de soin : le nombre de personnes âgées aux urgences…

Les CPOM aussi poussent à une fluidification des informations, au suivi d’indicateurs de performance pour des financements dédiés. L’Uniopss pointe un besoin urgent de modernisation du parc informatique et des systèmes d’information des ESMS. Les plateformes numériques bousculent aussi les services à domicile.

Ces habitats médicalisés ou non sont invités à créer leur structure de réflexion éthique, souligne le Pr. Emmanuel Hirsch, car là où il y a vulnérabilité, il faut impérativement des centres de réflexion, de contre-pouvoir, d’analyses de pratiques.

Ces habitats sont aussi invités à respecter la nouvelle charte nationale pour une alimentation responsable et durable.

Tournés vers l’innovation, la collaboration, la co-construction, ces habitats de demain s’inventent dans les Living labs, comme Autonom’Lab en France. Chercheurs et praticiens en architecture, urbanisme, ingénieurs pour les technologies de la santé… invitent les professionnels du prendre soin et les personnes directement concernées à s’y impliquer !

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